Bordeaux: Session 6 du Diplôme Inter Universitaire d'Hypnose Médicale, Clinique et Thérapeutique.
Aspects neurophysiologiques de l’Hypnose
12ème jour : mercredi 11 Mars 2025
08h30 – 16h00 :
Aspects neurophysiologiques de l’hypnose, du sommeil et de la mémoire Dr Lolita MERCADIE
Hypnose, Addictions et troubles de l’oralité
13ème jour : Jeudi 12 mars 2025
09h00 - 10h30
Tabagisme et méthodes de sevrage
Dr Anne CALCAGNI
10h45 - 12h30
Troubles de l’oralité et addictions
Pr Gérard OSTERMANN
13h30 - 17h30
Hypnose dans le sevrage tabagique : Approches stratégiques pour le sevrage tabagique ; choix des métaphores, exemple de séance type
Dr Anne CALCAGNI
Hypnose addictions et troubles alimentaires : Dynamique des addictions ; Approches stratégiques hypnotiques pour les troubles alimentaires ; métaphores spécifiques
Pr Gérard OSTERMANN
14ème jour : Vendredi 13 mars 2026
09h00 - 10h30
Rappel synthétique des notions principales sur le psychotraumatisme au sens du DSM V. Comment travailler avec les MO en consultation journalière sur les problématiques rencontrées en douleur aiguë et chronique, en cancérologie, en soins palliatifs, et lors d’anxiété pré et post- opératoire.
Mme Laurence ADJADJ, M Laurent GROSS
10H45-12H30
Apprentissage des différents mouvements oculaires de type EMDR-IMO Exercices et démo.
Mme Laurence ADJADJ, M Laurent GROSS
13H30 17H30
Comment intégrer l’état hypnotique avec la pratique des MO.
Démo et exercices
Utilisation des MO et des mouvements alternatifs avec le Protocole GPC (Gross Pain Control) de manière spécifique en douleur aiguë et chronique, approche qui combine hypnose et neuroplasticité. Exercices
Mme Laurence ADJADJ, M Laurent GROSS
*************************************
RESPONSABLE DE LA FORMATION D'HYPNOSE MÉDICALE CLINIQUE ET THERAPEUTIQUE DE BORDEAUX.
Professeur François SZTARK
CHU de Bordeaux Service Anesthésie-Réanimation.
MD, PhD - Professeur des universités, Praticien hospitalier - Anesthésie Réanimation Douleur - Hypnose -Méditation - Instructeur MBSR.
*************************************
COORDINATEUR ET RESPONSABLE PEDAGOGIQUE DE LA FORMATION D'HYPNOSE MÉDICALE CLINIQUE ET THERAPEUTIQUE DE BORDEAUX.
Docteur Sylvie COLOMBANI-CLAUDEL
Institut Bergonié Département d’Anesthésie-Réanimation
Centre Régional de Lutte Contre le Cancer Bordeaux
Hypno praticienne depuis 2004 ( DU d’hypnose de Paris dans le cadre de ses compétences (douleurs aiguës et chroniques)
Présidente de l’association Hypnose33 Ecole Bordelaise Ericksonienne depuis 2015,
DU de transes et des ECM obtenu en 2022
Membre du bureau de la Confédération Francophone d’Hypnose et Thérapies Brèves (CFHTB)
Présidente du 13eme forum de la CFHTB qui s'est déroulé du 15 au 18 mai 2024 à Bordeaux.
Praticienne EMDR - IMO, EMDR Intégrative, Membre de France EMDR-IMO ®]
146 Rue Léo Saignat du 11/03/2026 00h00 au 13/03/2026 23h50
https://www.hypnose-ericksonienne.org/Diplome-Inter-Universitaire-d-Hypnose-Medicale-Clinique-et-Therapeutique-de-Bordeaux_a1473.html
12ème jour : mercredi 11 Mars 2025
08h30 – 16h00 :
Aspects neurophysiologiques de l’hypnose, du sommeil et de la mémoire Dr Lolita MERCADIE
Hypnose, Addictions et troubles de l’oralité
13ème jour : Jeudi 12 mars 2025
09h00 - 10h30
Tabagisme et méthodes de sevrage
Dr Anne CALCAGNI
10h45 - 12h30
Troubles de l’oralité et addictions
Pr Gérard OSTERMANN
13h30 - 17h30
Hypnose dans le sevrage tabagique : Approches stratégiques pour le sevrage tabagique ; choix des métaphores, exemple de séance type
Dr Anne CALCAGNI
Hypnose addictions et troubles alimentaires : Dynamique des addictions ; Approches stratégiques hypnotiques pour les troubles alimentaires ; métaphores spécifiques
Pr Gérard OSTERMANN
14ème jour : Vendredi 13 mars 2026
09h00 - 10h30
Rappel synthétique des notions principales sur le psychotraumatisme au sens du DSM V. Comment travailler avec les MO en consultation journalière sur les problématiques rencontrées en douleur aiguë et chronique, en cancérologie, en soins palliatifs, et lors d’anxiété pré et post- opératoire.
Mme Laurence ADJADJ, M Laurent GROSS
10H45-12H30
Apprentissage des différents mouvements oculaires de type EMDR-IMO Exercices et démo.
Mme Laurence ADJADJ, M Laurent GROSS
13H30 17H30
Comment intégrer l’état hypnotique avec la pratique des MO.
Démo et exercices
Utilisation des MO et des mouvements alternatifs avec le Protocole GPC (Gross Pain Control) de manière spécifique en douleur aiguë et chronique, approche qui combine hypnose et neuroplasticité. Exercices
Mme Laurence ADJADJ, M Laurent GROSS
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RESPONSABLE DE LA FORMATION D'HYPNOSE MÉDICALE CLINIQUE ET THERAPEUTIQUE DE BORDEAUX.
Professeur François SZTARK
CHU de Bordeaux Service Anesthésie-Réanimation.
MD, PhD - Professeur des universités, Praticien hospitalier - Anesthésie Réanimation Douleur - Hypnose -Méditation - Instructeur MBSR.
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COORDINATEUR ET RESPONSABLE PEDAGOGIQUE DE LA FORMATION D'HYPNOSE MÉDICALE CLINIQUE ET THERAPEUTIQUE DE BORDEAUX.
Docteur Sylvie COLOMBANI-CLAUDEL
Institut Bergonié Département d’Anesthésie-Réanimation
Centre Régional de Lutte Contre le Cancer Bordeaux
Hypno praticienne depuis 2004 ( DU d’hypnose de Paris dans le cadre de ses compétences (douleurs aiguës et chroniques)
Présidente de l’association Hypnose33 Ecole Bordelaise Ericksonienne depuis 2015,
DU de transes et des ECM obtenu en 2022
Membre du bureau de la Confédération Francophone d’Hypnose et Thérapies Brèves (CFHTB)
Présidente du 13eme forum de la CFHTB qui s'est déroulé du 15 au 18 mai 2024 à Bordeaux.
Praticienne EMDR - IMO, EMDR Intégrative, Membre de France EMDR-IMO ®]
146 Rue Léo Saignat du 11/03/2026 00h00 au 13/03/2026 23h50
https://www.hypnose-ericksonienne.org/Diplome-Inter-Universitaire-d-Hypnose-Medicale-Clinique-et-Therapeutique-de-Bordeaux_a1473.html
Autohypnose pour mon épaule gauche. Revue Hypnose et Thérapies Brèves 78.
(RUPTURE DE LA COIFFE DES ROTATEURS) ET LE COUPLE HYPNOSE/FASCIA.
Une épaule abîmée, l’Adagio BWV 974 de Bach, une bulle de protection, une plongée dans l’inconscient, les fascias du corps, le surgissement des sons intérieurs... Le tout réuni dans une expérience d’autohypnose lors d’une intervention chirurgicale délicate.
A. DESCRIPTION DU PHÉNOMÈNE DE L’AUTOHYPNOSE
Cette opération est programmée le 18 juin 2024. Un an auparavant j’avais utilisé l’autohypnose pour l’opération de mon hallux valgus, afin de gérer la douleur du garrot mis à la racine de la cuisse pour empêcher l’hémorragie. Anesthésie loco-régionale, excellent chirurgien, bienveillante anesthésiste, support de la musique de Chopin le Nocturne n° 20 si émouvant où j’étais spectatrice, l’opération fut une réussite, me permettant d’aller danser au mariage de ma fille bien aimée... qui fut aussi un feu d’artifice sublime... Le choix de l’anesthésie loco-régionale était guidé par deux facteurs :
• difficultés importantes d’intubation huit ans auparavant, pour l’opération de l’épaule cette fois à droite, avec réveil difficile et surveillance post-opératoire ;
• de mon côté, effets secondaires de l’anesthésie générale importants : troubles de concentration, fatigue intense et désorientation dans le temps d’une durée de deux mois. En conséquence, je décidais d’utiliser l’autohypnose pour l’épaule gauche.
