Livres Nouvelle Hypnose

Nouvelle Hypnose Jean BECCHIONouvelle Hypnose, Initiation et Pratique. Dr Jean BECCHIO, Dr Charles JOUSSELIN


 La Nouvelle Hypnose. Vocabulaire, principes et méthode. Dr Jean GODIN



Agrégateur de flux

Hypnose en douleur et pathologies chroniques - 3 jours - Juin 2019 - PARIS

Agenda Hypnose Thérapie Brève - mardi 4 juin 2019 - 00:00
Formation de base: Intégration de l’Hypnose médicale en pratique journalière - 9 jours
Session 3: Hypnose en douleur et pathologies chroniques - 3 jours

A l’issue de cette session, l’étudiant pourra gérer des situations plus complexes comme les douleurs, difficultés chroniques, les aspects psychosomatiques, l’anxiété...
Une large place sera laissée à l’analyse des pratiques des étudiants qui pourront évoquer leurs cas cliniques, difficultés rencontrées et ou pourra être évaluée leur pratique.
- Développer une stratégie thérapeutique dans la prise en charge de personnes souffrantes de douleurs ou de troubles anxieux ou psychosoamtiques chroniques
- Supervision et analyse des pratiques
Espace Hermès, 10 Cité Joly du 04/06/2019 00h00 au 06/06/2019 23h50
http://www.hypnose-medicale.fr/Formation-de-base-Integration-de-l-Hypnose-medicale-en-pratique-journaliere-9-jours_a38.html

1ère Année Session 3 Formation Hypnose Thérapeutique et Médicale - MARSEILLE

Agenda Hypnose Thérapie Brève - mercredi 22 mai 2019 - 22:00
Journée 1 :
Les approches indirectes
Les approches narratives
Les métaphores
Le répertoire d’histoires appropriées
Inventer, développer la créativité du thérapeute
Exercices

Journée 2 :
Hypnose et psychopathologies
Approche psychocorporelle
Exercices

Journée 3 :
La posture du thérapeute
Apports de la thérapie provocatrice
Savoir poser les questions
Quand s’autoriser à stopper le patient
Utiliser la position méta
Utiliser son corps de thérapeute, synchronisation
11 Impasse Flammarion Centre Le Mistral du 22/05/2019 22h00 au 24/05/2019 23h00
https://www.formation-hypnose-marseille.info/A-Marseille-Formation-Hypnose-1ere-annee_a20.html

Intégration de l’hypnose médicale en pratique quotidienne - 3 jours - Avril 2019 - PARIS

Agenda Hypnose Thérapie Brève - lundi 8 avril 2019 - 00:00
Formation de base: Intégration de l’Hypnose médicale en pratique journalière - 9 jours
Session 2: Intégration de l’hypnose médicale en pratique quotidienne - 3 jours

A l’issue de cette session, l’étudiant connaîtra des éléments plus avancés d’hypnose pour des situations plus complexes ou des usages spécifiques : douleurs, stress...

- Acquérir de nouvelles compétences thérapeutiques afin de gérer des situations plus difficiles : posture thérapeutique, recadrage orienté vers la solution, communication avec les patients agressifs, en crise, plaintifs ou peu coopérants...

- Intérêt et atouts de la métaphore thérapeutique : comment modifier la perception de la problématique du patient (reconstruction cognitive), comment améliorer l’adhérence au traitement chez les patient, comment optimiser l’éducation thérapeutique…
- Apprentissage des techniques d’auto-hypnose pour développer l’autonomie du patient et aider le thérapeute à améliorer sa pratique (adopter une meilleure distance thérapeutique, comment éviter le burn-out du soignant…)
- Supervision et analyse des pratiques
Espace Hermès, 10 Cité Joly du 08/04/2019 00h00 au 10/04/2019 23h50
http://www.hypnose-medicale.fr/Formation-de-base-Integration-de-l-Hypnose-medicale-en-pratique-journaliere-9-jours_a38.html

1ère Année Session 2 Formation Hypnose Thérapeutique et Médicale - MARSEILLE

Agenda Hypnose Thérapie Brève - mercredi 20 mars 2019 - 01:00
Programme de la Session 2 :

Approfondissement de la relation hypnotique
Les phénomènes idéomoteurs, sensitifs, sensoriels, neuro végétatifs
Métaphores
Enfants
Activer les ressources du patient de manière créative

Intervenants: Dr Isabelle Bouillevaux - Laurence Adjadj
11 Impasse Flammarion Centre Le Mistral du 20/03/2019 00h00 au 22/03/2019 23h50
https://www.formation-hypnose-marseille.info/A-Marseille-Formation-Hypnose-1ere-annee_a20.html

2ème Année Session 3: Supervision, Auto-Hypnose et Evaluation - MARSEILLE

Agenda Hypnose Thérapie Brève - lundi 4 février 2019 - 01:00

Session 3
Journée 1: Supervision
Journée 2: Auto-Hypnose
Journée 3: Evaluation: Evaluation
11 Impasse Flammarion Centre Le Mistral du 04/02/2019 00h00 au 06/02/2019 23h50
https://www.formation-hypnose-marseille.info/A-Marseille-Formation-Hypnose-2eme-annee_a21.html

Apprentissage des fondamentaux de l’hypnose médicale - 3 jours - Janvier 2019 - PARIS

Agenda Hypnose Thérapie Brève - lundi 28 janvier 2019 - 01:00
Formation de base: Intégration de l’Hypnose médicale en pratique journalière - 9 jours
Session 1 : Apprentissage des fondamentaux de l’hypnose ericksonienne (3 jours)

A l’issue de cette première session, l’étudiant aura des connaissances de bases sur l’hypnose, notamment « Ericksonienne ».
Il saura mener une séance basique en hypnose permettant d’apaiser des anxiétés, de gérer des douleurs aigües, de pratiquer des gestes douloureux.

- D’où vient l’hypnose ?
Historique, évolution, actualité scientifique, pratiques actuelles...
Les apports de Milton Erickson.

- Comment se déroule une séance d’hypnose ?
Inductions, suggestions, communication hypnotique.
Optimiser la communication et créer une alliance thérapeutique efficace.

- Utiliser les techniques hypnotiques afin de faciliter les gestes techniques en apportant confort et sécurité tout au long des soins : safe place, ancrage, catalepsie, suggestions mobilisatrices…
Espace Hermès, 10 Cité Joly du 28/01/2019 00h00 au 30/01/2019 23h50
http://www.hypnose-medicale.fr/Formation-de-base-Integration-de-l-Hypnose-medicale-en-pratique-journaliere-9-jours_a38.html

1ère Année Session 1 Formation Hypnose Thérapeutique et Médicale - MARSEILLE

Agenda Hypnose Thérapie Brève - lundi 28 janvier 2019 - 01:00
Programme de la Session 1 :
Module 1 : les fondamentaux de l’hypnose
Durée : 3 jours

Les objectifs pédagogiques de cette session :

Cette session a pour but d’acquérir les concepts et les techniques essentielles de l’hypnose afin de pouvoir pratiquer l’hypnose.
Mener une séance d’hypnose dans un cadre large de situations cliniques comme les soins douloureux, l’anxiété, les troubles du sommeil, la dépression, la gestion de la douleur.
Développer la créativité du praticien en vue d’activer les ressources chez le patient.
11 Impasse Flammarion Centre Le Mistral du 28/01/2019 00h00 au 30/01/2019 23h50
https://www.formation-hypnose-marseille.info/A-Marseille-Formation-Hypnose-1ere-annee_a20.html

2ème Année Session 2: Hynose en Douleur Chronique et Aigüe - MARSEILLE

Agenda Hypnose Thérapie Brève - lundi 10 décembre 2018 - 23:00
1ère Journée: Approfondissement des Connaissances

2ème et 3ème Journée: L'hypnose et la Douleur

Au cours de ces deux jours de formation de perfectionnement en hypnose, vous apprendrez comment travailler de manière efficace sur la douleur aussi bien aigüe que chronique.

Les objectifs de ce séminaire sont d’améliorer efficacement la communication thérapeutique lors d’interventions dans le cadre de la gestion de la douleur, d’acquérir les techniques d’hypnoanalgésie qui vous seront utiles dans tous les soins provoquant de la douleur (intervention chirurgicales, piqûre, pansement, mobilisation douloureuse, etc.) ou encore chez les patients souffrants de douleurs post-opératoires (suites opératoires, plaie, facture, etc.).

Vous découvrirez aussi les dernières actualités scientifiques en matière de prise en charge de la douleur chronique, comment travailler sur son intensité, son ressenti et aussi sur les répercussions de la douleur chronique dans la vie du patient.

Intervenants: Théo Chaumeil - Laurence Adjadj
11 Impasse Flammarion Centre Le Mistral du 10/12/2018 22h00 au 12/12/2018 23h00
https://www.formation-hypnose-marseille.info/Douleur-aigue-douleur-chronique-Formation-Hypnose-a-Marseille_a39.html

2ème Année Session 1: Intégration des Thérapies Brèves avec l'Hypnose - MARSEILLE

Agenda Hypnose Thérapie Brève - lundi 8 octobre 2018 - 00:00
Deuxième année de la formation à la pratique de l’hypnose médicale et thérapeutique.
Intégration des thérapies brèves avec l’hypnose

Cette deuxième année se déroule sur 9 journées soit 63 heures

Journée 1 : Approfondissement
• Analyse de la pratique


Journée 2 : Les thérapies brèves
• La position du thérapeute
• Définir l’objectif
• La prescription de tâches
• La prescription de symptôme
• L’utilisation des résistances
• Le langage métaphorique
• Exercices

Journée 3 : Les thérapies orientée vers les solutions (TOS)
• La stratégie en hypnose
• Les thérapies orientées solutions
• La question miracle De Shazer
• Les questions à échelle
• La recherche d’exceptions
• Prescription de tâche
• Complimenter et encourager
• Savoir repérer les ressources

Intervenantes: Sophie Tournouër - Laurence Adjadj



11 Impasse Flammarion Centre Le Mistral du 08/10/2018 00h00 au 10/10/2018 23h50
https://www.formation-hypnose-marseille.info/A-Marseille-Formation-Hypnose-2eme-annee_a21.html

Trouble du comportement à l’adolescence. Arnaud Zeman.

Hypnose Therapie Breve - lundi 24 septembre 2018 - 11:11
Mon activité de psychologue se déroule
au quotidien dans un ITEP, un Institut thérapeutique, éducatif et pédagogique pour des adolescents en grande difficulté avec ce qui relève du scolaire et ayant ce que l’on appelle
« des troubles du comportement ». Les troubles du comportement sont tous les actes que font ces jeunes qui ne sont pas attendus d’eux et, par conséquent, troublent l’ordre public et rendent difficiles les processus de socialisation, ainsi que les processus relationnels. Cela va de la provocation de collégien en classe aux actes délinquants, en passant par les insultes, les menaces, les actes de transgression, etc. Autrement dit, ce sont des jeunes qui ont des relations aux autres perturbées et perturbantes. Travailler avec des adolescents qui présentent ce genre de troubles signifie travailler sur la relation. L’attention dans ce texte sera portée sur les implications des dissonances relationnelles, voire de conflits ouverts, entre parents et enfants et notamment sur les difficultés de construction chez ces adolescents d’une autonomie relationnelle.

Tout d’abord, une présentation sera faite du contexte d’apparition des troubles du comportement chez l’adolescent et les processus relationnels dans lesquels parents et enfants se situent. Ensuite, des pistes d’explication ainsi que des conséquences qu’un tel processus génère. Enfin, la démarche thérapeutique sera présentée en se concentrant sur la question de l’alliance avec les adolescents, sur l’approche solutionniste et sur le travail avec l’hypnose.
Les questions sont les suivantes :

• Quels sont les processus dans lesquels ces jeunes sont pris ?

• Du fait de leurs modalités relationnelles, dans quelles impasses entrent-ils ?

• Quelles sont les possibilités de dégagement qui s’offrent à eux ?
• Quelles thérapies pour ces adolescents ?

