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Nouvelle Hypnose Jean BECCHIONouvelle Hypnose, Initiation et Pratique. Dr Jean BECCHIO, Dr Charles JOUSSELIN


 La Nouvelle Hypnose. Vocabulaire, principes et méthode. Dr Jean GODIN



Hypnose Therapie Breve

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Hypnose Thérapeutique, Médicale, Ericksonienne, Thérapies Brèves Orientées Solution, EMDR-IMO sur Paris, Marseille. L'avis de professionnels de santé
Mis à jour : il y a 12 heures 30 min

Mise à l’épreuve de la théorie du jeu de rôle. Dr Adrian Chaboche

jeudi 22 mars 2018 - 18:08
Chers lecteurs, pour ce numéro nous avons invité un chercheur en neurosciences passionné d’hypnose et de musique. Avant de le laisser nous inviter dans un fabuleux voyage dans le cerveau (attention, accrochez-vous !), Cédric peux-tu te présenter ?

Cédric Meckler : Je suis médecin militaire, en retraite depuis début septembre 2017. J’étais chercheur en neurosciences, spécialisé dans l’exploration neurophysiologique des processus cérébraux dédiés à la supervision de l’action, ce qui m’a permis ensuite d’étudier l’hypnose.

C’est-à-dire ?
Parmi les travaux publiés par notre équipe de l’Institut de recherche biomédicale des Armées, en collaboration avec le CNRS de Marseille, nous avons étudié les processus qui contribuent à l’élaboration d’un mouvement et d’une décision. Si on demande à un sujet de répondre en appuyant sur un bouton de la main droite ou de la main gauche en réaction à un stimuli particulier, le sujet peut se tromper de doigt. Si le cerveau considère dans ce cas de figure qu’il y a un risque d’erreur, on a mis en évidence qu’il active deux aires spécifiques : l’aire motrice supplémentaire (Meckler et al., 2013) qui aide à la sélection de l’une des deux mains, ainsi que le cortex moteur primaire (M1), qui lui au contraire va inhiber l’autre main, comme une mesure de prévention de l’erreur (Meckler et al., 2010). Si le cerveau considère qu’il n’y a pas de choix entre les deux mains et qu’il n’y a pas de risque de se tromper, ces aires ne sont pas sollicitées et ces processus ne sont pas mis en place (Vidal et al., 2011). Donc, dans le processus dédié à la supervision de l’action, si le cerveau considère qu’il y a un risque d’erreur, ces deux aires (AMS et M1) vont être mises en jeu de façon automatique et irrépressible. Ces résultats m’ont amené à travailler aussi sur l’hypnose...
Et tu es également concertiste...
Je suis la moitié du duo Vernet-Meckler, formation assez insolite d’orgue à quatre mains, depuis plus de dix ans. Nous avons enregistré le répertoire original des XVIIIe et XIXe siècles, ainsi que de nombreuses transcriptions, dans une dizaine de CD dont certains ont reçu le Choc du Monde de la Musique et/ou le Diapason d’Or.

Comment en es-tu venu à t’intéresser à l’hypnose ?

Dans le but d’aider à la performance sportive et artistique. Au préalable, au sein de l’Armée, il s’agissait d’enrichir les techniques d’optimisation du potentiel pour la préparation opérationnelle des militaires et ainsi améliorer leur sécurité. Pour savoir le crédit que l’on pouvait accorder à l’hypnose dans cette indication, j’ai proposé l’étude neurophysiologique d’une suggestion hypnotique de paralysie, afin de mettre à l’épreuve les théories psycho-socio-cognitives. Ces dernières stipulent que les effets en hypnose répondraient à des déterminants culturels : le sujet pourrait être, malgré lui, poussé à jouer un jeu de rôle, dicté par sa représentation sociale de l’hypnose, fortement véhiculée dans les médias ou les spectacles. Il ne ferait que se conformer à une croyance, en exprimant le comportement que l’on attend de lui. Dans ce dernier cas, l’utilisation de l’hypnose dans le cadre de la préparation n’aurait pas apporté d’avantage spécifique par rapport aux autres méthodes déjà utilisées au sein des Forces Armées.