Là, les conditions techniques étaient différentes de celles de mon pied, à savoir casque figeant la tête, juste un trou pour respirer, champ opératoire me couvrant même le visage. Bien, il me fallait convaincre le jour J le médecin anesthésiste en plaidant ma cause avec quelques aménagements nécessaires : pas de masque ni champ opératoire étouffant mon visage à mettre à distance de moi, demi-assise si possible, OK pour le casque avec les écouteurs sous le casque, et support du son de la musique du grandiose Jean-Sébastien Bach, Adagio BWV 974 à mettre en boucle. J’ai eu la chance d’avoir un anesthésiste à l’écoute et bienveillant, ayant lui-même une certaine connaissance des bienfaits de l’hypnose. Il lui fallait convaincre le reste de l’équipe chirurgicale dont le chirurgien. Ce dernier m’avait opérée huit ans auparavant de l’autre épaule. Là aussi chirurgien bienveillant à l’esprit ouvert, anesthésie loco-régionale et perfusion prête au cas où. Mise en place des alliances avec de sacrées surprises... Première alliance avec le chirurgien : facile d’établir ce lien de confiance totale avec lui, le connaissant auparavant, de plus ses qualités professionnelles et humaines et son humilité ne sont plus à démontrer...
Deuxième alliance avec moi-même : me faire confiance totalement... je me jetais dans l’inconnu quand même... La stratégie la plus solide est justement de faire appel à toutes mes ressources intérieures, à les mobiliser ainsi, retrouver en mon centre (mon hara) ce lieu de sécurité absolu et de m’y mettre dedans.
Premier temps, créer les conditions favorables à l’autohypnose :
• prendre plusieurs inspirations/expirations (cohérence cardiaque 5 inspir./5 expir. de 5 secondes) ;
• s’aligner comme en méditation pour installer ce calme intérieur, toujours centrée sur la respiration ;
• mes yeux se fermèrent doucement, bercée par la musique de Bach, prête à la plongée sous-marine ;
• pour y accéder, il faut se figurer un sablier où le haut représente le conscient, et le bas l’inconscient ;
• toujours se concentrer sur ce souffle, on traverse un goulot où on accède à l’immense réservoir de l’inconscient. Ce dernier grandit de plus en plus tandis que l’espace du conscient s’amenuise d’autant : la dissociation a lieu.
Cependant, il est indispensable de garder une petite zone de conscient afin de pouvoir se réassocier au retour ou en cas de danger imminent. Comme le Petit Poucet, il faut prévoir ses arrières.
Deuxième temps, construire son lieu de sécurité absolu. Pièce maîtresse de l’édifice, pourtant si simple à construire :
• moi au centre, sous la forme de la petite fille de 5 ans à la robe blanche avec ses longues nattes et aux pieds nus qui a vraiment existé ;
• j’y ai mis mon baobab, majestueux, s’élevant dans le ciel et aux racines si solides, de mon Afrique lointaine ;
• j’y ai mis mon petit singe ouistiti « Boubou » que j’ai apprivoisé, malin, chapardeur ; - et bien d’autres choses... qui m’ont nourrie et gardée en « VIE » malgré tous les aléas...
Troisième temps, édifier une bulle de protection solide autour : Mon inconscient me montre un filet aux mailles serrées et fines en or. Je l’adopte, me procurant à la fois agilité et solidité, comme en art martial pour adapter sa défense. Puis je descends dans mon sous-marin, prête à assister en tant que spectatrice au concert de Bach, mais surprise inattendue... j’étais actrice ! Troisième alliance avec Bach En effet, Bach m’apparaît en vieux monsieur à lunettes dans une gare près d’une locomotive noire fumant le charbon, aux quatre premières notes répétitives du do (d’en haut), impératif, me tend sa main gauche et me dit : « dépêche-toi, vite, la locomotive part », et moi instantanément je redeviens la petite fille de 5 ans à la robe blanche qui attrape sa main à la volée avec ma main droite... Dans cet immense espace de l’inconscient, je me rends compte que l’espace-temps n’existe plus : Bach est d’un autre siècle et moi je me retrouve soixante-cinq ans en arrière et pourtant nous sommes en lien...
J’ai choisi Bach et précisément cet adagio pour m’accompagner : musique simple, régulière, de structure binaire, pragmatique. La sensation qu’il vous tient par la main pour monter les marches une à une avec une telle facilité, toujours plus haut avec des phases d’horizontalité à chaque palier. Je ne peux m’empêcher de faire le parallélisme avec la danse du corps, de type binaire aussi, des derviches tourneurs, ordre fondé par le grand philosophe soufi arabo-persan Rûmî : il exprimait son amour de Dieu au travers du corps, alors que Bach l’exprime par le son. Après, nous voilà dans une immense salle de style Versailles, parquet en bois, plafond haut avec des lustres, dorures... Moi je devenais une belle jeune fille habillée en soie bleue, dansant aux sons de la musique et devenant les sons... Puis un escalier à gauche en simple ciment, Bach me reprend la main et nous arrivâmes dans une salle du même style. Là, j’entendais pour la première fois avec stupeur les sons intérieurs : le la, si, mi, etc. avaient chacun un espace, un volume précis, et surtout contenaient une force bien précise allant de l’intérieur vers l’extérieur (le son extérieur n’étant qu’un écho du son intérieur). Pour le la, par exemple, on aurait dit un volcan qui explose avec une puissance bien calibrée...
J’entendais enfin les sons intérieurs, moi qui peinais à entendre les sons extérieurs. Je compris après analyse pourquoi le grand Beethoven devenu sourd entendait parfaitement les sons intérieurs et a pu écrire ses symphonies sublimes de plusieurs heures. Quant à moi, j’ai décodé environ 4 minutes. Je compris également pourquoi le langage de la musique est dit universel : la force contenue dans un son précis, sa place dans l’espace lui est propre.
Toute personne quelle que soit sa langue maternelle ou sa culture est capable de le percevoir, d’où les mêmes états d’émotions nous traversant et l’intérêt de la musicothérapie en tant que soin. À nouveau un escalier en ciment tournant à gauche aboutit à une troisième salle : il y avait là un livre immense avec les lignes du solfège et les notes de musique de l’Adagio ! Je redevins si petite et entra à pieds joints dans les notes, devenant tour à tour un do, un la, un si, etc. Pour passer d’une phrase à l’autre, je devenais un petit singe, accrochée aux branches des notes...
Certaines phrases étaient si belles, je devenais un aigle majestueux, planant au-dessus de l’océan au regard perçant... ou l’enfant allongée sur une branche me prélassant comme les chats... ou bondissant d’une note à l’autre sur la rivière, ou l’enfant agile grimpant dans les manguiers pour cueillir les mangues et les jeter au sol à ma bande de copains (elles avaient un goût unique les mangues de mon Afrique...), ou jouant à se laisser glisser à plat ventre sur les notes de Bach en poussant des cris de joie en dévalant la pente du garage quand il pleuvait... Ah, Bach ! mon enfant intérieur s’est rempli de joie et de liberté et vous remercie ! Puis nous arrivâmes au quatrième niveau : ici, il n’y avait aucune salle. Nous nous tenions côte à côte, à la lisière d’un espace : devant nous une immensité sans limite de neige d’une blancheur si éclatante, majestueuse, pure, nous laissant sans voix, si silencieuse, où il ne faisait pas froid. En s’imprégnant devant ce qui est, derrière ce silence, il y avait des petits sons semblables à des « crépitements » un peu partout qui sortaient : la VIE prête à éclore sous diverses formes par tous les pores de la neige... Tant de douceur, de tendresse, de lumière émanaient de cet espace où le temps était suspendu... nous étions traversés par ce qui s’exprimait devant nous avec cette blancheur immaculée... Subitement, je me rendais compte que Bach et moi étions UN devant tant de grâce... nous avons dépassé la dualité ! Bach a voulu s’avancer dans cette neige en m’entraînant avec lui, mais comme quelque chose l’en empêchait, une sensation d’une présence supérieure lui intimant l’ordre de s’en aller.