1- CONTEXTE. Rapport de force entre parents et adolescents L’adolescence est une étape qui peut s’avérer difficile, voire douloureuse, dans ce passage de l’âge de l’enfance à celui de l’âge adulte. L’enfant se caractérise par un besoin de protection lié à une dépendance vis-à-vis des parents, celle de l’âge adulte par la capacité à l’indépendance, à exercer des choix en responsabilité. L’adolescent, on le sait, est pris dans un double mouvement, celui d’une demande de protection associée à une demande d’indépendance. Cette double demande parasite les échanges entre adolescents et parents et sont la source de conflits.
Lorsque l’enfant présente des troubles du comportement, ce contexte conflictuel va se muer en un rapport de force. Celui-ci se situe sur le registre de la rhétorique guerrière : il s’organise en deux camps séparés et opposés, avec la recherche réciproque d’un gagnant et d’un perdant. C’est la lutte et l’escalade réciproques. Le parent va vouloir obtenir par différents moyens (y compris des moyens coercitifs) le comportement attendu de l’enfant. L’enfant, de son côté, bien en difficulté pour satisfaire cette demande du parent, va perdre une partie de la confiance qu’il accordait à son parent. Des deux côtés, la confiance va s’émousser, s’étioler, se désagréger, jusqu’à laisser place à la méfiance. D’une confiance mutuelle nécessaire au développement de l’enfant, la relation parent-enfant va passer à une méfiance mutuelle. Les propos et les actes de l’enfant vont être perçus et compris par le parent comme constituant des intentions agressives envers lui. En retour, les messages du parent vont être perçus d’une manière identique par l’enfant. Parents et enfants ne perçoivent alors plus l’intention positive portée par les actions et les propos de l’autre. Ils entrent dans un processus rivalitaire.
L’adolescent va se tourner vers des pairs, des jeunes qui se trouvent dans le même monde que lui, qui partagent les mêmes expériences, et qui en tirent (parfois intuitivement) les mêmes constats et les mêmes bénéfices. Ils vivent dans le même monde, dans le même système, et ils se comprennent, ils se rassurent, en se disant qu’ils ne sont pas seuls et incompris. L’adolescent partage avec eux la même vision du monde, il a les mêmes goûts (en nourriture, en musique, en jeux vidéo), les mêmes codes vestimentaires, le même langage, le même rythme de vie, etc. Il se sent également accepté pour ce qu’il est. Il se sent compris et valorisé dans ses choix et ses actions, même quand ces actions sont celles que son parent réprouve.
En réponse, les parents vont mettre en place un discours et un com- portement. Cela se traduit par des énoncés du type : « cesse d’avoir de mauvaises fréquentations », « arrête de faire des bêtises », « change de comportement », « les jeunes n’ont plus de respect », etc. Cette rhétorique du droit chemin va se mettre en place, soutenue généralement par les amis proches ou par d’autres parents, logique discursive qui se verra donc validée socialement.
L’adolescent a toute fois besoin d’un parent pour les outenir et pour l’aider à se construire. Il a besoin d’un tiers pour être validé dans ses actions et engager une nouvelle action. Le parent constitue ce tiers en position d’autorité qui permet que l’action de l’enfant soit validée. Cette validation confirme l’action, comme s’il disait « c’est OK, tu peux continuer ». A l’inverse, lorsque l’enfant n’est pas validé, il se trouve dans l’attente d’une validation de son action, il va hésiter, il va buter, et il se retrouve bloqué.
2 - Retrouver sa liberté et construire son autonomie Dans un tel contexte, l’adolescent ne parvient pas à se construire, à se repérer dans ses choix et dans ses actions. Il perd alors en liberté et en autonomie. Autrement dit, il a du mal à percevoir le sens de ses actions tant il se perd dans cette version réductrice construite dans l’interaction avec son parent, celle de l’adolescent dont le comportement est inadapté et ne répond en rien aux attentes des parents et aux attentes sociales.

Dans un tel contexte, comment peut-il retrouver sa liberté, comment peut-il à nouveau redevenir maître et possesseur de ses actions et se les réapproprier ?

Une voie possible s’offre à l’adolescent : l’acte transgressif en lien avec ses copains, ceux qui lui ressemblent. Lorsqu’il effectue un acte transgressif, lorsqu’il fume, qu’il pénètre dans un lieu privé par infraction ou qu’il vole quelque chose, il est avec ses pairs, avec ses copains. Il agit comme ses copains et ils agissent comme lui. Il se sent alors en lien avec eux et il retrouve la reconnaissance qu’il cherchait et qui lui manquait. Autrement dit, il se réassocie par l’action dans sa relation à ses pairs. En effet, il trouve à travers les actes transgressifs la complicité dans le regard de ses copains. Il se sent validé dans ses actions et dans son identité : il est reconnu, apprécié et accepté. Dans la transgression de l’adolescent, quelque chose se forme d’une liberté en lien, il rencontre une certaine forme d’autonomie relationnelle qui faisait défaut. Il fait l’expérience que ses copains acceptent et comprennent son action puisqu’ils se comportent de la même manière. L’adolescent découvre alors un contexte dans lequel il se sent à nouveau libre dans ses actions et en relation avec autrui.

3 - Approches thérapeutiques L’enjeu thérapeutique est de remettre l’adolescent en relation avec son expérience et avec son parent. Autrement dit, qu’il puisse vivre le moment de transgression comme un moment où il se sent en lien avec ses copains et par extension des moments où il se sent libre. Si le thérapeute parvient à mettre l’ado en lien avec l’intention positive sous-tendue par son action, c’est-à-dire en lien avec autrui, il pourra parallèlement plus facilement accéder à l’intention positive portée par les actions et les propos de son ou ses parents.

Cette approche n’a pas pour objectif de valider la transgression, de l’excuser ou de déresponsabiliser l’adolescent, mais au contraire de le rendre pleinement conscient et responsable de son acte, dont il est pleinement auteur et dans lequel il se réalise. Cette tentative est paradoxale, ou plutôt à 180 degrés de la position des parents.

Nous allons définir trois étapes afin de travailler sur les difficultés de l’adolescent. Bien entendu, ceci ne constitue pas un protocole mais plutôt des pistes ou des points de repère afin de travailler la problématique adolescente de rupture avec les parents.
Etape 1 - Identification du problème L’utilité et le pragmatisme. Dans le travail avec les adolescents, les questions seront du genre solutionniste, en insistant sur les détails relationnels avec ses camarades.

Les questions à cette étape sont :

• Qu’est-ce qu’on peut faire ensemble, toi un adolescent
et moi un psychologue ? Concrètement ça ressemblera à quoi ?
• A quoi ça va servir de se voir ? A quoi tu sauras que nos rencontres sont utiles ?

• Comment espères-tu que je puisse t’aider ?
ARNAUD ZEMAN
Psychologue clinicien en libéral. Hypnothérapeute. Formateur en hypnose ericksonienne à l’AREPTA. Psychologue en ITEP (Institut Thérapeutique, Educatif et Pédagogique).
Commandez ce numéro Hors-Série n°11 de la Revue Hypnose et Thérapies Brèves: « La relation thérapeutique » Lorsque la Version papier de ce numéro sera épuisée, la version PDF sera fournie à la place

Hors série n°11 de la revue Hypnose & Thérapies brèves. Mars 2017.
C'est un numéro double de 196 pages.
Thème : « La relation thérapeutique »


- Éditorial : La relation thérapeutique. S. Cohen
- Éditorial : La relation au coeur de l’hypnose. J. Betbèze
- L’alliance thérapeutique. M. Arnaud
- Enseigner la relation thérapeutique. A. Bioy
- Le thérapeute ? Un guide qui ne devance pas. J.-M. Benhaiem
- Autonomie relationnelle. J. Betbèze
- Avec le patient douloureux chronique. De la formation à la pratique. J. Nizard
- En salle de naissance. B. Bobenrieth
- Monde psychotraumatique. E. Bardot
- La relation thérapeutique. M. Picard Destelan et L. Fodorean
- Comment faire vivre un paranoïaque ? E. Malphettes
- Positionnement, et alliance... thérapeutiques. W. Martineau
- Rapport, alliance et changement : « l’Homonoia ». A. Vallée
- Une semaine aux urgences psychiatriques. V. Lagrée
- Retour à l’essentiel. G. Ostermann
- En Thérapie Systémique Brève. Y. Doutrelugne
- Un truc incroyable... Conversation en thérapie narrative. C. Besnard-Péron
- Retour aux bases. De l’infiniment petit à l’infiniment grand. P. Aïm et L. Gross
- Trouble du comportement à l’adolescence. A. Zeman

Pour acheter ce numéro de la Revue Hypnose & Thérapies Brèves à l’unité, ou vous abonner, cliquez ici


Sophie TOURNOUËR
Hypnothérapeute, Thérapie EMDR, Thérapies Brèves Orientées Solution, Psychologue.
Exerce dans le Cabinet d'Hypnose, Thérapies Brèves et EMDR de Paris 11.

Chargée de Formation au CHTIP à Paris, à l’Institut Hypnotim à Marseille
Rédactrice web sur l'Hypnose et Thérapies Brèves.
...En savoir plus sur cette rédactrice


Un truc incroyable... Conversation en thérapie narrative

Hypnose Therapie Breve - samedi 22 septembre 2018 - 13:13
Confortablement installés dans les fauteuils du cabinet, ce sont sous ces auspices légers que s’amorce la séance de thérapie de Bruno, un jour de décembre. Ce qui s’annonce comme une banale conversation de « filles », va, comme beaucoup de conversations en thérapie narrative, s’avérer être une conversation qui fera une « différence ».
« Il m’est arrivé un truc incroyable cette semaine. J’ai enfin trouvé une marque de peintures où les vendeurs sont agréables, où l’on peut poser des tas de questions que l’on ne peut poser ailleurs sans que l’on vous fasse sentir que vous êtes un gars pénible, tatillon et obsessionnel.

- Ah bon ? Ça m’intéresse beaucoup ce que vous avez découvert… Racontez-moi ça…
- Eh bien, je suis allé avec ma sœur dans un magasin que je ne connaissais pas. D’ailleurs je vous recommande cette marque parce que la qualité est véritablement au rendez-vous…
- Je vous crois, Bruno, toutefois, dites m’en plus sur ce truc incroyable que vous avez vécu cette semaine. En quoi est-ce incroyable ?
- Vous savez sans doute, nous en avons déjà parlé, que la perspective d’aller dans les magasins est une torture pour moi. Que je finis par n’acheter que sur Internet, tellement cela devient maltraitant pour moi de percevoir l’agacement des vendeurs lorsque je pose des questions, ou bien même de voir que malgré tout le soin que je prends à expliquer ce que je cherche, ils ne prennent pas la peine d’écouter, et me proposent des choses qui n’ont rien à voir avec ce que j’ai demandé…

Pire, en ignorant totalement en quoi ma demande peut être bien fondée, comme si j’étais un chieur qui ferait mieux d’aller voir ailleurs…Eh bien j’ai enfin vécu tout autre chose en allant dans cet endroit… C’est ma sœur qui a insisté pour y aller avec moi, car elle était persuadée que là bas, enfin, je pourrais trouver une réponse à mon problème de couleurs de murs. Dix ans qu’elle sait que je galère avec cette décoration, que tout le monde (enfin… les quelques personnes qui m’entourent familialement et amicalement) me somme de résoudre parce que, ça va bien, à un moment il faut se décider… On m’a dit que je procrastinais, que je ne finissais rien… mais je sais bien, moi, quel est le problème… Ce n’est pas que je ne finis rien, c’est que je ne peux finir quand je n’ai pas trouvé ce qui convient parfaitement à ce que je recherche, tout en ne sachant pas comment faire pour y arriver… C’est bien pour cela que je pense que les vendeurs devraient proposer une différence avec le logiciel d’achat en ligne… Mais non, on dirait qu’ils sont totalement à côté de ce qui devrait être leur préoccupation en tant que personnes donnant des conseils…

- Peut-être que compte tenu de votre haut niveau de sensibilité, vous prêtez attention à des détails qu’ils ne perçoivent même pas ? Et par conséquent ils ne peuvent y répondre ?
- J’avoue que, peut-être, je prends en compte trop de paramètres pour et selon les autres, mais pour moi, c’est important. Et personne pour me soutenir sur le fait que oui, les couleurs qui semblent proches entre elles sont en fait très différentes et que moi je perçois ces différences et que non, elles ne génèrent pas le même effet, en fonction des différentes heures de la journée et de la couleur de la lumière qui arrive sur les murs. Et aussi que les couleurs interagissent entre elles et que cela rajoute un degré de complexité dans le choix, et que comme c’est petit chez moi, c’est très important d’avoir des couleurs qui se marient bien entre elles avec un effet apaisant sur celui qui y vit. Vous comprenez ce que je veux dire ?
- Oui, il me semble.