L’Armée a été intéressée pour financer une expérience sur l’hypnose ?
Oui, grâce à la confiance de mes supérieurs hiérarchiques (chefs d’unité, de département, de division). Et c’est là un retour aux sources, puisque ce sont trois officiers français du XVIIIe siècle, les frères Puységur, qui ont fortement contribué au développement de l’hypnose, après le magnétisme animal de Mesmer. C’est aussi un signe de l’évolution des mentalités militaires car la « Grande Muette » a longtemps rejeté l’hypnose, d’abord par ignorance, puis par dogmatisme. Par deux circulaires de 1890, le ministre de la Guerre puis celui de la Marine interdisent sa pratique dans l’Armée française car on pensait que le jeune conscrit hypnotisé deviendrait un pantin livré aux mains de son médecin militaire, servitude aggravée par l’influence de son grade sur le malheureux. Cette mise à l’écart est devenue pérenne par pur dogmatisme, du moins jusqu’à aujourd’hui.

En quoi consiste alors ton protocole ?
Pour tenter de réfuter les théories psycho-socio-cognitives, j’ai proposé l’analyse d’une réponse cérébrale, automatique, involontaire, irrépressible, à laquelle le sujet n’a aucun accès, et dont il n’a aucun contrôle. La réponse cérébrale en question, ce sont les processus dont je t’ai parlé au début, sélection motrice et prévention de l’erreur, candidats idéals pour sonder cette question. Mieux, cette analyse permet de s’affranchir d’un effet placebo éventuel, car ces processus ne peuvent pas non plus être activés par une croyance puisqu’ils ne sont pas en rapport avec la suggestion pratiquée. En effet, quand on administre un placebo d’antalgique, la croyance peut être suffisante pour provoquer, en guise de réponse du système nerveux central, la sécrétion d’endorphines. Cette réponse est en résonance avec la croyance d’antalgie. C’est très efficace, mais ce n’est pas de l’hypnose !
Depuis 2016, nous engageons des sujets dans une tâche particulière, appelée Temps de Réaction de choix bimanuel, tout en recueillant l’activité électrique générée par l’AMS et le M1 impliqué dans la réponse à ne pas fournir (potentiels évoqués en électro-encéphalographie). Chaque sujet doit répondre aussi vite et précisément que possible à un signal visuel. Par exemple, si on lui présente une consonne, il doit appuyer sur un bouton avec le pouce droit, avec le gauche si c’est une voyelle. Nous suggérons par hypnose une paralysie de l’une des deux mains. Comme nous ne sélectionnons que des sujets très suggestibles, aucun d’eux ne bouge cette main. Mais pourquoi ? Cette paralysie relève-t-elle du jeu de rôle ou est-elle d’une autre nature ? Mon raisonnement a donc été le suivant :
- Soit les aires cérébrales impliquées dans les processus de sélection (AMS) et de prévention de l’erreur de main (M1 impliqué dans la réponse à ne pas fournir) restent silencieuses, et cela montrera que le sujet s’est abstenu de faire un choix réel entre les deux mains pour répondre. Le cerveau aura considéré qu’il n’y a aucun risque de se tromper de main. Le sujet aura donc joué le rôle d’hypnotisé. Les théories psycho-socio-cognitives seront confirmées.
- Soit ces aires cérébrales sont mises en jeu, et cela montrera que le cerveau aura considéré que les deux réponses manuelles font toujours partie du répertoire des possibilités. Une sélection sera bien effectuée entre les deux mains (activation de l’AMS) et un risque de se tromper de main sera toujours présent, justifiant une mesure de prévention de l’erreur (inhibition du M1 impliqué dans la réponse à ne pas fournir). Contrairement à l’hypothèse précédente, ce ne sera plus un jeu de rôle. Les théories psycho-socio-cognitives pourront alors être réfutées.


Le carnet de bord : un outil pour provoquer le changement ?

jeudi 11 janvier 2018 - 16:50
Où le patient-capitaine note ses étapes, les changements Par Guillaume Delannoy, Vania Torres-Lacaze, Annick Toussaint Jusqu’à notre prochaine rencontre, je vais vous demander de vous munir d’un petit carnet, que vous devrez garder sur vous en permanence, où que vous soyez. A chaque fois que votre problème commencera à se manifester, vous sortirez immédiatement votre carnet et vous noterez tout ce qui se passe, en suivant scrupuleusement les instructions qui y figurent, dans les moindres détails : vous devrez noter le lieu où vous vous trouvez, la date, l’heure exacte, les personnes présentes, ainsi que tous les symptômes physiques et psychologiques que vous observez : sensations, pensées, comportements, etc.

Dans le cadre d’une intervention visant le changement, la personne qui cherche à mener son embarcation vers des eaux plus clémentes, et l’intervenant qui a accepté de la guider pour le temps d’une traversée difficile, auront tous deux besoin de repères fiables pour se diriger.