Bach attristé reconnut notre finitude d’humain : c’est très bien exprimé dans ses quatre dernières notes si tristes... Nous rebroussâmes chemin par les escaliers sans passer par les salles. Cet Adagio est mis en boucle avec le même schéma répétitif. Ce vécu spirituel est un cadeau inestimable que m’a donné Bach à partager avec lui concernant sa ferveur envers Dieu. Effectivement, au-delà de nos différences religieuses (chemins ou vêtements différents), le but est le même : l’UN et on avait touché du doigt l’essentiel... Rûmî l’avait nommé Houa (« Lui » en arabe). Avant de partir, je me suis appropriée un bout de cette neige blanche sous forme d’une petite bougie mise sur ma tête. Ça lui arrive de vaciller devant tant de noirceurs visibles dans ce monde d’ici-bas actuel (!), le matin je souffle dessus avec toutes mes forces pour la re-allumer... Ceci est mon vécu, ma vérité exprimée. Je ne prétends pas que ce soit la vérité. Cependant deux écueils sont survenus durant l’opération, ayant failli compromettre le bon déroulé hypnotique : • Le premier : l’infirmière anesthésiste avait mis sa propre musique dans la salle d’opération d’à côté à haute voix genre « techno ». Cette musique interférait avec la mienne, d’autant plus que je la percevais comme une coquille « vide » d’énergie de l’intérieur. Etant dans un état de transe profonde, je ne pouvais lui dire de couper le son.
Seule solution, la circonscrire par mon esprit dans un coin à droite dans l’espace en l’enfermant dans une bulle bien étanche et sa présence fut négligeable.
• Le deuxième : le rôle de mon chirurgien préféré ! J’étais à deux espace-temps différents : dans l’inconscient (mon concert Bach) et très partiellement dans le conscient (le chirurgien). Je lui avais confié mon épaule en le priant de bien la réparer puis de me la restituer. Aussi j’avais un oeil et une oreille sur lui :
• j’ai senti quatre traits d’incision précis ; • comme un tube de 1 centimètre de diamètre et 3 centimètres de long (?) qui rentrait dans mon épaule du bas vers le haut ;
• puis un liquide versé en quantité (de l’eau pour laver et hydrater les tissus ?) ;
• puis un mouvement d’une grande force comme pour remonter les morceaux de muscles du bas vers le haut (il cherchait à les réunifier vers le haut pour les accrocher sous l’acromion) ;
• puis sensation d’une abrasion horizontale hyper douloureuse ! Ah là, la louve tapie au fond de moi s’est manifestée pour défendre son territoire avec des grognements intenses : « mumm, mumm... », montrant ses dents, prête à en découdre avec l’ennemi ! Je suis sortie de mon état entre deux eaux.
En effet, ma bulle de protection en mailles fines que je pensais robuste ne protégeait plus mon lieu de sécurité. Heureusement le chirurgien comprit mon message et s’arrêta, l’infirmière anesthésiste me dit : « que fait-on, on vous endort ? » Là, je regardai en moi pour faire l’état des lieux et vis qu’en fait il s’agissait juste d’abrasions superficielles de plusieurs mailles de mon tissu, aucune perforation. Je répondis : « je gère »... je replongeai dans mon état profond et avec mes mains virtuelles fit la réparation illico. Heureusement, ce chirurgien très à l’écoute comprit et reprit le travail qu’il avait à faire, mais doucement... et tout se termina parfaitement. J’ai su plus tard qu’il abrasait l’acromion pour laisser de la place aux muscles pour s’y loger : il a utilisé une fraise tournant à 8 000 tours/minutes ! Non, mais ! C’est sûr que je n’ai pas du tout aimé...
• perception également qu’il raccommodait des faisceaux pour les solidariser avec une aiguille courbe, et ce avec minutie et régularité, digne de la haute couture...
• puis perception d’entendre le bruit d’un marteau... pour enfoncer un clou (?) : quatre à cinq coups concis et à la bonne profondeur, alors que je ne percevais pas l’introduction du présumé clou... Ah, il sait ce qu’il fait...
• enfin, je perçus qu’on enlevait le champ opératoire, mettait la lumière sur moi, et j’ai entendu le chirurgien me dire « c’est terminé ». Je n’ai pas bougé de suite car j’avais encore quelques minutes de mon merveilleux concert à terminer. Je me suis réassociée facilement, ayant mémorisé le chemin du retour. Quelques inspirations/expirations, me voilà dans l’ici et maintenant et je dis au chirurgien « déjà ? », et lui de répondre : « ça fait 1 h 15 et vous êtes bien courageuse, Madame Cadra ! ».
Oui, il s’agit de courage, mais il n’est ni physique, ni mental. C’est le courage de lâcher prise et d’accepter d’aller plonger en profondeur dans cet immense réservoir inconnu (l’inconscient) où il n’y a aucun repère tangible auquel s’accrocher, sinon de faire confiance (alliance) avec cette sagesse universelle : appelons-la ainsi, comme la grande thérapeute Teresa Robles, pour ne froisser personne (croyants en Dieu, athées, agnostiques, polythéistes, les ni-ni) et s’éviter de griller sur un bûcher... C’est la clé magique qu’apporte l’hypnose grâce au génie d’Erickson. Pour avoir le coeur net, je demandai au chirurgien s’il avait bien utilisé un marteau pour planter un clou ? « Oui, comme tout chirurgien, je ne peux m’empêcher d’utiliser mon marteau... » c’était donc vrai... et il a en plus de l’humour, l’ami ! J’en profite pour remercier vivement ce chirurgien, cet anesthésiste et toute l’équipe autour. Quant aux suites opératoires : excellentes.
Pour lire la suite...
Dr Nelly Cadra Pédiatre à Vannes, allergologue, homéopathe et ostéopathe. Formée à la pratique de l’hypnose à la faculté de Brest, à l’ARePTA à Nantes, ainsi qu’à Emergences à Rennes.
Commandez la Revue Hypnose et Thérapies Brèves 78 N°78 : Août / Sept. / Oct. 2025
Regards sur l'Hypnose
Julien Betbèze, rédacteur en chef, nous présente ce n°78…
8 / Éditorial : « La transe hypnotique est avant tout une expérience poétique » Julien Betbèze
10 / En couverture : Florence Cadène Magnétisme animal Sophie Cohen
12 / Internalisation d’un lien sécurisant Théo, 10 ans et « son » anxiété d’endormissement Arnaud Zeman
24 / Le témoin intérieur et la honte Tout le monde est mieux que moi Géraldine Garon et Solen Montanari
36 / Sortir de l’adoration du produit Dissiper les ruminations du veau d’or : les clés du traitement des addictions David Vergriete et Alexandrine Halliez
ESPACE DOULEUR DOUCEUR
46 / Introduction Gérard Ostermann
50 / Cris et hypnose Répondre aux cris des personnes âgées grâce à l’hypnose Hélène Pousset Abbouchi
58 / Autohypnose pour mon épaule gauche (rupture de la coiffe des rotateurs) et le couple hypnose/fascia Nelly Cadra
73 / DOSSIER REGARDS SUR L’HYPNOSE
74 / Voyage IRM au coeur de l’expérience hypnotique. Exploration de la portée clinique de l’hypnose Jean-Philippe Cottier et Valentin Lefèvre
84 / L’hypnose et le dormeur éveillé Entre songe et pensée Alexandru Cupaciu
88 / Hypnose de spectacle : bénéfices ou dangers pour le sujet Stéphane Radoykov
94 / Une rencontre Être avec... Roxane Yvernay
RUBRIQUES
- QUIPROQUO
102 / Rencontre S. Colombo, Muhuc BONJOUR ET APRÈS...
106 / Marie, ou l’accompagnement d’une patiente lors d’un traitement de cancer Sophie Cohen
- LES CHAMPS DU POSSIBLE
110 / Ce que le corps ne dit pas, mais que l’hypnose écoute : croire pour transformer Adrian Chaboche CULTURE MONDE
114 / L’appel de l’âme Venir au monde dans le village Hmong de Cacao Alice Mancinelli
LIVRES EN BOUCHE
120 / J. Betbèze, S. Cohen
125 / ESPACE FORMATIONS
Illustrations: Florence CADÈNE
A. DESCRIPTION DU PHÉNOMÈNE DE L’AUTOHYPNOSE
Cette opération est programmée le 18 juin 2024. Un an auparavant j’avais utilisé l’autohypnose pour l’opération de mon hallux valgus, afin de gérer la douleur du garrot mis à la racine de la cuisse pour empêcher l’hémorragie. Anesthésie loco-régionale, excellent chirurgien, bienveillante anesthésiste, support de la musique de Chopin le Nocturne n° 20 si émouvant où j’étais spectatrice, l’opération fut une réussite, me permettant d’aller danser au mariage de ma fille bien aimée... qui fut aussi un feu d’artifice sublime... Le choix de l’anesthésie loco-régionale était guidé par deux facteurs :
• difficultés importantes d’intubation huit ans auparavant, pour l’opération de l’épaule cette fois à droite, avec réveil difficile et surveillance post-opératoire ;
• de mon côté, effets secondaires de l’anesthésie générale importants : troubles de concentration, fatigue intense et désorientation dans le temps d’une durée de deux mois. En conséquence, je décidais d’utiliser l’autohypnose pour l’épaule gauche.