En fait dans ce cas précis, ce que relate Bruno est totalement en accord avec l’expérience que j’ai à titre personnel, en lien avec les couleurs et la peinture, avec ces prises de tête à n’en plus finir parce que je perçois des différences très fines des couleurs qui échappent à beaucoup d’autres apparemment ou qui ne semblent pas les affecter au moment du choix. Je pourrais me contenter d’abonder dans le sens de Bruno, en lui disant que oui, je comprends tout à fait, mais ce serait me couper d’une formidable occasion de trouver en dehors de l’espace thérapeutique une expérience relationnelle qui fasse une réelle différence pour lui. Je décide donc de continuer l’exploration de cette « expérience de vie ».

« Oui, il me semble que je comprends que c’est difficile pour vous de trouver ce que vous recherchez, compte tenu de la subtilité qui vous est chère… Mais si vous permettez que j’y revienne : vous ne m’avez pas encore raconté l’événement incroyable que vous avez vécu la semaine passée. Que s’est-il passé dans ce magasin dans lequel vous avez pris la peine de vous déplacer…

- Je ne connaissais pas cette enseigne, aussi j’y suis allé pour faire plaisir à ma sœur… et j’ai commencé à regarder autour de moi et j’ai vu des nuanciers de tailles géantes, sur des planches que l’on pouvait bouger, mettre à côté les unes des autres… Les couleurs étaient fantastiques, profondes, lumineuses. J’ai pu manipuler les planches, les mettre les unes à côté des autres, les baies vitrées de la boutique permettaient de voir différentes expositions… et surtout il n’y avait pas de radio qui hurlait dans les haut-parleurs, ça devenait donc possible de prendre son temps, et même des heures à regarder, juxtaposer, se reculer, regarder, déplacer à nouveau, reculer, comparer, apprécier toutes ces interactions entre couleurs, finitions, lumières… »

J’observe le visage de Bruno, il est lumineux, lui aussi. Sa voix décrit ce qui se déroule là sous ses yeux encore brillants, de tout ce spectacle qui reprend vie au fil de ses descriptions, de plus en plus précises… Il me semble alors qu’il n’est pas à l’apogée de son plaisir. Je vois bien à l’animation qui traverse son visage qu’il va me décrire quelque chose d’exceptionnel, tout à la transe dans laquelle il s’est plongé à la remémoration de ce souvenir. Il n’hésite pas à faire monter le suspense, conquis sans doute par cette idée dont il se moque parfois, qu’une bonne histoire se raconte lentement, et avec moults détails. C’est précisément cet état d’esprit, ré-associé à l’expérience que je recherche dans ces conversations où chaque détail de l’histoire, chaque précision donnée, aussi anodine soit-elle, peut receler un passage vers un autre histoire. Celle d’une autre expérience, en lien avec une autre thématique. S’il me semblait que le meilleur était à venir, je commençais à me dire qu’il manquait des personnes dans cette histoire de fusions de couleurs…

- « Dites-moi Bruno, vous êtes resté combien de temps dans cette boutique ?
- Je ne sais plus, à peu près deux heures trente… Au bout d’un moment une vendeuse s’est dirigée jusqu’à moi, je l’ai vue arriver avec ombrage car je n’avais pas envie d’être dérangé… Et là, a commencé la plus étrange conversation que je n’aurais jamais cru pouvoir avoir avec une vendeuse… Elle m’a demandé si j’avais un projet à étudier et si elle pouvait m’aider… J’ai pensé dire non, et puis je me suis ravisé.

- Ah, et pourquoi donc ?
- Parce que je me suis dit que c’était déjà exceptionnel d’avoir passé le temps de cette façon inhabituelle dans ce magasin et que peut-être la vendeuse serait aussi… exceptionnelle !
- Qu’est-ce qu’une vendeuse exceptionnelle pour vous, Bruno ?
- Celle-ci m’a écouté, elle n’a pas poussé de discret soupir lorsque j’ai commencé mes longues explications, elle m’a regardé dans les yeux et elle m’a posé des questions qui m’ont surpris. Des questions qui me montraient qu’elle suivait. Qu’elle n’était pas soûlée par mes réponses. Mieux, elle a semblé comprendre ce que je disais sur l’influence des couleurs, elle n’a pas tenté de me faire voir autrement ce que je voyais, ou ce que je voulais. Elle ne m’a pas proposé ce qu’elle avait en magasin qui se rapprocherait grossièrement de ce que je pouvais demander. Non… elle a pris en compte, elle m’a fait préciser, détailler encore plus ce que je voyais dans les couleurs que les autres ne voyaient pas… Elle m’a fait des propositions… nous avons construit ensemble la palette de couleurs que j’allais pouvoir mettre chez moi et de fait, elle m’a fait aller beaucoup plus loin que ce que j’envisageais au départ…

- Comment ça, plus loin ?
- Elle a eu des idées qui m’ont surpris, par leur créativité, par leur bon goût. Pour une fois, une personne pouvait me comprendre dans un truc aussi banal que la peinture murale et sans remettre en cause mes dires, elle pouvait même m’apporter des informations, des conseils qui allaient me servir pour ma vie entière… C’était vraiment un moment délicieux, celui où je me suis senti comme un vrai client et non pas un type qui ennuie tout le monde. Je me suis senti compris et légitime dans mes demandes.
- Très bien… et quelle différence cela fait-il pour vous désormais ?
- Cela signifie que je peux être entendu et compris. Que c’est possible d’avoir mon niveau d’exigence (pour moi ce n’est pas de l’exigence, mais c’est ce que l’on me renvoie) sans être inadéquat… Et ne pas sentir d’animosité dans une relation c’est aussi très agréable… »

Une des principales difficultés qui ont conduit Bruno à consulter en thérapie est celle de la communication avec autrui et d’un réseau relationnel peu développé. Aujourd’hui, une forme d’isolement social se manifeste très sensiblement, très peu d’amis, des relations familiales peu simples sauf avec sa sœur. Au plan professionnel, les difficultés relationnelles subsistent mais il occupe un poste à responsabilité en ressources humaines pour lequel ses compétences sont largement reconnues....


Catherine BESNARD - PERON.
Psychothérapeute en cabinet libéral sur Nantes et Angers, formatrice en Thérapie narrative (coanimation avec Julien Betbèze). Codirection avec Béatrice Dameron des livres Pistes narratives : Pour faire face au sentiment d’échec personnel et professionnel, paru en 2011, Hermann Editions, et Les approches collaboratives en thérapie, paru en 2013 chez Satas, Le Germe.

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Hors série n°11 de la revue Hypnose & Thérapies brèves. Mars 2017.
C'est un numéro double de 196 pages.
Thème : « La relation thérapeutique »


- Éditorial : La relation thérapeutique. S. Cohen
- Éditorial : La relation au coeur de l’hypnose. J. Betbèze
- L’alliance thérapeutique. M. Arnaud
- Enseigner la relation thérapeutique. A. Bioy
- Le thérapeute ? Un guide qui ne devance pas. J.-M. Benhaiem
- Autonomie relationnelle. J. Betbèze
- Avec le patient douloureux chronique. De la formation à la pratique. J. Nizard
- En salle de naissance. B. Bobenrieth
- Monde psychotraumatique. E. Bardot
- La relation thérapeutique. M. Picard Destelan et L. Fodorean
- Comment faire vivre un paranoïaque ? E. Malphettes
- Positionnement, et alliance... thérapeutiques. W. Martineau
- Rapport, alliance et changement : « l’Homonoia ». A. Vallée
- Une semaine aux urgences psychiatriques. V. Lagrée
- Retour à l’essentiel. G. Ostermann
- En Thérapie Systémique Brève. Y. Doutrelugne
- Un truc incroyable... Conversation en thérapie narrative. C. Besnard-Péron
- Retour aux bases. De l’infiniment petit à l’infiniment grand. P. Aïm et L. Gross
- Trouble du comportement à l’adolescence. A. Zeman

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Laurence ADJADJ
Hypnothérapeute, Thérapie EMDR, Thérapies Brèves, Psychologue.
Formatrice en Hypnose Ericksonienne, EMDR, Thérapies Brèves Orientées Solution à l’Institut Hypnotim de Marseille, dont elle est Présidente Fondatrice.
Exerce dans le Cabinet d'Hypnose, Thérapies Brèves et EMDR de Marseille 13006
Conférencière au sein des congrès de la CFHTB, Confédération Francophone d'Hypnose et Thérapies Brèves.
Rédactrice web sur l’Hypnose et les Thérapies Brèves… En savoir plus sur cette rédactrice


En Thérapie Systémique Brève

Hypnose Therapie Breve - vendredi 21 septembre 2018 - 13:13
Dr Yves Doutrelugne Médecin qui fait ce qu’il peut face à un autre homme qui fait ce qu’il peut… Comment la systémique voit-elle la posture du thérapeute ? En quelques mots pour aller à l’essentiel… Les interactions sont circulaires. Les interactions, c’est ce qui intéresse le systémicien, dans un système où « le tout est supérieur à la somme des parties », concept holistique.
« A » adresse des informations, qui arrivent à « B ». Lequel envoie lui aussi ses informations à « A ». Lequel en renvoie à « B », etc. Exemple : Patiente : « mon mari me critique, je me justifie, il me critique, je me justifie ». Soignant : « si je vous comprends bien, chaque fois que vous vous justifiez, il recommence à vous critiquer ? ».

Quand l’échange se crée, B reçoit « ce qui lui tombe dessus » (d’une personne, d’un groupe ou de la vie) qui, dans bien des cas, ne dépend pas directement de lui. Sa réponse à A, en revanche, lui appartient ET elle influence la suite, c’est-à-dire la réponse suivante de A vers B. C’est ce nous appelons le tennis relationnel. Cela à l’air banal… et pourtant…

Comment le patient se voit-il victime ? Victime ou acteur ? Combien de patients se présentent en « victimes », passives, de « ce qui leur tombe dessus » plutôt qu’en acteurs de leurs réponses. Inhibition de l’action5. Impuissance apprise6. Etre victime ce peut être un choix de carrière7. Que de souffrances au long cours si rien ne change…

Notre travail sera de leur proposer de se poser ces deux questions :

° Qu’est-ce que JE fais qui permet à cette interaction de continuer
(étant l’auteur d’une balle sur deux) ?

° Qu’est-ce que JE pourrais faire de différent qui y mettra fin ?

La première question le positionne en acteur, le sort de la passivité et de la victimisation. Il devient acteur de la solution dès la deuxième question.

Dans la relation thérapeutique, si le thérapeute est B, A (le patient) peut jouer tous
les jeux possibles, le métier du soignant est de savoir comment lui répondre… Dans la clinique quotidienne, nombreux sont les soignants qui se plaignent des patients, leurs reproches étant multiples et variés. Le thérapeute/soignant se met linéairement en position de « victime de l’autre ».

Vu du point de vue systémique, quand le soignant se plaint du patient, il y a une erreur quelque part et elle n’est pas du côté du patient… Exemple : Soignant : « ce patient a voulu me manipuler ! » Superviseur : « que fais- tu quand ce patient veut te manipuler pour que cela s’arrête ? »


Comment le soignant se voit-il ? Neutre ou influent ?

Les trois axiomes de la communication de Palo Alto sont bien connus :
1. On ne peut pas ne pas communiquer8.
2. Toute communication exerce une influence9.
3. Donc on ne peut pas ne pas influencer.


La question qui se pose alors n’est plus de savoir si l’on influence ou pas, mais porte sur le « comment influencer ? ». Question que l’on retrouve d’ailleurs dans toute communication.