Un instrument de mesure
On présente habituellement le carnet de bord comme l’outil essentiel qui permettra d’évaluer l’état de la situation actuelle et, par la suite, de mesurer avec fiabilité l’évolution du travail thérapeutique. Cela a l’avantage non seulement de signifier à la personne que l’on prend son problème au sérieux et que l’on va faire preuve d’une grande rigueur dans l’accompagnement que nous lui proposons, mais cela a aussi pour effet de déjà distiller de manière implicite une forme d’optimisme thérapeutique, en mentionnant le fait que c’est à l’aide de ce carnet que nous allons pouvoir mesurer les progrès du traitement.

C’est également dans ce but que l’on demande souvent à la personne de mesurer l’intensité des symptômes les plus importants, par exemple le niveau d’anxiété ou les symptômes physiques : maux de ventre, nausées… sur une échelle de 0 à 10. Pour celui qui navigue, une petite brise de 15 km/h n’est pas la même chose qu’un coup de vent à 70 km/h ou qu’un ouragan soufflant à 120 km/h… De même qu’un petit pic d’anxiété à 3/10 n’est pas la même chose qu’une crise de panique à 9/10… L’introduction de ces distinctions a donc souvent un effet recadrant car elle lui permet de percevoir de petites différences qui lui auraient autrement échappé.

Indications thérapeutiques
Rendre les choses concrètes et actuelles
En tant que tâche d’observation, le carnet de bord permet de récolter des informations concrètes concernant la situation amenée par le patient, notamment lorsque ce dernier s’est montré très vague ou très confus quant à ce qui lui pose problème, ou s’il s’est contenté d’utiliser des descriptions abstraites : « je suis dépressif », « je manque de confiance en moi », « mon conjoint est borderline », « je suis victime de harcèlement », « mon enfant souffre d’un trouble de l’attention »… On demandera alors à la personne de noter dans son carnet à chaque fois qu’elle ressent les signes de la « dépression », à chaque fois qu’elle observe les symptômes « borderline » de son conjoint, les signes du « trouble de l’attention » de son enfant, à chaque fois qu’elle subit ce « harcèlement » de la part de son ou sa collègue. Ces observations factuelles permettront à l’intervenant de mieux comprendre ce que la personne entend par le mot-valise « dépression », « confiance », « borderline » ou « harcèlement », afin de pouvoir l’aider au mieux. On ajoutera souvent une demande supplémentaire, à savoir que la personne note également dans son carnet ce qu’elle ressent et ce qu’elle fait lorsqu’elle est confrontée à ce type de situations, afin de commencer à identifier ses principales tentatives de solution.

On pourra également utiliser le carnet de bord lorsque la personne nous présente un problème situé dans le passé. « Mon problème, c’est le divorce de mes parents quand j’avais 6 ans… » On proposera alors à la personne de prendre note de toutes les situations dans lesquelles elle ressent que cet événement passé continue à lui poser problème aujourd’hui. Il arrive qu’en effectuant ce type d’exercice, la personne revienne en disant qu’elle s’est rendu compte qu’en fait, cet événement « dramatique » n’avait plus d’influence concrète sur sa vie actuelle. Et si la personne revient avec un certain nombre de situations actuelles qu’elle met en lien avec un événement passé, on pourra commencer à travailler avec elle les situations problématiques telles qu’elles se présentent aujourd’hui.

Relier le symptôme au contexte
A la suite de Watzlawick, rappelons que « le fait de ne pas prendre en compte le contexte interactionnel dans lequel se manifeste une condition prétendument psychiatrique est à la base de bien des diagnostics psychiatriques, fondés sur le modèle médical d’un organe malade (cerveau ou intelligence). Le mal ou la folie, dans cette perspective monadique, devient l’attribut d’un seul individu… ». C’est pourquoi l’objectif des injonctions thérapeutiques est bien souvent de « remettre la personne plus en contact avec son expérience, l’interaction entre elle et son milieu », de relier un symptôme isolé à son contexte. Le carnet de bord visera à focaliser l’attention de la personne vers l’extérieur : le monde, les autres, la vie… et non pas vers l’intérieur : ses réflexions, ses interrogations, son dialogue intérieur, ses doutes… C’est dans l’interaction que se trouvent les informations essentielles qui permettront à la personne un moment égarée de retrouver son chemin. Ces informations : des différences dans l’environnement, qui feront une différence pour la personne, ne se trouvent en effet pas « dans sa tête ».

Et à l’opposé, quand l’interaction de la personne avec elle-même a été coupée par une attention excessive portée vers l’extérieur, le réajustement passera par le fait de tourner son regard vers elle-même. Comme dans un problème sexuel où la personne est tellement stressée par le regard de l’autre, par ce qu’il semble manifester, par son plaisir, qu’elle se déconnecte d’elle-même, ne ressent plus rien – dans ce cas nous pourrions orienter son attention vers ses propres sensations.