Là, les conditions techniques étaient différentes de celles de mon pied, à savoir casque figeant la tête, juste un trou pour respirer, champ opératoire me couvrant même le visage. Bien, il me fallait convaincre le jour J le médecin anesthésiste en plaidant ma cause avec quelques aménagements nécessaires : pas de masque ni champ opératoire étouffant mon visage à mettre à distance de moi, demi-assise si possible, OK pour le casque avec les écouteurs sous le casque, et support du son de la musique du grandiose Jean-Sébastien Bach, Adagio BWV 974 à mettre en boucle. J’ai eu la chance d’avoir un anesthésiste à l’écoute et bienveillant, ayant lui-même une certaine connaissance des bienfaits de l’hypnose. Il lui fallait convaincre le reste de l’équipe chirurgicale dont le chirurgien. Ce dernier m’avait opérée huit ans auparavant de l’autre épaule. Là aussi chirurgien bienveillant à l’esprit ouvert, anesthésie loco-régionale et perfusion prête au cas où. Mise en place des alliances avec de sacrées surprises... Première alliance avec le chirurgien : facile d’établir ce lien de confiance totale avec lui, le connaissant auparavant, de plus ses qualités professionnelles et humaines et son humilité ne sont plus à démontrer...
Deuxième alliance avec moi-même : me faire confiance totalement... je me jetais dans l’inconnu quand même... La stratégie la plus solide est justement de faire appel à toutes mes ressources intérieures, à les mobiliser ainsi, retrouver en mon centre (mon hara) ce lieu de sécurité absolu et de m’y mettre dedans.
Premier temps, créer les conditions favorables à l’autohypnose :
• prendre plusieurs inspirations/expirations (cohérence cardiaque 5 inspir./5 expir. de 5 secondes) ;
• s’aligner comme en méditation pour installer ce calme intérieur, toujours centrée sur la respiration ;
• mes yeux se fermèrent doucement, bercée par la musique de Bach, prête à la plongée sous-marine ;
• pour y accéder, il faut se figurer un sablier où le haut représente le conscient, et le bas l’inconscient ;
• toujours se concentrer sur ce souffle, on traverse un goulot où on accède à l’immense réservoir de l’inconscient. Ce dernier grandit de plus en plus tandis que l’espace du conscient s’amenuise d’autant : la dissociation a lieu.
Cependant, il est indispensable de garder une petite zone de conscient afin de pouvoir se réassocier au retour ou en cas de danger imminent. Comme le Petit Poucet, il faut prévoir ses arrières.
Deuxième temps, construire son lieu de sécurité absolu. Pièce maîtresse de l’édifice, pourtant si simple à construire :
• moi au centre, sous la forme de la petite fille de 5 ans à la robe blanche avec ses longues nattes et aux pieds nus qui a vraiment existé ;
• j’y ai mis mon baobab, majestueux, s’élevant dans le ciel et aux racines si solides, de mon Afrique lointaine ;
• j’y ai mis mon petit singe ouistiti « Boubou » que j’ai apprivoisé, malin, chapardeur ; - et bien d’autres choses... qui m’ont nourrie et gardée en « VIE » malgré tous les aléas...
Troisième temps, édifier une bulle de protection solide autour : Mon inconscient me montre un filet aux mailles serrées et fines en or. Je l’adopte, me procurant à la fois agilité et solidité, comme en art martial pour adapter sa défense. Puis je descends dans mon sous-marin, prête à assister en tant que spectatrice au concert de Bach, mais surprise inattendue... j’étais actrice ! Troisième alliance avec Bach En effet, Bach m’apparaît en vieux monsieur à lunettes dans une gare près d’une locomotive noire fumant le charbon, aux quatre premières notes répétitives du do (d’en haut), impératif, me tend sa main gauche et me dit : « dépêche-toi, vite, la locomotive part », et moi instantanément je redeviens la petite fille de 5 ans à la robe blanche qui attrape sa main à la volée avec ma main droite... Dans cet immense espace de l’inconscient, je me rends compte que l’espace-temps n’existe plus : Bach est d’un autre siècle et moi je me retrouve soixante-cinq ans en arrière et pourtant nous sommes en lien...
J’ai choisi Bach et précisément cet adagio pour m’accompagner : musique simple, régulière, de structure binaire, pragmatique. La sensation qu’il vous tient par la main pour monter les marches une à une avec une telle facilité, toujours plus haut avec des phases d’horizontalité à chaque palier. Je ne peux m’empêcher de faire le parallélisme avec la danse du corps, de type binaire aussi, des derviches tourneurs, ordre fondé par le grand philosophe soufi arabo-persan Rûmî : il exprimait son amour de Dieu au travers du corps, alors que Bach l’exprime par le son. Après, nous voilà dans une immense salle de style Versailles, parquet en bois, plafond haut avec des lustres, dorures... Moi je devenais une belle jeune fille habillée en soie bleue, dansant aux sons de la musique et devenant les sons... Puis un escalier à gauche en simple ciment, Bach me reprend la main et nous arrivâmes dans une salle du même style. Là, j’entendais pour la première fois avec stupeur les sons intérieurs : le la, si, mi, etc. avaient chacun un espace, un volume précis, et surtout contenaient une force bien précise allant de l’intérieur vers l’extérieur (le son extérieur n’étant qu’un écho du son intérieur). Pour le la, par exemple, on aurait dit un volcan qui explose avec une puissance bien calibrée...
J’entendais enfin les sons intérieurs, moi qui peinais à entendre les sons extérieurs. Je compris après analyse pourquoi le grand Beethoven devenu sourd entendait parfaitement les sons intérieurs et a pu écrire ses symphonies sublimes de plusieurs heures. Quant à moi, j’ai décodé environ 4 minutes. Je compris également pourquoi le langage de la musique est dit universel : la force contenue dans un son précis, sa place dans l’espace lui est propre.
Toute personne quelle que soit sa langue maternelle ou sa culture est capable de le percevoir, d’où les mêmes états d’émotions nous traversant et l’intérêt de la musicothérapie en tant que soin. À nouveau un escalier en ciment tournant à gauche aboutit à une troisième salle : il y avait là un livre immense avec les lignes du solfège et les notes de musique de l’Adagio ! Je redevins si petite et entra à pieds joints dans les notes, devenant tour à tour un do, un la, un si, etc. Pour passer d’une phrase à l’autre, je devenais un petit singe, accrochée aux branches des notes...
Certaines phrases étaient si belles, je devenais un aigle majestueux, planant au-dessus de l’océan au regard perçant... ou l’enfant allongée sur une branche me prélassant comme les chats... ou bondissant d’une note à l’autre sur la rivière, ou l’enfant agile grimpant dans les manguiers pour cueillir les mangues et les jeter au sol à ma bande de copains (elles avaient un goût unique les mangues de mon Afrique...), ou jouant à se laisser glisser à plat ventre sur les notes de Bach en poussant des cris de joie en dévalant la pente du garage quand il pleuvait... Ah, Bach ! mon enfant intérieur s’est rempli de joie et de liberté et vous remercie ! Puis nous arrivâmes au quatrième niveau : ici, il n’y avait aucune salle. Nous nous tenions côte à côte, à la lisière d’un espace : devant nous une immensité sans limite de neige d’une blancheur si éclatante, majestueuse, pure, nous laissant sans voix, si silencieuse, où il ne faisait pas froid. En s’imprégnant devant ce qui est, derrière ce silence, il y avait des petits sons semblables à des « crépitements » un peu partout qui sortaient : la VIE prête à éclore sous diverses formes par tous les pores de la neige... Tant de douceur, de tendresse, de lumière émanaient de cet espace où le temps était suspendu... nous étions traversés par ce qui s’exprimait devant nous avec cette blancheur immaculée... Subitement, je me rendais compte que Bach et moi étions UN devant tant de grâce... nous avons dépassé la dualité ! Bach a voulu s’avancer dans cette neige en m’entraînant avec lui, mais comme quelque chose l’en empêchait, une sensation d’une présence supérieure lui intimant l’ordre de s’en aller.
Bach attristé reconnut notre finitude d’humain : c’est très bien exprimé dans ses quatre dernières notes si tristes... Nous rebroussâmes chemin par les escaliers sans passer par les salles. Cet Adagio est mis en boucle avec le même schéma répétitif. Ce vécu spirituel est un cadeau inestimable que m’a donné Bach à partager avec lui concernant sa ferveur envers Dieu. Effectivement, au-delà de nos différences religieuses (chemins ou vêtements différents), le but est le même : l’UN et on avait touché du doigt l’essentiel... Rûmî l’avait nommé Houa (« Lui » en arabe). Avant de partir, je me suis appropriée un bout de cette neige blanche sous forme d’une petite bougie mise sur ma tête. Ça lui arrive de vaciller devant tant de noirceurs visibles dans ce monde d’ici-bas actuel (!), le matin je souffle dessus avec toutes mes forces pour la re-allumer... Ceci est mon vécu, ma vérité exprimée. Je ne prétends pas que ce soit la vérité. Cependant deux écueils sont survenus durant l’opération, ayant failli compromettre le bon déroulé hypnotique : • Le premier : l’infirmière anesthésiste avait mis sa propre musique dans la salle d’opération d’à côté à haute voix genre « techno ». Cette musique interférait avec la mienne, d’autant plus que je la percevais comme une coquille « vide » d’énergie de l’intérieur. Etant dans un état de transe profonde, je ne pouvais lui dire de couper le son.