Wittgenstein écrit : « Le fait que le psychiatre envisage la psychiatrie comme une science réflexive, c’est-à-dire qu’il accepte de s’inclure dans le processus thérapeutique, ou non, déterminera les aspects les plus profonds de l’éthique et de la pratique de son activité. »

Cette posture thérapeutique m’a amené à parler de moi en thérapie, ce qui est a priori contraire à une règle classique. Cela ne fait pas partie du modèle en lui-même. Cela ne s’impose à personne. Ce n’est pas non plus une constante et il y a de claires limites à cette façon d’agir. Mais un humain qui parle à un autre humain en souffrance de ses apprentissages passés d’homme, de ses limites et de ses forces, de la condition humaine finalement, c’est une posture qui me paraît juste. Chacun est évidemment libre de me suivre ou pas…

Quelle éthique pour cette influence ? Quelle éthique pour cette relation thérapeutique « à influence réciproque » ? Nicholas Cummings dit : « En relation d’aide, ce que vous ne faites pas pour l’autre, ne le faites pas. » Encore une phrase qui peut paraître évidente. Qu’implique-t-elle ?

Que tout ce qui serait de l’ordre de la séduction ou du contre-transfert agressif serait contraire à la bienveillance. Et le patient ne s’y trompera pas… Dans les interventions dites « provocatrices », quand le thérapeute est dans cette totale bienveillance, le patient le ressent. Il sait, au fond de ses tripes, que ce qui est fait là est pour lui, exclusivement et totalement pour lui. Et si ce n’était pas le cas (pas totalement pour lui), il le saurait tout aussi viscéralement…
Dr Yves DOUTRELUGNE.
Médecin, fondateur de l’Espace du Possible (Tournai, Belgique, 1988), de l’Institut Milton Erickson de Belgique ( 1988 ) , de l ’Institut Milton H. Erickson du Nord de la France (IMHENF,1992) et de la Confédération Francophone d’Hypnose et de Thérapies brèves (CFHTB).

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Hors série n°11 de la revue Hypnose & Thérapies brèves. Mars 2017.
C'est un numéro double de 196 pages.
Thème : « La relation thérapeutique »


- Éditorial : La relation thérapeutique. S. Cohen
- Éditorial : La relation au coeur de l’hypnose. J. Betbèze
- L’alliance thérapeutique. M. Arnaud
- Enseigner la relation thérapeutique. A. Bioy
- Le thérapeute ? Un guide qui ne devance pas. J.-M. Benhaiem
- Autonomie relationnelle. J. Betbèze
- Avec le patient douloureux chronique. De la formation à la pratique. J. Nizard
- En salle de naissance. B. Bobenrieth
- Monde psychotraumatique. E. Bardot
- La relation thérapeutique. M. Picard Destelan et L. Fodorean
- Comment faire vivre un paranoïaque ? E. Malphettes
- Positionnement, et alliance... thérapeutiques. W. Martineau
- Rapport, alliance et changement : « l’Homonoia ». A. Vallée
- Une semaine aux urgences psychiatriques. V. Lagrée
- Retour à l’essentiel. G. Ostermann
- En Thérapie Systémique Brève. Y. Doutrelugne
- Un truc incroyable... Conversation en thérapie narrative. C. Besnard-Péron
- Retour aux bases. De l’infiniment petit à l’infiniment grand. P. Aïm et L. Gross
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Laurence ADJADJ
Hypnothérapeute, Thérapie EMDR, Thérapies Brèves, Psychologue.
Formatrice en Hypnose Ericksonienne, EMDR, Thérapies Brèves Orientées Solution à l’Institut Hypnotim de Marseille, dont elle est Présidente Fondatrice.
Exerce dans le Cabinet d'Hypnose, Thérapies Brèves et EMDR de Marseille 13006
Conférencière au sein des congrès de la CFHTB, Confédération Francophone d'Hypnose et Thérapies Brèves.
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La relation thérapeutique. Retour à l’essentiel.

Hypnose Therapie Breve - vendredi 21 septembre 2018 - 01:11
Pr Gérard Ostermann « La psychothérapie est une technique indéfinie appliquée à des cas non spécifiques, avec des résultats imprédictibles. Pour cette technique, une formation rigoureuse est requise. » Victor Raimy, 1950 A l’heure où l’on assiste, dans la nébuleuse des psychothérapies, au brouillage des frontières et au déclin des orthodoxies, la relation demeure un essentiel, le minimum incontournable et sans doute le levain indispensable au changement. Or, comme aimait à le rappeler mon maître Michel Sapir dans les formations Balint, la relation ne s’enseigne pas ! Quelle que soit la qualité d’un exposé sur la relation thérapeutique, il ne saura jamais remplacer l’expérience vivante qui se tisse à deux au fil des séances au sein même de la relation.
Ce qui fonde la relation, c’est bien le dialogue (dia : à travers) et un dialogue qui vienne s’établir au-delà de la simple conversation. « Il est venu me voir. Je ne le connaissais pas. Il est venu pour me donner de mes nouvelles. » Cette citation du poète André Breton paraît idéale pour saisir ce moment-là et la position du thérapeute. En effet, le patient que vous ne connaissiez pas, quand vous le rencontrez et que vous l’écoutez, vous lui donnez de ses nouvelles, mais il vous donne également de vos nouvelles. Quand il se dit à vous, lorsqu’il exprime ses plaintes, qu’il se confie en ses craintes et ses désirs, ses mots créent alors en nous des résonances : en cela il vous donne de vos nouvelles.

Pour éclairer la question de la relation thérapeutique, nous trouverons un grand intérêt à relire les ouvrages de Carl Rogers, en ce qu’il nous enseigne notamment que trois attitudes sont indispensables au thérapeute : la compréhension empathique du patient, la considération positive inconditionnelle et le degré d’authenticité (de congruence) dans la concordance entre paroles et sentiments.

Nous avons fait le choix ici de faire appel à trois grandes figures qui pourront nous permettre de refaire le chemin vers l’essentiel de la relation thérapeutique : John Bowlby, Martin Buber et Daniel Stern.

Au commencement est la relation :
Le moi s’éveille par la grâce du toi
« Mais qu’un tu murmure à notre oreille, et c’est la saccade qui lance les personnes : le moi s’ éveille par la grâce du toi. L’efficacité spirituelle de deux consciences simultanées, réunies dans la conscience de leur rencontre, échappe soudain à la causalité visqueuse et continue des choses. La rencontre nous crée : nous n’étions rien – ou rien que des choses – avant d’être réunis. » Gaston Bachelard
John Bowlby : l’attachement sécure, un lien qui libère La théorie de l’attachement, élaborée par le psychanalyste anglais John Bowlby (dès les années 1950) et ses successeurs, met l’accent sur une approche relationnelle de la construction psychique de l’être humain. C’est une théorie de la relation interpersonnelle mais elle ne prétend pas être une théorie globale du fonctionnement psychique. On observe qu’un enfant sans attachement n’a aucune chance de se développer, il flotte, il erre, il n’a pas de valeurs dans sa vie, ça ou autre chose, debout ou assis, mort ou vivant, ça n’a pas d’importance. Il est tel un épouvantail. Comment ne pas rappeler ici Donald Winnicott qui dit qu’effectivement, un bébé tout seul, cela n’existe pas, ou comme dirait Boris Cyrulnik, qu’il faut toujours deux hommes pour en faire un. A l’inverse, on voit que ce qui permet une séparation sereine, c’est un attachement secure et heureux. L’attachement constitue un système motivationnel inné qui va continuer à se développer toute la vie du berceau à la tombe, dans une recherche de proximité et de sécurité intérieure. Ces différentes interactions vont permettre à l’individu d’intégrer des modèles internes opérants qui moduleront sa fonction réflexive, ses capacités intersubjectives et de résilience. L’attachement secure constitue un puissant régulateur émotionnel. Stress et attachement constituent en effet un couple indissociable. L’attachement est le lien qui fait l’unité d’une partie du Vivant. L’attachement c’est ce qui met l’autre au cœur du monde, ce monde devient alors peuplé au moins d’un autre et l’attachement permet de passer par-dessus la peur pour aller à la rencontre du plaisir3. Face à des situations à la fois cruelles et de longue durée, ce sont les nourritures affectives qui comptent. Nous sommes des êtres sociaux avant d’être des êtres psychologiques.

S’il y a un message fondamental des théories de l’attachement, c’est que l’indépendance est une illusion idéologique : nous ne sommes jamais indépendants. Nous sommes tous interdépendants. On peut avancer que la théorie psychanalytique est une métapsychologie de l’absence et que les théories de l’attachement constituent et de façon complémentaire une métapsychologie de la présence. Avec la théorie de l’attachement, il y a du singulier parce qu’il y a du lien. Le principal message de John Bowlby est certainement que « le lien n’implique pas un état de dépendance, mais au contraire qu’il peut constituer un facteur d’ouverture, de socialisation ».

Martin Buber : Je et Tu « Toute vie véritable est rencontre. »
(« Alles wirkliche Leben ist Begegnung »)
Pour Martin Buber, « au commencement est la relation ». Martin Buber est un philosophe de la relation et de la réciprocité, malheureusement trop souvent méconnu des psychothérapeutes.
Son ouvrage majeur, Je et Tu, a nourri les discours de Martin Luther King et les chansons de Leonard Cohen. Martin Buber (1878-1965) a influencé les philosophies de la relation au XXe siècle, de Levinas à Blanchot en passant par Husserl. A travers cet ouvrage Je et Tu, il propose une réforme de la relation des êtres humains par rapport aux autres êtres humains. Il propose une renaissance de la relation originaire entre les hommes et le monde. Ce n’est que dans la relation, rendue possible par la rencontre, qu’apparaît la vraie vie. Cette rencontre se réalise à trois niveaux : l’homme dans sa relation à la nature, l’homme dans sa relation avec les autres hommes, l’homme dans sa relation avec les « existences spirituelles » (Geistige Wesenheiten).
Dans Je et Tu, Buber dénonce subtilement la chosification du monde. Pour que la rencontre de l’autre soit possible, il s’agit de « ressentir » que l’autre n’est pas autre mais que, d’une certaine manière, l’autre est soi- même. Françoise Dolto avait coutume de dire que si l’on s’intéresse à l’autre, c’est qu’il y a de l’autre en nous. Nous sommes contraints à l’altérité.

Le couple « Je-Tu » non seulement permet la découverte d’autrui dans la relation, mais rend seul possible la condition d’ existence du Je, puisque c’est la rencontre du Tu qui constitue le Je comme personne. C’est par le Tu (par l’autre) que l’homme devient lui-même un Je. « Je deviens Je en disant Tu. » Si l’autre n’est pas autre, chacun cependant est particulier. C’est ainsi que nous sommes nés « individu » car nous sommes différents des autres. Nous ne sommes pas nés « personne ». Notre personnalité naîtra par l’interpellation de l’autre dans la rencontre. Une rencontre, c’est toujours une mise en question et le passage d’un ordre établi à un désordre, prélude à un nouvel ordre.Toute psychothérapie suppose une rencontre.

La rencontre peut être exprimée selon trois dimensions6. La première est totalisatrice, en ce que le sujet s’engage entièrement, de tout son être, et devient « totalité agissante » ; de plus, bien que les êtres doivent se placer dans une certaine forme d’isolement, le monde dans sa totalité existe au sein de la relation. La deuxième dimension de la rencontre est la réciprocité : le dialogue met en jeu deux sujets libres et dépendants (les protagonistes forment, malgré leur altérité et leur statut d’êtres à part entière, une unité, mais ne fusionnent ni ne disparaissent. En effet, la négation du Moi ne peut avoir lieu dans la rencontre, le Je est à la fois rencontrant et rencontré). Enfin, la troisième dimension est créatrice, car la relation authentique et parfaite fait surgir l’être : la personne naît de la relation et, en découvrant son Tu, elle peut elle-même se poser comme Je – Je n’étant en aucun cas antérieur à la rencontre. La relation est ainsi le fondement de toute conscience de soi.
Pr Gérard OSTERMANN.
Professeur de thérapeutique, psychothérapeute, praticien EMDR Europe et HTSMA, président d’ICAL (Institut des conduites alimentaires), président du Collège des Alcoologues aquitains, administrateur de la Société Française d’Alcoologie, et fondateur responsable du diplôme universitaire de Pathologie de l’Oralité.
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Hors série n°11 de la revue Hypnose & Thérapies brèves. Mars 2017.
C'est un numéro double de 196 pages.
Thème : « La relation thérapeutique »


- Éditorial : La relation thérapeutique. S. Cohen
- Éditorial : La relation au coeur de l’hypnose. J. Betbèze
- L’alliance thérapeutique. M. Arnaud
- Enseigner la relation thérapeutique. A. Bioy
- Le thérapeute ? Un guide qui ne devance pas. J.-M. Benhaiem
- Autonomie relationnelle. J. Betbèze
- Avec le patient douloureux chronique. De la formation à la pratique. J. Nizard
- En salle de naissance. B. Bobenrieth
- Monde psychotraumatique. E. Bardot
- La relation thérapeutique. M. Picard Destelan et L. Fodorean
- Comment faire vivre un paranoïaque ? E. Malphettes
- Positionnement, et alliance... thérapeutiques. W. Martineau
- Rapport, alliance et changement : « l’Homonoia ». A. Vallée
- Une semaine aux urgences psychiatriques. V. Lagrée
- Retour à l’essentiel. G. Ostermann
- En Thérapie Systémique Brève. Y. Doutrelugne
- Un truc incroyable... Conversation en thérapie narrative. C. Besnard-Péron
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Sophie TOURNOUËR
Hypnothérapeute, Thérapie EMDR, Thérapies Brèves Orientées Solution, Psychologue.
Exerce dans le Cabinet d'Hypnose, Thérapies Brèves et EMDR de Paris 11.