On utilise aussi le carnet de bord lorsqu’une personne ressent des symptômes, mais qu’elle ne parvient pas à en identifier les raisons. « Je me sens mal, anxieux, déprimé, mais je ne comprends pas pourquoi… » On l’invite alors à observer attentivement tous les moments où elle ressent ces symptômes et à prendre note très précisément du contexte de leur apparition : à quelle heure ? où ? avec qui ? etc. Une de nos patientes, après avoir effectué cette tâche, s’était rendu compte que ses angoisses apparaissaient à chaque fois qu’elle discutait avec son mari et que ce dernier lui interdisait de faire certaines choses : aller voir des amies, postuler pour un emploi...

Le carnet de bord permet alors à la personne d’identifier les indices de contexte qui déclenchent son mal-être. Cela aura un premier effet thérapeutique, en amenant non seulement la personne à « réaliser pourquoi » elle se sent mal, mais aussi à se confronter à des informations qu’elle avait jusque-là tendance à éviter par ce qu’elles étaient peut-être trop difficiles pour elle à affronter : évitement par attention sélective, ou qu’elle n’a simplement pas pu identifier. Dans certains cas, ce sera le point de départ qui permettra les premières régulations relationnelles nécessaires à l’établissement d’un nouvel équilibre plus satisfaisant pour elle.


Le carnet de bord : un outil pour provoquer le changement ?
Où le patient-capitaine note ses étapes, les changements. Jusqu’à notre prochaine rencontre, je vais vous demander de vous munir d’un petit carnet, que vous devrez garder sur vous en permanence, où que vous soyez. A chaque fois que votre problème commencera à se manifester, vous sortirez immédiatement votre carnet et vous noterez tout ce qui se passe, en suivant scrupuleusement les instructions qui y figurent, dans les moindres détails.
Soin de la dépression. La Maison du MOI. Carlos Manuel P. Castro 
L’auteur présente son travail avec les personnes déprimées et la façon dont il combine des tâches de différentes natures : reprise de contacts sociaux, du mouvement, ouverture aux parfums. Il partage ici le script qu’il utilise souvent dans la phase initiale de son travail avec les personnes déprimées. 
Hypnose: Au service de nos grands aînés. Dr Marie Floccia et Fabienne Bidalon
Partir au bal ? Pourquoi pas ? L’hypnose, définie par Milton Erickson comme « une relation pleine de vie qui a lieu dans une personne et qui est suscitée par la chaleur d’une autre personne », a toute sa place auprès de la population âgée. En effet, le quotidien de la médecine gériatrique est grevé de polymédication et d’iatrogénie poussant le soignant à chercher des solutions non médicamenteuses mais aussi des solutions plus humaines et moins techniques.

Une Note. Selon François Roustang. Sylvie Le Pelletier 
Une Note, c’est ainsi que ce billet sera nommé. Une note, comme une note de musique ; la musique, essentielle à François Roustang, porte les silences et les mesures, les harmonies et les dysharmonies, telle, aime-t-il à citer après d’autres, la « musique des astres ».  L’harmonie avant toutes choses. En effet, c’est ici la première note qui ouvre au travail de François Roustang. 

En cancérologie. Dr Lauriane Bordenave
Cancérologie, Oncologie : je ne sais pas vraiment quel mot utiliser. Dans Cancer, on entend Hippocrate qui compare la maladie à une bête rampante comme le crabe ou le chancre. Dans Oncologie, on entend quelque chose d’un peu plus neutre, d’un peu moins maléfique, la science des tumeurs. Dans l’un comme dans l’autre, se dessine quelque chose d’innommable qui grossit dans le corps et met la vie en danger de manière indicible.
Une journée particulière où le quotidien d'une psychologue clinicienne, hypnothérapeute d'un Centre de lutte contre le cancer..
9 heures : entrée dans...