Seule solution, la circonscrire par mon esprit dans un coin à droite dans l’espace en l’enfermant dans une bulle bien étanche et sa présence fut négligeable.
• Le deuxième : le rôle de mon chirurgien préféré ! J’étais à deux espace-temps différents : dans l’inconscient (mon concert Bach) et très partiellement dans le conscient (le chirurgien). Je lui avais confié mon épaule en le priant de bien la réparer puis de me la restituer. Aussi j’avais un oeil et une oreille sur lui :
• j’ai senti quatre traits d’incision précis ; • comme un tube de 1 centimètre de diamètre et 3 centimètres de long (?) qui rentrait dans mon épaule du bas vers le haut ;
• puis un liquide versé en quantité (de l’eau pour laver et hydrater les tissus ?) ;
• puis un mouvement d’une grande force comme pour remonter les morceaux de muscles du bas vers le haut (il cherchait à les réunifier vers le haut pour les accrocher sous l’acromion) ;
• puis sensation d’une abrasion horizontale hyper douloureuse ! Ah là, la louve tapie au fond de moi s’est manifestée pour défendre son territoire avec des grognements intenses : « mumm, mumm... », montrant ses dents, prête à en découdre avec l’ennemi ! Je suis sortie de mon état entre deux eaux.
En effet, ma bulle de protection en mailles fines que je pensais robuste ne protégeait plus mon lieu de sécurité. Heureusement le chirurgien comprit mon message et s’arrêta, l’infirmière anesthésiste me dit : « que fait-on, on vous endort ? » Là, je regardai en moi pour faire l’état des lieux et vis qu’en fait il s’agissait juste d’abrasions superficielles de plusieurs mailles de mon tissu, aucune perforation. Je répondis : « je gère »... je replongeai dans mon état profond et avec mes mains virtuelles fit la réparation illico. Heureusement, ce chirurgien très à l’écoute comprit et reprit le travail qu’il avait à faire, mais doucement... et tout se termina parfaitement. J’ai su plus tard qu’il abrasait l’acromion pour laisser de la place aux muscles pour s’y loger : il a utilisé une fraise tournant à 8 000 tours/minutes ! Non, mais ! C’est sûr que je n’ai pas du tout aimé...
• perception également qu’il raccommodait des faisceaux pour les solidariser avec une aiguille courbe, et ce avec minutie et régularité, digne de la haute couture...
• puis perception d’entendre le bruit d’un marteau... pour enfoncer un clou (?) : quatre à cinq coups concis et à la bonne profondeur, alors que je ne percevais pas l’introduction du présumé clou... Ah, il sait ce qu’il fait...
• enfin, je perçus qu’on enlevait le champ opératoire, mettait la lumière sur moi, et j’ai entendu le chirurgien me dire « c’est terminé ». Je n’ai pas bougé de suite car j’avais encore quelques minutes de mon merveilleux concert à terminer. Je me suis réassociée facilement, ayant mémorisé le chemin du retour. Quelques inspirations/expirations, me voilà dans l’ici et maintenant et je dis au chirurgien « déjà ? », et lui de répondre : « ça fait 1 h 15 et vous êtes bien courageuse, Madame Cadra ! ».
Oui, il s’agit de courage, mais il n’est ni physique, ni mental. C’est le courage de lâcher prise et d’accepter d’aller plonger en profondeur dans cet immense réservoir inconnu (l’inconscient) où il n’y a aucun repère tangible auquel s’accrocher, sinon de faire confiance (alliance) avec cette sagesse universelle : appelons-la ainsi, comme la grande thérapeute Teresa Robles, pour ne froisser personne (croyants en Dieu, athées, agnostiques, polythéistes, les ni-ni) et s’éviter de griller sur un bûcher... C’est la clé magique qu’apporte l’hypnose grâce au génie d’Erickson. Pour avoir le coeur net, je demandai au chirurgien s’il avait bien utilisé un marteau pour planter un clou ? « Oui, comme tout chirurgien, je ne peux m’empêcher d’utiliser mon marteau... » c’était donc vrai... et il a en plus de l’humour, l’ami ! J’en profite pour remercier vivement ce chirurgien, cet anesthésiste et toute l’équipe autour. Quant aux suites opératoires : excellentes.
Pour lire la suite...
Dr Nelly Cadra Pédiatre à Vannes, allergologue, homéopathe et ostéopathe. Formée à la pratique de l’hypnose à la faculté de Brest, à l’ARePTA à Nantes, ainsi qu’à Emergences à Rennes.
Commandez la Revue Hypnose et Thérapies Brèves 78 N°78 : Août / Sept. / Oct. 2025
Regards sur l'Hypnose
Julien Betbèze, rédacteur en chef, nous présente ce n°78…
8 / Éditorial : « La transe hypnotique est avant tout une expérience poétique » Julien Betbèze
10 / En couverture : Florence Cadène Magnétisme animal Sophie Cohen
12 / Internalisation d’un lien sécurisant Théo, 10 ans et « son » anxiété d’endormissement Arnaud Zeman
24 / Le témoin intérieur et la honte Tout le monde est mieux que moi Géraldine Garon et Solen Montanari
36 / Sortir de l’adoration du produit Dissiper les ruminations du veau d’or : les clés du traitement des addictions David Vergriete et Alexandrine Halliez
ESPACE DOULEUR DOUCEUR
46 / Introduction Gérard Ostermann
50 / Cris et hypnose Répondre aux cris des personnes âgées grâce à l’hypnose Hélène Pousset Abbouchi
58 / Autohypnose pour mon épaule gauche (rupture de la coiffe des rotateurs) et le couple hypnose/fascia Nelly Cadra
73 / DOSSIER REGARDS SUR L’HYPNOSE
74 / Voyage IRM au coeur de l’expérience hypnotique. Exploration de la portée clinique de l’hypnose Jean-Philippe Cottier et Valentin Lefèvre
84 / L’hypnose et le dormeur éveillé Entre songe et pensée Alexandru Cupaciu
88 / Hypnose de spectacle : bénéfices ou dangers pour le sujet Stéphane Radoykov
94 / Une rencontre Être avec... Roxane Yvernay
RUBRIQUES
- QUIPROQUO
102 / Rencontre S. Colombo, Muhuc BONJOUR ET APRÈS...
106 / Marie, ou l’accompagnement d’une patiente lors d’un traitement de cancer Sophie Cohen
- LES CHAMPS DU POSSIBLE
110 / Ce que le corps ne dit pas, mais que l’hypnose écoute : croire pour transformer Adrian Chaboche CULTURE MONDE
114 / L’appel de l’âme Venir au monde dans le village Hmong de Cacao Alice Mancinelli
LIVRES EN BOUCHE
120 / J. Betbèze, S. Cohen
125 / ESPACE FORMATIONS
Illustrations: Florence CADÈNE
Catégories: Hypnose Ericksonienne Thérapie Brève
L'hypnose et le dormeur éveillé. Revue Hypnose & Thérapies Brèves 78.
ENTRE SONGE ET PENSÉE.
Vous êtes plutôt « dormeurs éveillés » ou « rêveurs lucides » ? Les deux à la fois ? Avec pour guide et éclaireur l’écrivain et philosophe Gaston Bachelard, l’auteur nous entraîne aux frontières de la veille et du sommeil, du réel et de l’imaginaire, quand la transe hypnotique se fait oeuvre poétique.
« L’homme est un être qui non seulement pense, mais qui d’abord imagine », dit Gaston Bachelard dans Le dormeur éveillé. Suivons- le sur ce chemin qui nous amènera vers les terres de l’hypnose et de la poésie. « Trop souvent, l’imagination a été considérée comme une puissance secondaire, une occasion de dérèglement, un moyen d’évasion. On n’en fait pas assez nettement ce qu’elle est : la fonction dynamique majeure du psychisme humain. » Et plus loin : « Toute à sa fonction dominante de concentrer les lumières sur ce sommet de l’être qu’est la pensée, la philosophie oublie souvent qu’avant la pensée il y a le songe, qu’avant les idées claires et stables, il y a les images qui brillent et qui passent. Pris dans son intégralité, l’homme est un être qui non seulement pense, mais qui d’abord imagine. Un être qui, éveillé, est assailli par un monde d’images précises, et qui, endormi, rêve dans une pénombre où se meuvent des formes inachevées, des formes qui se déplacent sans lois, des formes qui se déforment sans fin.