Chargée de Formation au CHTIP à Paris, à l’Institut Hypnotim à Marseille
Rédactrice web de la Revue Hypnose et Thérapies Brèves.
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Une semaine aux urgences psychiatriques.

Hypnose Therapie Breve - vendredi 21 septembre 2018 - 00:59
Dr Virginie Lagrée A propos de quelques outils de thérapie brève… Garder une relation thérapeutique lors d’une rencontre contrainte. Lundi aux urgences… M. L. est amené par la police, il est manifestement très angoissé, instable, il refuse de parler, ne veut pas rester...
Je valide. Et j’accepte qu’il déambule rageusement… J’essaie de faire avec ce qu’amène le patient.
« J’imagine bien – je ne dis plus“je comprends”pour avoir essuyé plusieurs
répliques d’une pertinence indéniable :“vous ne pouvez pas comprendre, vous n’êtes pas à ma place”– que vous n’ayez aucune envie de parler à une inconnue, Monsieur, et je n’ai pas besoin de tout connaître de vous, mais seulement ce que vous pensez que j’ai besoin de savoir pour vous laisser sortir ou vous aider. »
Il poursuit. « Ils sont là , ils m’en veulent !...
- Qui ?
- Les hommes du FBI !
- Où ?
- Partout ! Je les entends !
- Mais comment ?
- Ils m’ont mis une puce dans l’oreille quand j’avais 17 ans et depuis ils font des expériences sur moi… je leur sers de cobaye !
- Je vois, on va essayer de vous débarrasser de ces personnes malveillantes,
et pour cela il faut d’abord vous mettre à l’abri à l’hôpital et on se charge du reste. (Je tente…)
Quelques minutes de négociations encore et il accepte l’hospitalisation.
Mon externe me dit alors, surpris : « Vous rentrez dans son délire ?
- J’en utilise quelques bribes pour tenter une alliance, valider l’angoisse liée à ce qu’il me décrit, et éviter une hospitalisation sous contrainte qui débuterait par une sédation assortie d’une contention…

Mardi... M. M., 26 ans, psychotique, arrive aux urgences suite à une scarification importante ayant nécessité 26 points de suture.
Il ne veut pas rester, refuse la consultation qu’il finit par accepter, résigné.
Il se montre assez réticent, le discours est pauvre et parasité par ses demandes intempestives de sortie.
« Je comprends que vous ayez hâte de sortir M. M., mais pour le moment je ne peux prendre cette décision, tant que vous ne m’aurez pas rassurée sur ce geste qui nous inquiète et pour lequel vous êtes là… J’avoue mon inquiétude.

- C’est rien ça ! me répond-il, j’voulais pas venir, c’est ma mère qui a appelé les secours, je voulais pas me suicider comme tout le monde semble le croire, je voulais lui montrer que je n’étais pas fou…
- Mmmmm… ? attitude non verbale dubitative...
- Ben oui, je lui ai montré que si j’étais fou je ferais ça !
- Et vous l’avez fait !… que peut-elle penser, pensez-vous ?
- Que je le suis ?
- ... Est-ce que cela a marché au moins, à quoi verrez-vous qu’elle a compris ?
- Non j’crois pas, non…
- Bon… désolée
- A votre avis, M. M., qu’est-ce qui pourrait lui montrer que vous n’êtes pas fou ?
- Je ne sais pas… De toute façon elle pense que je le suis, elle me le répète,
en plus j’ai été hospitalisé sept mois en psy, elle n’arrête pas de me dire que je devrais y retourner !
- Et vous faites des choses graves qui du coup nous inquiètent, inquiètent
votre mère et on vous réhospitalise...
- Ben oui, je ne sais pas quoi faire… »
Je l’ai finalement laissé rentrer chez lui après l’avoir laissé appeler sa mère en espérant que le fait qu’il ne soit pas hospitalisé puisse le réassurer sur son état de santé et qu’il puisse faire l’expérience qu’il n’est pas « fou ». Il n’est pas dissocié, ni délirant, ni confus, ni suicidaire. La loi du 5 juillet 2011 ne m’autorise donc pas à l’hospitaliser.
Mercredi… M. S., 70 ans, a tenté de se pendre dans un contexte de rupture sentimentale. Alors qu’il vient d’apprendre que Madame a un nouveau compagnon, il installe une corde dans son grenier et envoie un message suggestif à son ex-femme. Celle-ci appelle les secours qui, accompagnés de la police, pénètrent au domicile de M. S. qui est donc amené aux urgences. Un premier certificat de soins psychiatriques sous contrainte (3212.1-2-1) est rédigé par SOS Médecins, qui a contacté l’ex-épouse aussi. Celle-ci est d’accord pour signer une demande d’hospitalisation mais elle ne se trouve pas sur Nantes, donc elle viendra plus tard…

Je me présente à lui dans la salle d’attente, d’emblée il me dit :
« J’allais partir !
- Je suis désolée pour cette attente, M. S., les urgences vous savez… Venez me dire ce que vous y faites aux urgences justement. Position basse en m’excusant.
- Faites pas l’innocente, vous le savez !, dit-il en entrant dans mon bureau.
- J’ai effectivement un certificat du médecin que vous avez rencontré où il est écrit que vous avez installé une corde dans l’intention de vous pendre.
- Bof ! je ne sais pas si je l’aurais fait… C’était plutôt pour la faire réagir !
De toute façon, je rentre chez moi, me dit-il d’un ton péremptoire. J’aurais pu partir tout à l’heure… en attendant.
- C’est vrai c’est un service ouvert… position basse… Mais j’ai sous les
yeux un certificat médical qui indique la nécessité d’une hospitalisation – rappel du cadre dont je suis garante – et pour le moment je ne peux encore décider de vous laisser sortir, c’est la loi, et j’y suis soumise comme vous l’êtes… temps de pause… Cependant, c’est une loi établie pour la protection des personnes… Maintenant que vous êtes là, M. S., est-ce qu’on peut faire en sorte, ensemble, que cela soit, tant qu’à faire, un peu utile pour vous ? »

Il s’est alors confié, et est apparu très dépressif, profondément blessé d’être quitté mais pouvant l’accepter dans un premier temps, au vu de l’âge de sa compagne :
« Elle est tellement jeune encore, et belle, que je comprends qu’elle m’ait quitté, ça n’empêche que cela me fait mal et je ne le supporte pas… Mais je suis resté digne…
« Si je comprends bien – je vérifie que j’ai bien compris – vous vous êtes
séparés il y a déjà plusieurs mois… Dites-moi, M. S., comment est-ce que vous avez réussi à ne pas mettre fin à vos jours durant tous ces mois ? activation des ressources.
- Je crois que j’avais encore espoir qu’elle revienne… Mais quand j’ai su qu’elle avait rencontré quelqu’un d’autre… Je n’ai pas supporté, tout s’est effondré ! Je préférerais mourir, tant pis ! Leur laisser le champ libre…
- M. S., qu’est-ce vous penseriez d’un médecin, d’ailleurs d’un humain,
mais encore plus d’un médecin, à qui vous venez de confier que vous vouliez mettre fin à vos jours et qui vous laisse sortir… ton hypnotique… Comme ça ! je claque des doigts... Comme si de rien n’était…
- … (ne répond rien, triste, semble accepter).
Je reviens alors sur le fait d’être « resté digne »… Peut-être un levier thérapeutique ? Je commence par lui faire un compliment :
- Permettez-moi de vous dire que je trouve très courageux d’avoir réussi à respecter le choix de votre compagne, sa décision de partir… Vous m’avez dit que vous étiez resté digne, en quoi est-ce important pour vous de rester digne ? A laquelle de vos valeurs la dignité fait-elle appel chez vous ? […] activation des ressources. Qu’est-ce que “rester digne” vous permettrait-il aujourd’hui ?
- Qu’elle garde une belle image de moi. »
J’ai fini par le laisser rentrer chez lui, en lui faisant promettre de revenir me voir trois jours après.
Il a rappelé la veille de notre rendez-vous pour me demander une hospitalisation en clinique…


Dr Virginie LAGREE
Psychiatre, responsable des urgences médico-psychologiques du CHU de Nantes, chargée de cours à l’université au DIU de Suicidologie et au DU de Médecine d’Urgence. Vice-présidente de l’AREPTA.
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C'est un numéro double de 196 pages.
Thème : « La relation thérapeutique »


- Éditorial : La relation thérapeutique. S. Cohen
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Philippe AÏM
Psychiatre, Hypnothérapeute, Thérapeute EMDR, Thérapies Brèves.
Responsable pédagogique du CHTIP à Paris, Dirige l’Institut UTHyl à Nancy, membre de la CFHTB Confédération Francophone d'Hypnose et Thérapies Brève. Chargé de Formation dans les hôpitaux de l’AP-HP.
Auteur et conférencier international.
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Laurent GROSS

Articles EMDR - IMO - mardi 18 septembre 2018 - 01:01
Cabinet d'Hypnose Thérapeutique, EMDR - IMO de Paris Est (75011) Hypnothérapeute, Praticien en Hypnose Ericksonienne.

Président du CHTIP Collège d'Hypnose et Thérapies Intégratives de Paris. Formateur en EMDR - IMO dans le cadre de la Thérapie Intégrative du psychotraumatisme, avec Philippe AÏM.

Titulaire du Certificat Européen d’Hypnose délivré par l'ESH

Psychothérapeute Certifié ARS en 2013 & ex-Kinésithérapeute

Chargé d'Enseignement à l'AP-HP, Hôpital Cochin, Hypnose thérapeutique, hypnothérapie ericksonienne, Thérapie Brève.

Enseigne à l'Institut UTHyL à Nancy

Gestion du Stress, de l'Angoisse et de la Déprime.

Traitement du Stress Post Traumatique (EMDR)

Traitement de la Douleur Physique et Psychique

Certifié de l'Institut Milton H. Erickson d'Avignon-Provence.

Membre de l'Institut Milton Erickson de Rennes

Supervisions Institut Emergences de Rennes (Hypnose Ericksonienne et Thérapie Brève)



Cabinet d'Hypnose Ericksonienne, Thérapies Brèves, EMDR - IMO 75011 Paris
41, rue Oberkampf
Paris 75011


Formations et Supervisions à L'IMO (Intégration par les Mouvements Oculaires) avec Danie Beaulieu, Thérapie Brève d'Impact. Ex-Superviseur National avec Sylvie Bellaud

Florent HAMON

Articles EMDR - IMO - lundi 17 septembre 2018 - 23:11
Cabinet d'Hypnose Thérapeutique, EMDR IMO de Paris Est (75011) Praticien et Formateur en Hypnose Médicale et EMDR - IMO, Gestion du Psychotraumatisme, Infirmier anesthésiste.