 
Écouter les mots. Anne-Sophie Bounié
Lorsque les patients suivis en oncologie parlent du cancer, des traitements et de leurs effets secondaires, ils utilisent souvent les mêmes expressions. Plus que de simples tournures de phrase, elles renseignent l’hypnothérapeute sur les représentations du patient et sur les efforts d’adaptation qu’il déploie pour faire face à l’intrusion du cancer, de ses traitements et de leurs effets indésirables dans sa vie. 
Cancer, stress et hypnothérapie. Dr Fabrice Lakdja
Comment vivre avec la vulnérabilité et la fragilité engendrées par l’épreuve du cancer ?  Darwin prétendait-il avec raison que les espèces qui survivront ne seront ni les plus fortes ni les plus intelligentes mais celles qui sauront s’adapter ? Le contexte de la maladie oncologique ne correspond-il pas à une situation particulière pour laquelle l’adaptation est nécessaire pour s’assurer la meilleure qualité de vie possible voire la survie ? 
Hypnose et anesthésie : « Dormez, je le veux ? ». Dr Aurore Marcou
Bouleversement des repères, séisme personnel, familial et social, le cancer est une épreuve de vie. Une épreuve qui nous fait percevoir notre vulnérabilité, notre finitude, de plein fouet. Comment pouvons-nous aider, nous, soignants de passage, sur un tel chemin ? Quelle légitimité avons-nous, nous qui sommes souvent naïfs de toute épreuve ? Comment prendre soin de l’autre dans son entier quand nous n’avons appris qu’à ausculter les corps ? 
Un abandon. Par Vanessa C., une patiente
Je vis l’hypnose comme un abandon. Un abandon de moi, un abandon de la maladie, un abandon total. Durant ces quelques minutes précieuses pendant lesquelles je suis dans cet état second, je ressens un véritable relâchement du corps et de l’esprit. Pour ce faire, il faut à mon sens deux composantes essentielles. La première étant bien évidemment d’être réceptif à cette pratique. Ce qui n’est pas forcément évident pour tout le monde.
« Prenez place ». Dr Stefano Colombo
Avec les chaleurs de l’été, je ne me le fais pas dire deux fois. Je n’ai même pas besoin d’y foncer, je suis déjà à l’entrée de mon marchand de glaces avec toute la patience nécessaire pour supporter avec sérénité la queue qui s’est formée devant son comptoir. Ses glaces sont excellentes, distribuées dans, sur et presqu’autour du cornet. Seule ma langue frémit d’impatience. 
Le point de vue de la guérison. Dr Adrian Chaboche
Chers lecteurs, certains patients nous exposent à des situations parfois bien singulières. Si votre souvenir vous porte au précédent numéro, « L’odeur de la guérison » vous aura peut-être surpris, dérangé, ou fait rire. Tout à la fois peut-être aussi. Je vous rappelle que vous pouvez interagir entre chaque numéro en adressant à la rédaction ou à l’adresse mail de votre auteur vos remarques, questions, et, surtout, expériences personnelles que nous pourrons publier. 
L’entretien d’explicitation. Dr Dina Roberts
Comment améliorer l’étude de l’hypnose ? Il semble indispensable de développer des recherches qualitatives pour décrire la façon dont les patients vivent la séance d’hypnose. L’entretien d’explicitation pourrait être une aide pour recueillir le vécu subjectif des sujets. L’entretien d’explicitation est éclairant à la fois par ses outils pratiques et par la démarche même qui a guidé son élaboration.
Entretien du Dr Patrick Bellet par le Dr Gérard Fitoussi
Bonjour Patrick, quel a été ton parcours personnel avant que tu ne t’intéresses à l’hypnose ? 
Patrick Bellet : Mon intérêt pour l’hypnose remonte à l’âge de 12-13 ans lorsque, par hasard, j’ai découvert dans la revue Planète à la fois l’existence de l’acupuncture et de l’hypnose. Intéressé par les sciences naturelles en général, cette lecture m’orientera vers des études médicales qui elles-mêmes, d’évidence (!), prendront conjointement la forme de l’acupuncture et de l’hypnose. 

Livres en bouche. Dr Julien Betbèze
Yves Gros-Louis, psychologue canadien et Huron-Wendat, nous permet de découvrir le lien entre la sagesse des premiers Indiens d’Amérique et l’approche centrée solution. Chez ce psychologue spécialisé en toxicomanie, la découverte en 1994 de l’approche brève orientée vers les solutions fut un électrochoc. Les rencontres avec ses clients sont devenues très agréables et détendues.
La Corse sous Hypnose. Dr Marc Galy
Les 26 et 27 mai dernier, le 11e Colloque de L’AFEHM a eu lieu en Corse. Premier congrès consacré à l’hypnose dans l’Ile de Beauté. Pour cela, Jean-Marc Benhaeim avait choisi des thèmes centraux : la présence, l’expérience, le silence. Nous étions une centaine de soignants de spécialités et d’orientations diverses. Les temps d’échanges furent nombreux. 