Pour une détermination complète de l’être humain, il faut donc faire le total d’un être nocturne et d’un être diurne. Il faut essayer de trouver les dynamismes qui vont d’un pôle à l’autre, entre songe et pensée » (1). En d’autres mots, la nuit et le jour, le songe et la pensée, la science et la poésie, dans l’âme humaine, ne sont pas des éléments qui s’opposent absolument. Bien au contraire. Bachelard voit dans cette oscillation entre veille et sommeil une forme de richesse créative, un accès à une réalité qui dépasse le rationnel, et un moyen pour explorer des couches profondes de l’être et de la perception. « Nous savons tous que, dans les heures les plus claires de notre vie diurne, il suffit d’un peu de solitude pour que nous tombions dans une rêverie qui rejoint les songes de la nuit.
Oui, nous connaissons tous cette zone moyenne, où les songes nourrissent nos pensées, où nos pensées éclairent nos songes. En nous, le caractère nocturne et le caractère diurne s’unissent, se mêlent, s’animent réciproquement. Aux heures de grande solitude, quand la rêverie nous rend notre être total, nous sommes des dormeurs éveillés, des rêveurs lucides. Nous vivons un instant, comme si la dimension humaine s’était agrandie en nous. » C’est à nous, cliniciens et théoriciens, de mettre en relation : l’hypnose, rêverie d’une conscience éveillée, est précisément l’épreuve de cette zone moyenne où les songes nourrissent les pensées, où les pensées éclairent les songes. Un sujet hypnotisé, en se plaçant sur la frontière devenue perméable qui sépare la vie nocturne de la vie diurne, le sommeil de l’éveil, l’inconscient de la conscience, réalise la synthèse de la réflexion et de l’imagination, et devient un dormeur éveillé, un rêveur lucide qui fait l’expérience de l’humanité qui s’agrandit en lui. Et non, la rêverie hypnotique n’est pas un abandon, ou un outil pour fuir la réalité, ce n’est pas non plus une rêverie passive, léthargie ou somnolence. « Car rien ne naît dans la torpeur... » La rêverie hypnotique est active, elle prépare des forces et des pensées.
Regardons Robert Desnos et ses amis surréalistes qui écrivaient et dessinaient sous hypnose. Ils dorment pour y voir clair....
Pour lire la suite...
Dr Alexandru Cupaciu Médecin réanimateur dans le Centre de traitement des grands brûlés à l’hôpital Saint-Louis à Paris, hypnothérapeute et photographe
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ESPACE DOULEUR DOUCEUR
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50 / Cris et hypnose Répondre aux cris des personnes âgées grâce à l’hypnose Hélène Pousset Abbouchi
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74 / Voyage IRM au coeur de l’expérience hypnotique. Exploration de la portée clinique de l’hypnose Jean-Philippe Cottier et Valentin Lefèvre
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Vous êtes plutôt « dormeurs éveillés » ou « rêveurs lucides » ? Les deux à la fois ? Avec pour guide et éclaireur l’écrivain et philosophe Gaston Bachelard, l’auteur nous entraîne aux frontières de la veille et du sommeil, du réel et de l’imaginaire, quand la transe hypnotique se fait oeuvre poétique.
« L’homme est un être qui non seulement pense, mais qui d’abord imagine », dit Gaston Bachelard dans Le dormeur éveillé. Suivons- le sur ce chemin qui nous amènera vers les terres de l’hypnose et de la poésie. « Trop souvent, l’imagination a été considérée comme une puissance secondaire, une occasion de dérèglement, un moyen d’évasion. On n’en fait pas assez nettement ce qu’elle est : la fonction dynamique majeure du psychisme humain. » Et plus loin : « Toute à sa fonction dominante de concentrer les lumières sur ce sommet de l’être qu’est la pensée, la philosophie oublie souvent qu’avant la pensée il y a le songe, qu’avant les idées claires et stables, il y a les images qui brillent et qui passent. Pris dans son intégralité, l’homme est un être qui non seulement pense, mais qui d’abord imagine. Un être qui, éveillé, est assailli par un monde d’images précises, et qui, endormi, rêve dans une pénombre où se meuvent des formes inachevées, des formes qui se déplacent sans lois, des formes qui se déforment sans fin.
Pour une détermination complète de l’être humain, il faut donc faire le total d’un être nocturne et d’un être diurne. Il faut essayer de trouver les dynamismes qui vont d’un pôle à l’autre, entre songe et pensée » (1). En d’autres mots, la nuit et le jour, le songe et la pensée, la science et la poésie, dans l’âme humaine, ne sont pas des éléments qui s’opposent absolument. Bien au contraire. Bachelard voit dans cette oscillation entre veille et sommeil une forme de richesse créative, un accès à une réalité qui dépasse le rationnel, et un moyen pour explorer des couches profondes de l’être et de la perception. « Nous savons tous que, dans les heures les plus claires de notre vie diurne, il suffit d’un peu de solitude pour que nous tombions dans une rêverie qui rejoint les songes de la nuit.
Oui, nous connaissons tous cette zone moyenne, où les songes nourrissent nos pensées, où nos pensées éclairent nos songes. En nous, le caractère nocturne et le caractère diurne s’unissent, se mêlent, s’animent réciproquement. Aux heures de grande solitude, quand la rêverie nous rend notre être total, nous sommes des dormeurs éveillés, des rêveurs lucides. Nous vivons un instant, comme si la dimension humaine s’était agrandie en nous. » C’est à nous, cliniciens et théoriciens, de mettre en relation : l’hypnose, rêverie d’une conscience éveillée, est précisément l’épreuve de cette zone moyenne où les songes nourrissent les pensées, où les pensées éclairent les songes. Un sujet hypnotisé, en se plaçant sur la frontière devenue perméable qui sépare la vie nocturne de la vie diurne, le sommeil de l’éveil, l’inconscient de la conscience, réalise la synthèse de la réflexion et de l’imagination, et devient un dormeur éveillé, un rêveur lucide qui fait l’expérience de l’humanité qui s’agrandit en lui. Et non, la rêverie hypnotique n’est pas un abandon, ou un outil pour fuir la réalité, ce n’est pas non plus une rêverie passive, léthargie ou somnolence. « Car rien ne naît dans la torpeur... » La rêverie hypnotique est active, elle prépare des forces et des pensées.
Regardons Robert Desnos et ses amis surréalistes qui écrivaient et dessinaient sous hypnose. Ils dorment pour y voir clair....
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Dr Alexandru Cupaciu Médecin réanimateur dans le Centre de traitement des grands brûlés à l’hôpital Saint-Louis à Paris, hypnothérapeute et photographe
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46 / Introduction Gérard Ostermann
50 / Cris et hypnose Répondre aux cris des personnes âgées grâce à l’hypnose Hélène Pousset Abbouchi
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73 / DOSSIER REGARDS SUR L’HYPNOSE
74 / Voyage IRM au coeur de l’expérience hypnotique. Exploration de la portée clinique de l’hypnose Jean-Philippe Cottier et Valentin Lefèvre
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Illustrations: Florence CADÈNE
Catégories: Hypnose Paris,EMDR,Thérapie Brève Paris
Hypnose de spectacle: bénéfices ou dangers pour le sujet. Revue Hypnose et Thérapies Brèves n°78.
Dr Stéphane RADOYKOV
D’un côté l’hypnose de spectacle, de l’autre l’hypnose thérapeutique. Les hypnotiseurs acteurs de divertissement face aux hypnothérapeutes professionnels de santé. Deux mondes aux démarches bien différentes pour lesquels des études permettent de peser risques et bénéfices, tout en soulevant des questions d’éthique.
L’hypnose de spectacle fascine autant les scientifiques que le public depuis plus de cent ans (1). Cependant, derrière le rideau de l’amusement et du divertissement se cachent des enjeux éthiques et des risques potentiels pour les participants. Une loi belge interdit à juste titre l’hypnose de spectacle (loi du 30 mai 1892) et a amené les autorités à annuler un spectacle en 2017 (2). Dans cet article, nous allons explorer la balance bénéfice/risque de l’hypnose de spectacle, à partir d’une revue PubMed.
Qu’est-ce que l’hypnose de spectacle ?
La définition de l’hypnose est l’association d’une focalisation de l’attention, d’une moindre attention au monde environnant, et d’une capacité plus grande de réponse aux suggestions de l’hypnotiseur. Cette définition est valable aussi bien dans l’intention de soin que de spectacle.