Hypnose médicale, Hypnoanalgésie

Chargé d'enseignement à l'AP-HP (Hôpital Cochin)

Chargé d'enseignement au CHTIP, Collège d'Hypnose & Thérapies Intégratives de Paris

Chargé d'enseignement en Hypnose Thérapeutique à l'Institut Hypnotim de Marseille

Gestion du Stress, des peurs, phobies, gestion de la Douleur

Sevrage Tabagique

Thérapies Brèves Orientées Solution

D.U Hypnose et Anesthésie à la Faculté de Médecine du Kremlin-Bicêtre

Formation à l'Association Française de Nouvelle Hypnose.

Formation au CHTIP, Collège d'Hypnose & Thérapies Intégratives de Paris

Rédacteur pour la Revue Hypnose et Thérapies Brèves

Consultation: Cabinet d'Hypnose Thérapeutique, EMDR-IMO de Paris-Est (75011)
41, rue Oberkampf
75011 Paris
Formations - Formation en Hypnose Ericksonienne, Thérapies Brèves Orientées Solution, Thérapie du Psychotraumatisme en EMDR - IMO au CHTIP, Collège d'Hypnose et Thérapies Intégratives de Paris avec Philippe AÏM et Laurent GROSS

- DU d'Hypnose Faculté de Médecine du Kremlin-Bicêtre

Rapport, alliance et changement: "l’Homonoia". Dr Alain Vallée

Hypnose Therapie Breve - lundi 17 septembre 2018 - 16:30
Cet article se propose d’amener l’idée que si la thérapie brève ne peut être qu’une forme d’hypnose conversationnelle, l’inverse n’est pas vrai : toute forme d’hypnose conversationnelle ou d’hypnose formelle n’est pas automatiquement de la thérapie brève. Celle-ci a des apports spécifiques et la connaissance de quelques « trucs » n’est pas suffisante. Pourtant, au-delà des spécificités, le chemin du changement est globalement identique. Nous nous limiterons à décrire d’abord les conditions de l’alliance en thérapie brève solutionniste et celles du rapport hypnotique, avant de réfléchir sur les ressorts du changement utilisés dans l’une et l’autre approche. Tout en sachant que la réflexion y trouverait largement matière, nous n’aborderons pas la question des tâches, s’appelleraient-elles autohypnose.

L’alliance en Thérapie Orientée Solutions : TOS, mais aussi dans toute pratique, il semble bien que les facteurs amplifiant l’alliance thérapeutique soient :
- la ratification du problème sous la forme de l’accord sur une description cherchant à donner à la plainte une nouvelle signification ou recadrage destinée à susciter la motivation au changement ;
- l’accord sur un objectif commun source de motivation ;
- un mandat, synonyme d’engagement des deux parties à mettre tous leurs efforts en jeu dans cette direction.
Il est certain que certaines qualités relationnelles comme l’empathie ou simplement la gentillesse ou l’usage délibéré d’une influence bienveillante sont nécessaires.

L’accord sur une description va se révéler par un changement corporel perceptible par les interlocuteurs. La plainte, quelle qu’elle soit, doit faire la place à un recadrage, un nouveau sens qui, s’il est pertinent, va transformer ce qui était jusque-là un mur infranchissable en une nouvelle situation susceptible de se modifier. Pourtant, il aura été quelquefois nécessaire de pousser le premier niveau de description jusqu’à une intensité dramatique suscitant une crise telle que le patient verra enfin plus clairement ce qu’il souhaite vraiment voir changer, ce qui se fera souvent par l’intermédiaire d’une représentation plus focalisée, épaissie.

Par exemple, cette personne qui consulte pour un vague sentiment dépressif, source d’un mal à vivre inconsistant et variable, pourra être tellement effrayée par la vision du clochard qu’elle craint de devenir qu’enfin sa motivation à changer va devenir claire et franche : tout sauf ça !


Objectif La conversation lui permettra peut-être de découvrir qu’à la place de ce futur effrayant, elle préférerait se sentir simplement apaisée, ce qui lui permettrait, par exemple, de pouvoir se poser un moment chaque soir dans le canapé en rentrant du travail. Cette nouvelle image va provoquer un nouveau changement dans les réactions coenesthésiques des interlocuteurs, une légèreté le plus souvent : ce n’est donc que cela qu’il y a à changer !


Mandat Il se provoque alors un changement important du type de relation : le patient devient client pour son changement puisqu’il n’est pas si impossible à atteindre ; le spécialiste devient enfin thérapeute aux yeux du patient puisque la tâche n’est plus herculéenne. « Etes-vous d’accord pour que je vous aide à atteindre cela ? » : un mandat est donné.
Les trois piliers ayant été posés, l’alliance est établie pour cette rencontre.

En hypnose, nous retrouverons avec Milton Erickson des éléments assez proches. Si nous reprenons les travaux de recherche de Dominique Megglé, pour Milton H. Erickson, l’alliance repose sur la ratification, la nécessité et l’objectif.


Ratification Le thérapeute accepte d’accueillir la souffrance sans la minimiser ; c’est l’occasion pour lui d’utiliser ses capacités d’empathie pour rentrer dans le monde du patient. Il ne s’agit pas de dire que ça va s’arranger, mais plutôt : « OK, ça a l’air d’être dur pour vous ! » ; c’est aussi faire décrire simplement ce qui amène la personne à consulter en observant soigneusement la communication non verbale pour, éventuellement, la ratifier et en profiter pour induire une transe.


Nécessité Mettre en évidence la nécessité, c’est amener le patient à se rendre compte qu’il n’a pas le choix, qu’il doit changer. En effet, quelquefois si l’intention de changer semble présente, elle n’est pas suffisamment intense pour provoquer la bascule.

Objectif L’alliance en hypnose, le but, toujours nécessaire mais souvent implicite, est plutôt la recherche d’une résolution de l’état de tension de la nécessité.
Dr Alain VALLEE
Après une carrière de psychiatre hospitalier, il exerce maintenant comme psychothérapeute. Enseigne l’hypnose et les thérapies brèves dans plusieurs DU ainsi que dans divers instituts français et étrangers. Auteur de nombreux articles et d’un livre à paraître en 2017 : « Nouveau cours de TOS, dialogues et récits », éditions Satas, Bruxelles. Président de l’AREPTA
Institut Milton Erickson de Nantes
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Hors série n°11 de la revue Hypnose & Thérapies brèves. Mars 2017.
C'est un numéro double de 196 pages.
Thème : « La relation thérapeutique »


- Éditorial : La relation thérapeutique. S. Cohen
- Éditorial : La relation au coeur de l’hypnose. J. Betbèze
- L’alliance thérapeutique. M. Arnaud
- Enseigner la relation thérapeutique. A. Bioy
- Le thérapeute ? Un guide qui ne devance pas. J.-M. Benhaiem
- Autonomie relationnelle. J. Betbèze
- Avec le patient douloureux chronique. De la formation à la pratique. J. Nizard
- En salle de naissance. B. Bobenrieth
- Monde psychotraumatique. E. Bardot
- La relation thérapeutique. M. Picard Destelan et L. Fodorean
- Comment faire vivre un paranoïaque ? E. Malphettes
- Positionnement, et alliance... thérapeutiques. W. Martineau
- Rapport, alliance et changement : « l’Homonoia ». A. Vallée
- Une semaine aux urgences psychiatriques. V. Lagrée
- Retour à l’essentiel. G. Ostermann
- En Thérapie Systémique Brève. Y. Doutrelugne
- Un truc incroyable... Conversation en thérapie narrative. C. Besnard-Péron
- Retour aux bases. De l’infiniment petit à l’infiniment grand. P. Aïm et L. Gross
- Trouble du comportement à l’adolescence. A. Zeman

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Sophie TOURNOUËR
Hypnothérapeute, Thérapie EMDR, Thérapies Brèves Orientées Solution, Psychologue.
Exerce dans le Cabinet d'Hypnose, Thérapies Brèves et EMDR de Paris 11.

Chargée de Formation au CHTIP à Paris, à l’Institut Hypnotim à Marseille
Rédactrice web de la Revue Hypnose et Thérapies Brèves.
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Positionnement, et alliance... thérapeutiques

Hypnose Therapie Breve - dimanche 16 septembre 2018 - 21:11
Dr Wilfrid Martineau. La relation thérapeutique n’est pas l’alliance mais c’est elle qui va la permettre. La relation thérapeutique représente l’ensemble des attitudes que le thérapeute et le patient auront ensemble. L’alliance est un lien affectif. Elle suppose une entente sur les objectifs de la thérapie et un accord sur les tâches et moyens à mettre en œuvre pour parvenir à l’objectif. Cette alliance est bien sûr renforcée par les effets de l’intervention et par le positionnement du thérapeute.
C’est l’alliance qui sera médiateur de changement. C’est pourquoi tous les moyens utiles et respectueux du patient doivent être employés pour la renforcer dès lors qu’ils sont congruents à la situation clinique.
Il semble que l’alliance soit même plus importante que la technique thérapeutique dans le résultat de la thérapie (« Pour en finir avec Babel », B.L. Duncan). Mais on ne peut ignorer que l’alliance thérapeutique dépend certes du patient et de la personne du thérapeute, mais surtout de son savoir-faire. En cela, elle est elle-même très technique et ne se réduit pas à une écoute attentive, voire empathique ou à une spontanéité. Mais cette stratégie, même très technique, ne peut pas faire l’impasse sur l’essence de l’alliance : le « bien être ensemble ».

Nous nous proposons de faire un rapide survol de quelques-uns de ses ressorts qui transcendent les différentes orientations thérapeutiques de Rogers à De Shazer en passant par Weakland ou Erickson.

La réflexion, portée par les approches constructionnistes, a grandement contribué à en enrichir les contours et les ressorts mettant en exergue la place de l’espace interrelationnel – de l’entre-deux – pour l’émergence d’un changement. Cet espace créatif est le centre de toute thérapie mais tout ce qui se dirige vers une coconstruction de la conversation thérapeutique qui sera centrée sur l’expertise du patient/client/demandeur (par rapport à sa situation) et l’objectif tel qu’il a pu être défini au terme de l’entretien.

Se risquer à un inventaire, jamais exhaustif et forcément trop court, dans le cadre d’un article est un pari osé mais celui-ci peut servir de guide ou de rappel utile en cas d’éloignement de notre patient dans une relation qu’il est nécessaire de toujours mieux préserver.

Ethique et foi du thérapeute dans le client et l’avenir de la thérapie : quelques principes. Le thérapeute doit considérer la démarche du patient vers lui comme authentique et donc partir du principe que le client fait de son mieux… Sa « lenteur » est sa « vitesse »… sa « paresse » est son « activité maximum ». La « résistance » est parfois le mieux qu’il puisse faire à un moment donné, mais si le client est présent, c’est que de manière implicite il souhaite qu’elle soit vaincue. La résistance est souvent perçue du point de vue de l’observateur.

Le deuxième principe qui fonde la position thérapeutique est celui de la présence de ressources et de compétences chez le client, mais elles ne sont pas disponibles pour le moment ou il ne les perçoit plus.
C’est la tâche du thérapeute de les mettre en valeur ou de permettre au client d’en retrouver l’usage en le questionnant, par exemple, sur ce qu’il fait déjà, ce qu’il a réussi ou ce qu’il aime, ou encore sur les intentions signifiées dans les actions entreprises.

Le patient doit se sentir écouté, « supporté »… aimé, et c’est cette écoute attentive (que Mickael White nomme position décentrée et influente) qui va lui révéler la capacité du thérapeute à lui montrer son intérêt pour ce qu’il vit seul ou avec son entourage dans son quotidien.

L’optimisme thérapeutique (qui ne peut être artificiel) fait partie de l’entretien mais ne doit pas être le déni des difficultés du patient. On s’associe d’abord avec les compétences du patient avant de chercher ses difficultés ou de s’enquérir de ses souffrances.

Le thérapeute mobilise ses capacités d’empathie pour comprendre la position du patient sans se laisser emporter par ses propres émotions. Cela lui permet de se montrer respectueux de son interlocuteur (ce qu’il fait, pense, ressent) et authentique dans ses propos comme dans ses réactions ou ses messages de validation ou d’encouragement ou de félicitations. Cette authenticité est garante de sa crédibilité mais aussi de la confiance dans la relation.