Rééducation, douleur, anesthésie. Dr Adrian Chaboche et Dr Lauriane Bordenave
Associer l’hypnose, kinésithérapie et MEOPA (gaz utilisé pour obtenir une sédation légère, courte et sans perte de conscience) améliore significativement la prise en charge du syndrome douloureux régional complexe de type 1 (SDRC, anciennement algoneurodystrophie) de la main et du poignet. 
Lettre ouverte à Madame la Ministre des Solidarités et de la Santé
Après un avis défavorable de l’ANDPC sur l’enseignement de l’hypnose aux infirmiers et un nouveau dénigrement de l’hypnose médicale dans un article du Quotidien du Médecin du 30 mai dernier, le Dr Frédérique Honoré, présidente de l’Institut Milton Erickson de Biarritz, a écrit une lettre ouverte à Madame Agnès Buzyn, Ministre des Solidarités et de la Santé. 

Cancer, stress et hypnothérapie. Dr Fabrice Lakdja

jeudi 11 janvier 2018 - 16:49
Comment vivre avec la vulnérabilité et la fragilité engendrées par l’épreuve du cancer ? Par Fabrice Lakdja Anesthésiste-Réanimateur-Psychothérapeute. Directeur DU Hypnose médicale de Bordeaux 2007-2014. Président d’honneur et fondateur de l’Association Hypnose 33, créée en 2004. Président du Comité Gironde de la Ligue contre le cancer. Darwin prétendait-il avec raison que les espèces qui survivront ne seront ni les plus fortes ni les plus intelligentes mais celles qui sauront s’adapter ? Le contexte de la maladie oncologique ne correspond-il pas à une situation particulière pour laquelle l’adaptation est nécessaire pour s’assurer la meilleure qualité de vie possible voire la survie ?

Les conséquences bio-psycho-sociales des cancers ont été étudiées et elles nécessitent des interventions psychologiques et thérapeutiques complexes et spécifiques. Les objectifs principaux sont d’aider les patients à préserver ou recouvrer leur intégrité physique et psychique, d’aider l’ensemble des personnes concernées tels les proches, la famille, les soignants, les aidants à faire face à l’affection et au stress de conséquence.

Les thérapies psychologiques ont une place d’importance et elles peuvent être individuelles, de groupe, familiales. Parmi elles, l’hypnose thérapeutique apporterait une plus-value tout au long du parcours du patient : depuis le diagnostic et l’annonce en passant par les différents traitements et les actes « invasifs » anxiogènes et douloureux, les effets délétères des différents traitements, les séquelles et même l’après-cancer. Et même le syndrome de Lazare ou syndrome de culpabilité du survivant pourrait en tirer bénéfice (le malade pouvant ressentir un dysfonctionnement psychique important ainsi que des modifications angoissantes de ses rapports avec les autres : peur de la récidive, diminution de l’estime de soi, préoccupation morbide avec la mort, labilité psychologique plus grande, difficultés au travail, isolement social, difficultés à réintégrer le réseau familial ou social, maturation plus grande des jeunes malades, comportements surprotecteurs de l’entourage…). Cette gêne psychologique n’est pas pathologique et n’interfère pas vraiment avec le retour à la vie familiale, l’école, le travail, les joies sociales. Il faut simplement un certain temps d’adaptation pour le retour à la vie normale.
Ces thérapies psychologiques, pour être efficaces, s’inspireraient bien de l’approche décrite par Carl Rogers à savoir la présence thérapeutique. Pour qu’un changement psychothérapeutique bénéfique et efficace ait lieu, Rogers, auteur du concept de l’approche centrée sur la personne, affirmait que le thérapeute devait être congruent, inconditionnellement positif, acceptant et empathique.

Le cancer et le stress. Depuis 2004, le cancer est la première cause de mortalité en France. A tout âge de la vie (enfants, adolescents, adultes, personnes âgées), quel que soit le genre, on peut être inquiété.
Pour tous, le cancer est une épreuve dévastatrice, qui fait passer d’un monde connu à un monde inconnu, angoissant souvent où plus rien ne sera comme avant. Car bien souvent le cancer isole, discrimine, appauvrit, rompt le lien social, éloigne du monde du travail ou du monde scolaire, met à l’écart de la société.
Déjà, en 1918, le fondateur de la Ligue contre le cancer, Justin Godart, alors secrétaire d’Etat au service de santé militaire, affirmait : « Le cancer est un péril social, une maladie sociale. Et parce que c’est un mal social, il convient que ce soit la société qui le combatte. »

Le stress est devenu un mot d’usage courant que le gens utilisent indifféremment, soit pour décrire les multiples événements et circonstances que leur impose la vie moderne (incertitude, attente d’un événement, confrontation à un événement familial, à une difficulté professionnelle, etc.), soit pour exprimer les diverses conséquences émotionnelles que de tels événements peuvent induire. Doté d’une richesse sémantique impressionnante, on le retrouve au carrefour d’une multitude de disciplines aussi variées que la physique (le stress est une force, une pression externe, produisant une tension et, à plus ou moins long terme, la déformation d’un matériau), la psychologie, la psychiatrie, la neurophysiologie, l’immunologie, la psychosociologie ou encore la psychanalyse.