L’hypnose de spectacle est une forme d’hypnose utilisée principalement pour divertir un public. Contrairement à l’hypnose thérapeutique, qui vise à aider les individus à surmonter des problèmes personnels et à soulager la douleur et l’anxiété, l’hypnose de spectacle se concentre sur la performance et le divertissement. Elle implique des démonstrations amusantes et mystérieuses où les participants semblent perdre le contrôle de leurs actions sous l’influence de l’hypnotiseur. Pour les professionnels de santé, à l’inverse, une des règles fondamentales est « primum non nocere », qui signifie, avant toute chose, éviter de faire du mal aux patients. Pour cela, dans la méthode d’hypnose ericksonienne, et durant la formation en hypnose médicale et thérapies brèves, nous posons un cadre éthique très clair pour chaque praticien, qui interdit formellement toute pratique de l’hypnose à visée de divertissement (3).
Bénéfices pour le public qui regarde le spectacle d’hypnose.
Les spectacles d’hypnose sont souvent perçus par les membres du public comme amusants et captivants, offrant une expérience unique aux spectateurs, et leur apportant une réduction d’anxiété (4) (8). En revanche, la même étude n’a retrouvé aucune amélioration de l’état émotionnel des six personnes montées sur scène. Il faudrait donc au minimum un consentement éclairé plus étoffé des participantes et participants qui prêtent leur corps et leur esprit à l’expérience.
Effets secondaires pour les participants à la transe sur scène.
Plusieurs situations ont été décrites, lors desquelles les sujets sur scène de spectacle ont vécu l’état d’hypnose de façon néfaste.
Absence de bénéfices et risques émotionnels.
Lors d’une enquête chez 22 participants à un show d’hypnose, la plupart on trouvé cela positif et agréable. Cinq personnes ont toutefois développé une amnésie dissociative de l’expérience.
De plus, cinq personnes avaient la conviction que l’hypnotiseur avait pris le contrôle de leur corps (8). Une autre enquête auprès de 8 sujets ayant participé à la fois à de l’hypnose de spectacle et à de l’hypnose pour les soins a retrouvé des différences entre les deux pratiques. L’hypnotiseur de spectacle aurait eu un style sensationnel qui veut montrer quelque chose d’extraordinaire, et administré des ordres, alors que les professionnels de santé hypnopraticiens auraient été plutôt posés, calmes et factuels durant la consultation, et faisaient des suggestions (9). Milton Erickson a publié quelques cas observés où, cinq à sept mois après une catalepsie du corps entier sur scène (corps allongé entre deux chaises), les personnes développaient des lombalgies (douleurs du dos) (14).
Les participants sur scène ne retireraient pas de bénéfice émotionnel de l’expérience (4) (à l’inverse du public qui s’amuse et se détend) et peuvent même ressentir des effets négatifs. Des cas de décompensation psychotique, de syndromes anxieux et dépressifs ont été rapportés chez certains participants aux hypnoses de spectacle, soulignant donc ses dangers potentiels. Une participante de 19 ans aurait déclenché un syndrome anxiodépressif une semaine après un spectacle d’hypnose utilisant des techniques rapides (manipulation du cou, régression à un âge jeune et « redevenir un bébé qui pleure pour sa mère »).
Elle a pu obtenir réparation de l’hypnotiseur de spectacle : reconnu coupable de négligence et d’agression, et condamné à une indemnisation (5). Un vétéran âgé de 35 ans sans antécédents psychiatriques a subi la décompensation d’un épisode psychotique aigu le soir même d’un spectacle d’hypnose, un an après sa blessure de guerre (6). Une autre personne a souffert d’une décompensation délirante activée suite à une hypnose de spectacle, et réactivée deux mois plus tard en revoyant l’hypnotiseur de spectacle à la télévision (10). Nous rappelons que les personnes souffrant de psychose sont fragiles et ont besoin de douceur, contenance et réassociation, plutôt que de dissociation, leur esprit étant déjà assez désorganisé par la maladie.
Une personne ayant subi une hypnose rapide, sans prise en compte de son histoire de vie, a réactivé des souvenirs traumatiques de la Seconde Guerre mondiale, quand elle était cachée chez des résistants. L’hypnotiseur lui avait suggéré de retourner à un âge jeune. Elle a déclenché des signes aigus de stress post-traumatique (7).
Relation de manipulation et domination.
Les hypnotiseurs de spectacle peuvent exercer une influence excessive sur les participants, comme une fureur de fasciner à tout prix, ce qui peut être déshumanisant et entraîner des clivages au sein des groupes, ou à l’inverse un mouvement de foule de type fascination inadaptée (admiration). Dans une étude avec 202 sujets, 105 provenant d’un show, 52 venant d’un cours sur l’hypnose, et 48 ayant été refusés à un show car il n’y avait plus de places, et servant de témoins, les auteurs retrouvaient (11) : les personnes ayant eu un cours d’hypnose avaient moins l’impression que la personne en hypnose est un robot versus ceux qui ont été témoins du show qui croyaient davantage que le sujet devient un robot. D’autres auteurs jugent également la balance bénéfice/risque de l’hypnose de spectacle en défaveur pour les sujets hypnotisés (12) (13).
Considérations éthiques.
L’hypnose de spectacle soulève donc des questions éthiques importantes, notamment en ce qui concerne l’utilisation des individus comme objets de divertissement. Des lois de bioéthique existent pour protéger la population française depuis 1994, mais le débat sur le sujet de l’hypnose reste actif. Historiquement, des figures médicales comme Charcot et de La Tourette auraient déjà proposé de restreindre l’hypnose aux professionnels de santé, il y a plus de cent ans, soulignant l’importance de l’éthique dans cette pratique (1) (12). Nous rappelons deux principes en médecine : « Primum non nocere », et le consentement éclairé avant toute intervention.
CONCLUSION
En conclusion, la balance bénéfice/risque de l’hypnose de spectacle semble pencher en défaveur pour les participants sur scène, tout en offrant un certain plaisir anxiolytique au public. De plus, les hypnoses de spectacle reproduisent des interactions humaines fondées prioritairement sur la performance, la domination ou la soumission. Nous préférons privilégier des relations humaines basées sur la coopération, la confiance et l’accueil de la vulnérabilité, comme c’est le cas dans l’hypnose thérapeutique.
Lire l'article du Pr Gérard OSTERMANN Hypnose de spectacle et hypnose clinique: deux visages, deux finalités, une double vigilance éthique.
Dr Stéphane Radoykov Médecin psychiatre, ancien chef de clinique assistant, praticien contractuel (Hôpital Cochin) et remplaçant libéral. Formateur. Directeur adjoint de l’Institut Emergences. Cofondateur du comité jeunesse de l’ISH.
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Regards sur l'Hypnose
Julien Betbèze, rédacteur en chef, nous présente ce n°78…
8 / Éditorial : « La transe hypnotique est avant tout une expérience poétique » Julien Betbèze
10 / En couverture : Florence Cadène Magnétisme animal Sophie Cohen
12 / Internalisation d’un lien sécurisant Théo, 10 ans et « son » anxiété d’endormissement Arnaud Zeman
24 / Le témoin intérieur et la honte Tout le monde est mieux que moi Géraldine Garon et Solen Montanari
36 / Sortir de l’adoration du produit Dissiper les ruminations du veau d’or : les clés du traitement des addictions David Vergriete et Alexandrine Halliez
ESPACE DOULEUR DOUCEUR
46 / Introduction Gérard Ostermann
50 / Cris et hypnose Répondre aux cris des personnes âgées grâce à l’hypnose Hélène Pousset Abbouchi
58 / Autohypnose pour mon épaule gauche (rupture de la coiffe des rotateurs) et le couple hypnose/fascia Nelly Cadra
73 / DOSSIER REGARDS SUR L’HYPNOSE
74 / Voyage IRM au coeur de l’expérience hypnotique. Exploration de la portée clinique de l’hypnose Jean-Philippe Cottier et Valentin Lefèvre
84 / L’hypnose et le dormeur éveillé Entre songe et pensée Alexandru Cupaciu
88 / Hypnose de spectacle : bénéfices ou dangers pour le sujet Stéphane Radoykov
94 / Une rencontre Être avec... Roxane Yvernay
RUBRIQUES
- QUIPROQUO
102 / Rencontre S. Colombo, Muhuc BONJOUR ET APRÈS...