La position humble de « non-savoir » et collaborative. Engager l’entretien par une phrase comme : « Je vous remercie d’avoir accepté de venir… de me faire confiance (fonction du contexte)… je vais faire de mon mieux et je compte sur vous pour m’aider… » Il faut savoir interroger sur l’aide espérée et sur les questions qu’on aurait pu oublier dont le patient aurait eu besoin pour avancer.
Même l’utilisation d’outils thérapeutiques centrés sur les perceptions du patient peut faire l’objet de précautions oratoires comme celle-ci :

« Je vous demande la permission d’établir une échelle pour m’aider à com- prendre votre situation », ou « permettez que je récapitule ce que j’ai compris et interrompez-moi si je me trompe » (Nardone). Cela implique le respect et favorise le dialogue et l’expression des idées du thérapeute. Les mots seuls ne peuvent représenter la souffrance. L’échelle proposée y contribue mais surtout va permettre des nuances qui sortent le patient (et son problème) d’un sentiment d’immuabilité.

Le thérapeute, par son questionnement, montre qu’il a besoin du sujet pour comprendre et avancer, mais la force implicite du questionnement renforce la personne dans la conscience de ses ressources personnelles et de ses compétences. Il interroge sur le changement avant la première rencontre ou entre deux séances (les capacités du sujet) et fait remarquer la survenue des changements passés inaperçus. Il sait rentrer dans le monde de l’autre (langage, valeurs, position, contexte de vie).
Pour avoir un positionnement ajusté – c’est-à-dire au plus près du patient –, la place du corps dans la relation, le langage non verbal, les changements d’attitude ou de ton seront observés pour favoriser un accordage et une synchronisation qui renforcent le lien thérapeutique.

Cette position permet de se centrer sur le patient :
• - Il faut avant tout écouter ce qui est important pour le patient et donc se centrer sur ses objectifs et l’aider à construire ses objectifs.
• - On peut s’attacher à avoir une description « vidéo » du vécu du patient (entre autres, les modes interrelationnels, les dialogues… tout ce qui permet d’avoir un tableau vivant de la situation vécue par le sujet ou/et sa famille).
• - Le repérage et l’utilisation des mots, expressions métaphoriques et formules du patient.
-Toutes les formules et modes relationnels – du « for you » (Anne Bodmer Lutz), empathique (« bien sûr tout cela est très important pour vous »)… au « yes set » – favorisent l’engagement dans le processus thérapeutique.
• - On évite de nier le problème ou la douleur mais on tâche de faire contrepoids (Y. Dolan) : mettre du « et » en associant la douleur et les aspects positifs présents à côté (ressources, réalisations).




Dr Wilfrid MARTINEAU
Psychiatre des hôpitaux, psychothérapeute, formateur en hypnose et thérapie brève. Chef du pôle hospitalo-universitaire du CHU de Nantes, coordinateur pédagogique du DU d’Hypnose thérapeutique de l’Université de médecine de Nantes.
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Thème : « La relation thérapeutique »


- Éditorial : La relation thérapeutique. S. Cohen
- Éditorial : La relation au coeur de l’hypnose. J. Betbèze
- L’alliance thérapeutique. M. Arnaud
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- Monde psychotraumatique. E. Bardot
- La relation thérapeutique. M. Picard Destelan et L. Fodorean
- Comment faire vivre un paranoïaque ? E. Malphettes
- Positionnement, et alliance... thérapeutiques. W. Martineau
- Rapport, alliance et changement : « l’Homonoia ». A. Vallée
- Une semaine aux urgences psychiatriques. V. Lagrée
- Retour à l’essentiel. G. Ostermann
- En Thérapie Systémique Brève. Y. Doutrelugne
- Un truc incroyable... Conversation en thérapie narrative. C. Besnard-Péron
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Hypnothérapeute, Thérapie EMDR, Thérapies Brèves Orientées Solution, Psychologue.
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Comment faire vivre un paranoïaque ?

Hypnose Therapie Breve - dimanche 16 septembre 2018 - 20:52
Dr Emmanuel Malphettes. Je travaille comme psychiatre dans un service de psychiatrie générale. Ce type de travail implique de poser des diagnostics pour discuter avec les différents intervenants, choisir un traitement, faire une cotation... Le « diagnostic » a mauvaise presse dans le milieu de la thérapie même s’il peut donner la sensation d’être compris et devenir parfois, si on l’externalise, un moteur de la coopération : « Comment faites-vous face aux “attaques” de l’anorexie ? »

Mais effectivement, s’il est utilisé comme une réalité identitaire, il peut obliger la personne à se soumettre à une définition du problème.

Ce qui amène généralement deux attitudes :
- pour les plus en forme : la résistance ;
- pour les autres : la soumission.

La rencontre décrite ci-dessous nous a peut-être permis d’explorer corporellement tout cela… voire autre chose ?
Aujourd’hui le service accueille Monsieur Te.
Depuis plusieurs mois les voisins se plaignent de l’odeur se dégageant de son appartement. Comme il refuse l’entrée des services sanitaires, la police est intervenue. Il dit s’être fait traîner en slip violemment sur le gravier par quatre policiers devant tous ses voisins, puis il s’est senti écrasé pendant longtemps par une botte.

SOS Médecins est donc interpellé et M. Te arrive finalement dans le service en soin sous contrainte.
M. Te a bien sûr très mal vécu ces événements, il s’est senti trahi par son assistante sociale, puis il dit qu’on l’a forcé à signer des papiers.

Sur l’observation des urgences et sur le compte rendu de ses précédentes hospitalisations sous contrainte, on peut lire « délire paranoïaque ».
Ces mots viennent accompagnés de leur champ lexical : rigidité, hypertrophie du moi, projection… tous ces mots qui infusent déjà mon corps, qui répond par tension, raideur…

Et déjà, une méfiance contagieuse m’envahit ; avec cette possibilité de paresse relationnelle qu’on réserve aux affaires déjà pliées.

Il faut que j’imite tous ces gens que j’ai admiré faire quelque chose qu’on appelle souvent « thérapie ». Pas tellement pour M. Te, ni même pour la relation mais pour ma posture : ouverte, libre.

Je vais le chercher dans sa chambre.

Th. (celui qui se fait appeler thérapeute) : « Bonjour, Emmanuel Malphettes, je travaille ici comme psychiatre. » J’évite le « je suis psychiatre », pour sous-entendre « je suis plein d’autres choses que cela ». Il semble plus prudent de se positionner comme un être humain en face d’un autre humain que dans l’identité « psychiatre » avec cette connotation experte qui force à développer une identité de « malade » en face. (Questionnement sur l’identité dans les thérapies narratives.)

M. Te (celui qui se fait appeler patient) : « … »
Th. : « Est-ce que c’est OK pour vous de me suivre en salle d’entretien ou vous préférez qu’on parle ici ? »
Pour dissoudre sa sensation de contrainte, je tente d’augmenter celle de liberté par une position basse avec le plus souvent possible l’utilisation d’un langage interrogatif, la demande de permission, la possibilité de choix… (Approches centrées solution – ACS – et théorie de l’engagement.)

M. Te : « … »
Il se lève, il sent mauvais, je distingue un peu de peau sous les cheveux, la barbe. Je tends une main qui reste suspendue dans le vide. Une catalepsie qui n’indique pas franchement l’alliance.

Mais il me suit.
Je me place à coté de lui et nous marchons pour franchir les cinquante mètres qui nous séparent de la salle d’entretien. Au bout de quelques pas on se synchronise : sa jambe gauche est plus raide, comme s’il trainait un boulet. La respiration du gros fumeur, je suppose qu’il doit exister une dissociation confusionnante entre la confiance que j’aimerais dégager et la réalité.

Th. : « Vous préférez vous asseoir ici ou là ? »
M. Te : « … »
Je m’assois en face de lui.

Nous discutons de ses craintes, peut-être une... juste une sensation au début ? Peut-être que cela s’appelle insécurité ? Quand cette sensation et ces pensées viennent-elles ? Quand sont-elles moins présentes ? A-t- il une représentation de cela ? Comment fait-il pour retrouver de la stabilité, un certain confort ? Peu à peu, la méfiance est ainsi externalisée et posée sur la table en lien avec des questions de l’approche narrative. J’ai l’im- pression que ça prend… je poursuis. Est-il d’accord pour se laisser gouverner par ces attaques de méfiance ? Si non, pourquoi ?

M. Te : « Vous ne comprenez pas… la police s’est introduite chez moi, on m’a violenté. Vous n’avez pas le droit de me retenir. »

La tension monte, la situation se bloque, ma bienveillance est vue comme une tactique mielleuse pour l’endormir… « Comme les autres... » Je rentre dans une lutte de pouvoir et par contagion je deviens moi aussi parano : qu’est-ce que je fais là ? pour qui je travaille ? suis-je un esclave de cette « norme invisible » ? Tous ces moments où j’ai pensé faire de la « bonne thérapie », n’aurais-je pas confondu alliance et soumission ?

Je pars dans ma tête avec des pensées désagréables qui font des choses désagréables dans mon corps. Cette dissociation nous fait perdre le peu de lien et chacun se remet en mode survie ; alimenté, peut-être pour lui, par le sentiment d’incompréhension, et pour moi, par la sensation d’impuissance et d’incompétence.

Chez moi, ces sensations peuvent alimenter la projection (« l’autre est résistant ») et donc le rejet, venant ainsi confirmer sa vision du monde (« le monde est hostile »). La boucle est bouclée, le problème nous a tous contaminés. Avec des risques différents pour chacun, car moi on m’a donné le pouvoir de le maintenir dans cette case avec la possibilité que chacune de ses actions viennent entretenir ma théorie de la paranoïa (« merde, ça existe la paranoïa, j’ai fait tout ce que j’ai pu, j’ai été un gentil médecin »).

Cela sonne peu esthétique et fait de l’inconfort dans le corps. Je dois être plus stable à l’intérieur pour être dans l’action et non dans la réaction. Je fais ce mouvement qui avec le temps est devenu une contraction invisible de mes avant-bras. Ce va-et-vient sur ma barre de kitesurf me met en lien avec ma « safe place ». Je suis dans la baie de Penthièvre, près de Quiberon, les conditions météo sont beaucoup plus éprouvantes que mon niveau le permet et ce jour-là j’ai décidé d’aller vers l’île de Téviec.

Sur le retour, trop de vent, trop de vagues, je tombe et je me fais traîner dans l’eau… alors qu’on fait du sport un week-end, on pourrait bêtement mourir ? Je prends appui sur cette barre, le regard vers cette maison d’enfance qui abrite ma nouvelle famille, je sors de l’eau après ce baptême puis adopte cette posture « parfaite », comme dirait Spinoza. Rien ne peut m’arriver, ou plutôt tout, car je suis au mieux de ce que ce corps peut faire, c’est lui qui sait… J’ai le cap et je prends appui sur le vent et les vagues.

C’est calme à l’intérieur ; je le vois maintenant ce piège dans lequel je suis tombé, à m’occuper des contenus avant de m’occuper du contenant, de chercher des solutions alors que l’alliance n’est pas là.

Je le vois lui aussi perdu dans la tempête. Alors comme cela, on peut être pareil ?
Mon corps change de place et s’assoit à côté de lui. Mes yeux voient sa poitrine se soulever douloureusement, et non cette tête hirsute qu’il semble avoir érigée comme un rempart contre le monde. Nous regardons dans la même direction, évitant la lutte de pouvoir du face à face ; sa respiration m’informe avant toute chose de ce qui se passe.

J’alterne ainsi entre son épaule et ce que l’on pourrait voir en commun sur ce mur blanc d’hôpital.
Mon corps m’a dit quoi faire et dans le même temps ma tête lui trouve des raisons qui maintiennent cette posture. Je sais que l’on peut se sortir de la tempête mais que le premier mouvement ne dépend pas de moi. François Roustang est sur mon épaule, ce mélange de confiance générateur d’espoir, mais aussi d’impassibilité (et non d’indifférence) quant à la réponse que la personne peut proposer.