Au-delà du syndrome général d’adaptation, réaction purement biologique et physiologique qui est au centre de la réaction au stress, nous disposons de moyens complémentaires nommés cette fois stratégies d’adaptation, stratégies d’ajustement regroupées sous le nom de coping.
Le terme de « coping » regroupe l’ensemble des procédures et des processus qu’un individu peut imaginer et installer entre lui et un événement qu’il juge inquiétant, voire dangereux, afin d’en maîtriser les conséquences potentielles sur son bien-être physique et psychique.



Le carnet de bord : un outil pour provoquer le changement ?
Où le patient-capitaine note ses étapes, les changements. Jusqu’à notre prochaine rencontre, je vais vous demander de vous munir d’un petit carnet, que vous devrez garder sur vous en permanence, où que vous soyez. A chaque fois que votre problème commencera à se manifester, vous sortirez immédiatement votre carnet et vous noterez tout ce qui se passe, en suivant scrupuleusement les instructions qui y figurent, dans les moindres détails.
Soin de la dépression. La Maison du MOI. Carlos Manuel P. Castro 
L’auteur présente son travail avec les personnes déprimées et la façon dont il combine des tâches de différentes natures : reprise de contacts sociaux, du mouvement, ouverture aux parfums. Il partage ici le script qu’il utilise souvent dans la phase initiale de son travail avec les personnes déprimées. 
Hypnose: Au service de nos grands aînés. Dr Marie Floccia et Fabienne Bidalon
Partir au bal ? Pourquoi pas ? L’hypnose, définie par Milton Erickson comme « une relation pleine de vie qui a lieu dans une personne et qui est suscitée par la chaleur d’une autre personne », a toute sa place auprès de la population âgée. En effet, le quotidien de la médecine gériatrique est grevé de polymédication et d’iatrogénie poussant le soignant à chercher des solutions non médicamenteuses mais aussi des solutions plus humaines et moins techniques.
Une Note. Selon François Roustang. Sylvie Le Pelletier 
Une Note, c’est ainsi que ce billet sera nommé. Une note, comme une note de musique ; la musique, essentielle à François Roustang, porte les silences et les mesures, les harmonies et les dysharmonies, telle, aime-t-il à citer après d’autres, la « musique des astres ».  L’harmonie avant toutes choses. En effet, c’est ici la première note qui ouvre au travail de François Roustang. 

En cancérologie. Dr Lauriane Bordenave
Cancérologie, Oncologie : je ne sais pas vraiment quel mot utiliser. Dans Cancer, on entend Hippocrate qui compare la maladie à une bête rampante comme le crabe ou le chancre. Dans Oncologie, on entend quelque chose d’un peu plus neutre, d’un peu moins maléfique, la science des tumeurs. Dans l’un comme dans l’autre, se dessine quelque chose d’innommable qui grossit dans le corps et met la vie en danger de manière indicible.
Une journée particulière où le quotidien d'une psychologue clinicienne, hypnothérapeute d'un Centre de lutte contre le cancer..
9 heures : entrée dans...

Écouter les mots. Anne-Sophie Bounié
Lorsque les patients suivis en oncologie parlent du cancer, des traitements et de leurs effets secondaires, ils utilisent souvent les mêmes expressions. Plus que de simples tournures de phrase, elles renseignent l’hypnothérapeute sur les représentations du patient et sur les efforts d’adaptation qu’il déploie pour faire face à l’intrusion du cancer, de ses traitements et de leurs effets indésirables dans sa vie. 
Cancer, stress et hypnothérapie. Dr Fabrice Lakdja
Comment vivre avec la vulnérabilité et la fragilité engendrées par l’épreuve du cancer ?  Darwin prétendait-il avec raison que les espèces qui survivront ne seront ni les plus fortes ni les plus intelligentes mais celles qui sauront s’adapter ? Le contexte de la maladie oncologique ne correspond-il pas à une situation particulière pour laquelle l’adaptation est nécessaire pour s’assurer la meilleure qualité de vie possible voire la survie ? 
Hypnose et anesthésie : « Dormez, je le veux ? ». Dr Aurore Marcou
Bouleversement des repères, séisme personnel, familial et social, le cancer est une épreuve de vie. Une épreuve qui nous fait percevoir notre vulnérabilité, notre finitude, de plein fouet. Comment pouvons-nous aider, nous, soignants de passage, sur un tel chemin ? Quelle légitimité avons-nous, nous qui sommes souvent naïfs de toute épreuve ? Comment prendre soin de l’autre dans son entier quand nous n’avons appris qu’à ausculter les corps ?
Un abandon. Par Vanessa C., une patiente
Je vis l’hypnose comme un abandon. Un abandon de moi, un abandon de la maladie, un abandon total. Durant ces quelques minutes précieuses pendant lesquelles je suis dans cet état second, je ressens un véritable relâchement du corps et de l’esprit. Pour ce faire, il faut à mon sens deux composantes essentielles. La première étant bien évidemment d’être réceptif à cette pratique. Ce qui n’est pas forcément évident pour tout le monde.
« Prenez place ». Dr Stefano Colombo
Avec les chaleurs de l’été, je ne me le fais pas dire deux fois. Je n’ai même pas besoin d’y foncer, je suis déjà à l’entrée de mon marchand de glaces avec toute la patience nécessaire pour supporter avec sérénité la queue qui s’est formée devant son comptoir. Ses glaces sont excellentes, distribuées dans, sur et presqu’autour du cornet. Seule ma langue frémit d’impatience. 