On ne dit rien mais il semble accepter que nous regardions dans la même direction et sans chercher, nous accordons notre rythme respiratoire.
M. Te : « J’ai envie de tout péter… »
Th. : « Vous êtes très en colère ? » Reformulation et validation.
M. Te : « … »
Th. : « Et cette colère elle dit non à quoi ? »
Externalisation de la colère et recherche d’une intention positive derrière cette sensation réifiée (approches narratives).
M. Te : « Je suis piégé… depuis longtemps… j’ai fait tout ce que j’ai pu mais je suis… »
Th. : « Si je comprends bien ce que vous me dites c’est que vous avez le sentiment de ne rien contrôler dans votre vie… C’est ça le plus difficile en ce moment ou autre chose ? »
Reformulation en élargissant le problème à une valeur (approche narrative), validation avec majoration émotionnelle et demande d’un accord en proposant un choix binaire (permettant un effet « d’entonnoir »
– Giorgo Nardone et les thérapies stratégiques).
M. Te : « Oui ! »

Premier signe de collaboration.
La respiration se calme, la sensation de compréhension augmente peut- être celle de maîtrise et nous rentrons dans le monde de l’exception, c’est- à-dire en dehors du problème. Le fait de se sentir compris est sans doute un marqueur de l’alliance et de pouvoir passer sur le versant « changement » de la thérapie. Je ne peux permettre à la relation de me changer que si j’autorise l’autre à rentrer dans ma « zone proximale de développement » (Vygotski).
Th. : « Donc si je vous suis, et corrigez-moi si je me trompe, une priorité pour vous serait actuellement de reprendre un peu de contrôle sur votre vie ? »
Reformulation et proposition d’un objectif (approches centrées solutions).

Dr Emmanuel MALPHETTES
Psychiatre des hôpitaux, travaille sur la crise : responsable de l’unité de post-urgence et sur des pathologies chroniques, enseignant auprès des internes, à la Faculté de psychologie, l’Ecole d’infirmières et de sages-femmes et formateur au DU diplôme universitaire d’Hypnose de Nantes.
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- Éditorial : La relation thérapeutique. S. Cohen
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Philippe AÏM
Psychiatre, Hypnothérapeute, Thérapeute EMDR, Thérapies Brèves.
Responsable pédagogique du CHTIP à Paris, Dirige l’Institut UTHyl à Nancy, membre de la CFHTB Confédération Francophone d'Hypnose et Thérapies Brève. Chargé de Formation dans les hôpitaux de l’AP-HP.
Auteur et conférencier international.
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La relation thérapeutique

Hypnose Therapie Breve - dimanche 16 septembre 2018 - 20:11
Marc Picard Destelan et Liliana Fodorean. Les auteurs nous montrent comment la relation thérapeutique se construit entre le patient et le thérapeute. Cette coopération s’installe dans un climat où compétences de part et d’autre sont de réels points d’appui au changement. La relation est constitutive de l’être humain. Aristote parle de l’homme comme animal politique et place, dans son éthique, un traité de l’amitié. Son maître, Platon, écrit des dialogues. Socrate, le maître de Platon, en est le héros. Socrate se présente lui-même comme un homme qui rencontre ses contemporains et dialogue avec eux en vue d’une métanoïa : un changement, une conversion. Voilà pour le monde grec.

Regardons maintenant du côté du monde juif. Dès la Genèse, la relation est mentionnée. « Dieu créa l’Homme à son image […], Homme et Femme il les créa » (La Bible, Médiaspol, Paris, 1994, p. 4). Le maintien dans la même phrase du singulier et du pluriel signifie cette relation comme définissant l’être humain. Le second récit de la création donne encore plus de force à la relation. Il y est indiqué une solitude d’Adam : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul, je veux lui faire une aide semblable à lui » (op. citée, p. 8). Et, pour mieux marquer l’assomption de la femme, Dieu fabrique d’abord tous les animaux. Il les façonne à partir du sol.

L’homme les nomme : il désigne ce qu’ils sont. Le texte ajoute : « Il ne trouva pas d’aide qui lui corresponde » (op. citée, p. 8). Alors, Dieu plonge l’homme dans une torpeur et fabrique, à partir de son côté, la femme. En la rencontrant, l’homme a cette exclamation : « Voici enfin l’os de mes os, la chair de ma chair, elle sera appelée femme (isha) parce qu’elle a été tirée de l’homme (ish) » (op. citée, p. 8). Elle est identique, elle est différente. Dans la structure du récit (fabrication des animaux puis extraction et modelage de la femme à partir de l’homme) la relation est au cœur de la vie humaine, tout simplement en rendant humaine cette vie. En reconnaissant la femme, l’homme se reconnaît.

Dans la même phrase, il exprime qu’elle est lui et qu’elle est différente. Peut-on voir là une lointaine référence aux neurones miroirs ? Ce double effet, à la fois même et autre, donne à la relation un statut de grande fragilité et de grande puissance. Grande fragilité, car infiniment précieuse pour me constituer comme humain : cela ne dépend pas que de moi, mais aussi de l’autre. Grande puissance car la relation est ce par quoi je change l’autre. Grande fragilité car je ne peux changer l’autre qu’en me changeant moi- même. La puissance de changer ne passe pas par une puissance exercée sur l’autre, mais par la puissance du désir : en me changeant j’éveille le désir et les ressources du changement chez l’autre. La relation nous met en position de même « fréquence » (les neurones miroirs encore). Donc, l’humilité est puissante dans la relation. N’est-ce pas ce que nous montre le rôle de l’empathie et de la position dite « basse » en thérapie ? Voilà pour l’apport juif.

Signalons qu’en combinant les deux apports, le grec et le juif, la théologie chrétienne va porter la relation à un niveau incandescent : Dieu est Un en Trois. De façon rapide on peut dire que les Trois sont Un par la relation amoureuse. Le mot « relation » est employé pour désigner les personnes divines.

Voilà pour la relation. Mais en quoi une relation peut-elle être qualifiée de thérapeutique ?

Selon Ludwig Binswanger, le but de la thérapie est de permettre au patient de « participer au koïnos cosmos, à la vie de koïnonia authentique » (Introduction à l’analyse existentielle, éd. Minuit, pp. 131, 138). Autrement dit, réconcilier l’homme avec lui-même et avec le monde (entendu comme communauté humaine et réalité naturelle). Ce que Milton H. Erickson exprime d’une façon plus lapidaire : « Aider le patient à vivre d’une manière plus satisfaisante et à parvenir à une meilleure expression de soi » (L’Intégrale des articles de M. H. Erickson sur l’hypnose,Tome 1, Satas, Bruxelles, 1999, p. 672).Voilà pour la finalité de la relation thérapeutique. Mais qu’est- ce qui permet à une relation d’atteindre ce but ? Quelles en sont les conditions ? Qu’est-ce qui est utile dans une relation thérapeutique ?

Blaise Pascal écrit quelque chose de fort intéressant pour nous aider à saisir l’orientation concrète à donner à la relation thérapeutique. Nous le citons : « On se forme l’esprit et le sentiment par les conversations. On se gâte l’esprit et le sentiment par les conversations. […] Il importe donc […] de les savoir choisir […] et on ne peut faire ce choix, si on ne l’a déjà formé et point gâté. Ainsi cela fait un cercle d’où sont bienheureux ceux qui sortent » (Pensées, 51, Le Livre de Poche, Paris, 1972, p. 5). Sortir du cercle est l’enjeu de toute thérapie. Ainsi ce ne sont pas les conversations qui constituent le cœur de la thérapie, mais ce qui est hors du cercle des conversations. Cercle du discours interne (ruminations destructrices) ou bien cercle des discussions entre personnes (entretien systémique des problèmes). La thérapie, fusse par la conversation, doit permettre un saut dans l’expérience vécue. Comme le dit Michael White, il s’agit de « pénétrer dans de nouveaux territoires de l’expérience » (Cartes des pratiques narratives, Le Germe, Bruxelles, 2009, p. 14). C’est tout l’intérêt de l’hypnose, qu’elle soit dite conversationnelle ou formelle. C’est ce que nous allons illustrer par la vignette clinique qui suit.

Une rencontre en trois épisodes


1er épisode : un coup de fil
Cela commence par un coup de fil. Mais, avant l’appel téléphonique, il y a d’abord une rencontre fantasmée. Comment le patient imagine l’autre alors qu’il n’a que la projection de ses propres besoins ?

Et puis, il y a la voix. Cette rencontre, en partie tronquée par l’absence de contact direct, est-ce une voix qui rassure déjà ? Est-elle congruente avec mon fantasme ?
Et peut-être est-ce déjà le début de la synchronisation ? Les neurones se regardent déjà… comme on dit, en miroir ?

« Je voudrais prendre un rendez-vous avec vous, c’est pour faire de l’hypnose pour arrêter de fumer. »
« Qu’est-ce qui vous fait penser que l’hypnose peut vous aider ? » ou « comment l’hypnose peut-elle vous aider ? »

Ce sont des questions qui mobilisent déjà, qui donnent le contexte, le cadre. C’est concret et donc global : toutes les facultés de la personne sont sollicitées. Pas seulement sa pensée au sujet de l’hypnose.

Je travaille dans une clinique et je précise parfois « qu’il ne s’agit pas d’un rendez-vous au bloc opératoire, là où on dépose le corps et on attend que cela se fasse ».
Et le dialogue continue.

« Avez-vous déjà arrêté de fumer ? Qu’avez-vous déjà réussi par faire dans le passé ? » Mettre le patient en position d’acteur.

« Comment le savez-vous que c’est le bon moment pour vous d’arrêter de fumer ? »

On me répond parfois : « Ce n’est jamais le bon moment ! »

Je précise alors : « Quand on est au creux de la vague ce n’est pas le meilleur moment car nous n’avons pas l’énergie pour se mobiliser efficacement. » Phrase d’implication de la mobilisation personnelle dans la démarche.

Le cadre du changement est déjà posé : il s’appuie sur les compétences du patient. Elles ont été mobilisées à travers des questions qui incitent la personne à témoigner de son expérience vécue.

2e épisode : la rencontre

Marc PICARD DESTELAN.
Après des études de philosophie, devient éducateur, enseignant, formateur, puis psychologue clinicien et thérapeute. Formé en hypnose et thérapies brèves à l’AREPTA - Institut Milton Erickson de Nantes. Travaille en institution auprès de patients atteints de cancer et de patients souffrant de douleurs chroniques et mène une activité en cabinet libéral. Formateur.

Liliana FODOREAN.
Médecin généraliste, pratique l’hypnose dans sa consultation de psychosomatique et sevrage tabagique dans l’hôpital privé Le Confluent à Nantes. Enseignante à l’AREPTA - Institut Milton Erickson Nantes, et pour le DU Hypnose thérapeutique au CHU de Nantes

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Hors série n°11 de la revue Hypnose & Thérapies brèves. Mars 2017.
C'est un numéro double de 196 pages.
Thème : « La relation thérapeutique »


- Éditorial : La relation thérapeutique. S. Cohen
- Éditorial : La relation au coeur de l’hypnose. J. Betbèze
- L’alliance thérapeutique. M. Arnaud
- Enseigner la relation thérapeutique. A. Bioy
- Le thérapeute ? Un guide qui ne devance pas. J.-M. Benhaiem
- Autonomie relationnelle. J. Betbèze
- Avec le patient douloureux chronique. De la formation à la pratique. J. Nizard
- En salle de naissance. B. Bobenrieth
- Monde psychotraumatique. E. Bardot
- La relation thérapeutique. M. Picard Destelan et L. Fodorean
- Comment faire vivre un paranoïaque ? E. Malphettes
- Positionnement, et alliance... thérapeutiques. W. Martineau
- Rapport, alliance et changement : « l’Homonoia ». A. Vallée
- Une semaine aux urgences psychiatriques. V. Lagrée
- Retour à l’essentiel. G. Ostermann
- En Thérapie Systémique Brève. Y. Doutrelugne
- Un truc incroyable... Conversation en thérapie narrative. C. Besnard-Péron
- Retour aux bases. De l’infiniment petit à l’infiniment grand. P. Aïm et L. Gross
- Trouble du comportement à l’adolescence. A. Zeman

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Florent HAMON
Hypnothérapeute, Praticien EMDR, Infirmier anesthésiste à Paris. Chargé de Formation au CHTIP à Paris, à l’Institut Hypnotim à Marseille et dans les hôpitaux de l’AP-HP.
Consulte au cabinet d’Hypnose, EMDR et Thérapies Brèves de Paris 11.
Spécialisé dans les addictions au tabac, alcool…
Rédacteur web de la Revue Hypnose et Thérapies Brèves.
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