Le point de vue de la guérison. Dr Adrian Chaboche
Chers lecteurs, certains patients nous exposent à des situations parfois bien singulières. Si votre souvenir vous porte au précédent numéro, « L’odeur de la guérison » vous aura peut-être surpris, dérangé, ou fait rire. Tout à la fois peut-être aussi. Je vous rappelle que vous pouvez interagir entre chaque numéro en adressant à la rédaction ou à l’adresse mail de votre auteur vos remarques, questions, et, surtout, expériences personnelles que nous pourrons publier. 
L’entretien d’explicitation. Dr Dina Roberts
Comment améliorer l’étude de l’hypnose ? Il semble indispensable de développer des recherches qualitatives pour décrire la façon dont les patients vivent la séance d’hypnose. L’entretien d’explicitation pourrait être une aide pour recueillir le vécu subjectif des sujets. L’entretien d’explicitation est éclairant à la fois par ses outils pratiques et par la démarche même qui a guidé son élaboration.
Entretien du Dr Patrick Bellet par le Dr Gérard Fitoussi
Bonjour Patrick, quel a été ton parcours personnel avant que tu ne t’intéresses à l’hypnose ? 
Patrick Bellet : Mon intérêt pour l’hypnose remonte à l’âge de 12-13 ans lorsque, par hasard, j’ai découvert dans la revue Planète à la fois l’existence de l’acupuncture et de l’hypnose. Intéressé par les sciences naturelles en général, cette lecture m’orientera vers des études médicales qui elles-mêmes, d’évidence (!), prendront conjointement la forme de l’acupuncture et de l’hypnose. 
Livres en bouche. Dr Julien Betbèze
Yves Gros-Louis, psychologue canadien et Huron-Wendat, nous permet de découvrir le lien entre la sagesse des premiers Indiens d’Amérique et l’approche centrée solution. Chez ce psychologue spécialisé en toxicomanie, la découverte en 1994 de l’approche brève orientée vers les solutions fut un électrochoc. Les rencontres avec ses clients sont devenues très agréables et détendues.

La Corse sous Hypnose. Dr Marc Galy
Les 26 et 27 mai dernier, le 11e Colloque de L’AFEHM a eu lieu en Corse. Premier congrès consacré à l’hypnose dans l’Ile de Beauté. Pour cela, Jean-Marc Benhaeim avait choisi des thèmes centraux : la présence, l’expérience, le silence. Nous étions une centaine de soignants de spécialités et d’orientations diverses. Les temps d’échanges furent nombreux. 
Rééducation, douleur, anesthésie. Dr Adrian Chaboche et Dr Lauriane Bordenave
Associer l’hypnose, kinésithérapie et MEOPA (gaz utilisé pour obtenir une sédation légère, courte et sans perte de conscience) améliore significativement la prise en charge du syndrome douloureux régional complexe de type 1 (SDRC, anciennement algoneurodystrophie) de la main et du poignet. 
Lettre ouverte à Madame la Ministre des Solidarités et de la Santé
Après un avis défavorable de l’ANDPC sur l’enseignement de l’hypnose aux infirmiers et un nouveau dénigrement de l’hypnose médicale dans un article du Quotidien du Médecin du 30 mai dernier, le Dr Frédérique Honoré, présidente de l’Institut Milton Erickson de Biarritz, a écrit une lettre ouverte à Madame Agnès Buzyn, Ministre des Solidarités et de la Santé.