106 / Marie, ou l’accompagnement d’une patiente lors d’un traitement de cancer Sophie Cohen
- LES CHAMPS DU POSSIBLE
110 / Ce que le corps ne dit pas, mais que l’hypnose écoute : croire pour transformer Adrian Chaboche CULTURE MONDE
114 / L’appel de l’âme Venir au monde dans le village Hmong de Cacao Alice Mancinelli
LIVRES EN BOUCHE
120 / J. Betbèze, S. Cohen
125 / ESPACE FORMATIONS
Illustrations: Florence CADÈNE
Diffusé par hypnose-ericksonienne.org
D’un côté l’hypnose de spectacle, de l’autre l’hypnose thérapeutique. Les hypnotiseurs acteurs de divertissement face aux hypnothérapeutes professionnels de santé. Deux mondes aux démarches bien différentes pour lesquels des études permettent de peser risques et bénéfices, tout en soulevant des questions d’éthique.
L’hypnose de spectacle fascine autant les scientifiques que le public depuis plus de cent ans (1). Cependant, derrière le rideau de l’amusement et du divertissement se cachent des enjeux éthiques et des risques potentiels pour les participants. Une loi belge interdit à juste titre l’hypnose de spectacle (loi du 30 mai 1892) et a amené les autorités à annuler un spectacle en 2017 (2). Dans cet article, nous allons explorer la balance bénéfice/risque de l’hypnose de spectacle, à partir d’une revue PubMed.
Qu’est-ce que l’hypnose de spectacle ?
La définition de l’hypnose est l’association d’une focalisation de l’attention, d’une moindre attention au monde environnant, et d’une capacité plus grande de réponse aux suggestions de l’hypnotiseur. Cette définition est valable aussi bien dans l’intention de soin que de spectacle.
L’hypnose de spectacle est une forme d’hypnose utilisée principalement pour divertir un public. Contrairement à l’hypnose thérapeutique, qui vise à aider les individus à surmonter des problèmes personnels et à soulager la douleur et l’anxiété, l’hypnose de spectacle se concentre sur la performance et le divertissement. Elle implique des démonstrations amusantes et mystérieuses où les participants semblent perdre le contrôle de leurs actions sous l’influence de l’hypnotiseur. Pour les professionnels de santé, à l’inverse, une des règles fondamentales est « primum non nocere », qui signifie, avant toute chose, éviter de faire du mal aux patients. Pour cela, dans la méthode d’hypnose ericksonienne, et durant la formation en hypnose médicale et thérapies brèves, nous posons un cadre éthique très clair pour chaque praticien, qui interdit formellement toute pratique de l’hypnose à visée de divertissement (3).
Bénéfices pour le public qui regarde le spectacle d’hypnose.
Les spectacles d’hypnose sont souvent perçus par les membres du public comme amusants et captivants, offrant une expérience unique aux spectateurs, et leur apportant une réduction d’anxiété (4) (8). En revanche, la même étude n’a retrouvé aucune amélioration de l’état émotionnel des six personnes montées sur scène. Il faudrait donc au minimum un consentement éclairé plus étoffé des participantes et participants qui prêtent leur corps et leur esprit à l’expérience.
Effets secondaires pour les participants à la transe sur scène.
Plusieurs situations ont été décrites, lors desquelles les sujets sur scène de spectacle ont vécu l’état d’hypnose de façon néfaste.
Absence de bénéfices et risques émotionnels.
Lors d’une enquête chez 22 participants à un show d’hypnose, la plupart on trouvé cela positif et agréable. Cinq personnes ont toutefois développé une amnésie dissociative de l’expérience.
De plus, cinq personnes avaient la conviction que l’hypnotiseur avait pris le contrôle de leur corps (8). Une autre enquête auprès de 8 sujets ayant participé à la fois à de l’hypnose de spectacle et à de l’hypnose pour les soins a retrouvé des différences entre les deux pratiques. L’hypnotiseur de spectacle aurait eu un style sensationnel qui veut montrer quelque chose d’extraordinaire, et administré des ordres, alors que les professionnels de santé hypnopraticiens auraient été plutôt posés, calmes et factuels durant la consultation, et faisaient des suggestions (9). Milton Erickson a publié quelques cas observés où, cinq à sept mois après une catalepsie du corps entier sur scène (corps allongé entre deux chaises), les personnes développaient des lombalgies (douleurs du dos) (14).
Les participants sur scène ne retireraient pas de bénéfice émotionnel de l’expérience (4) (à l’inverse du public qui s’amuse et se détend) et peuvent même ressentir des effets négatifs. Des cas de décompensation psychotique, de syndromes anxieux et dépressifs ont été rapportés chez certains participants aux hypnoses de spectacle, soulignant donc ses dangers potentiels. Une participante de 19 ans aurait déclenché un syndrome anxiodépressif une semaine après un spectacle d’hypnose utilisant des techniques rapides (manipulation du cou, régression à un âge jeune et « redevenir un bébé qui pleure pour sa mère »).
Elle a pu obtenir réparation de l’hypnotiseur de spectacle : reconnu coupable de négligence et d’agression, et condamné à une indemnisation (5). Un vétéran âgé de 35 ans sans antécédents psychiatriques a subi la décompensation d’un épisode psychotique aigu le soir même d’un spectacle d’hypnose, un an après sa blessure de guerre (6). Une autre personne a souffert d’une décompensation délirante activée suite à une hypnose de spectacle, et réactivée deux mois plus tard en revoyant l’hypnotiseur de spectacle à la télévision (10). Nous rappelons que les personnes souffrant de psychose sont fragiles et ont besoin de douceur, contenance et réassociation, plutôt que de dissociation, leur esprit étant déjà assez désorganisé par la maladie.
Une personne ayant subi une hypnose rapide, sans prise en compte de son histoire de vie, a réactivé des souvenirs traumatiques de la Seconde Guerre mondiale, quand elle était cachée chez des résistants. L’hypnotiseur lui avait suggéré de retourner à un âge jeune. Elle a déclenché des signes aigus de stress post-traumatique (7).
Relation de manipulation et domination.
Les hypnotiseurs de spectacle peuvent exercer une influence excessive sur les participants, comme une fureur de fasciner à tout prix, ce qui peut être déshumanisant et entraîner des clivages au sein des groupes, ou à l’inverse un mouvement de foule de type fascination inadaptée (admiration). Dans une étude avec 202 sujets, 105 provenant d’un show, 52 venant d’un cours sur l’hypnose, et 48 ayant été refusés à un show car il n’y avait plus de places, et servant de témoins, les auteurs retrouvaient (11) : les personnes ayant eu un cours d’hypnose avaient moins l’impression que la personne en hypnose est un robot versus ceux qui ont été témoins du show qui croyaient davantage que le sujet devient un robot. D’autres auteurs jugent également la balance bénéfice/risque de l’hypnose de spectacle en défaveur pour les sujets hypnotisés (12) (13).
Considérations éthiques.
L’hypnose de spectacle soulève donc des questions éthiques importantes, notamment en ce qui concerne l’utilisation des individus comme objets de divertissement. Des lois de bioéthique existent pour protéger la population française depuis 1994, mais le débat sur le sujet de l’hypnose reste actif. Historiquement, des figures médicales comme Charcot et de La Tourette auraient déjà proposé de restreindre l’hypnose aux professionnels de santé, il y a plus de cent ans, soulignant l’importance de l’éthique dans cette pratique (1) (12). Nous rappelons deux principes en médecine : « Primum non nocere », et le consentement éclairé avant toute intervention.
CONCLUSION
En conclusion, la balance bénéfice/risque de l’hypnose de spectacle semble pencher en défaveur pour les participants sur scène, tout en offrant un certain plaisir anxiolytique au public. De plus, les hypnoses de spectacle reproduisent des interactions humaines fondées prioritairement sur la performance, la domination ou la soumission. Nous préférons privilégier des relations humaines basées sur la coopération, la confiance et l’accueil de la vulnérabilité, comme c’est le cas dans l’hypnose thérapeutique.
Lire l'article du Pr Gérard OSTERMANN Hypnose de spectacle et hypnose clinique: deux visages, deux finalités, une double vigilance éthique.
Dr Stéphane Radoykov Médecin psychiatre, ancien chef de clinique assistant, praticien contractuel (Hôpital Cochin) et remplaçant libéral. Formateur. Directeur adjoint de l’Institut Emergences. Cofondateur du comité jeunesse de l’ISH.
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Julien Betbèze, rédacteur en chef, nous présente ce n°78…
8 / Éditorial : « La transe hypnotique est avant tout une expérience poétique » Julien Betbèze
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ESPACE DOULEUR DOUCEUR
46 / Introduction Gérard Ostermann
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73 / DOSSIER REGARDS SUR L’HYPNOSE
74 / Voyage IRM au coeur de l’expérience hypnotique. Exploration de la portée clinique de l’hypnose Jean-Philippe Cottier et Valentin Lefèvre
84 / L’hypnose et le dormeur éveillé Entre songe et pensée Alexandru Cupaciu
88 / Hypnose de spectacle : bénéfices ou dangers pour le sujet Stéphane Radoykov
94 / Une rencontre Être avec... Roxane Yvernay
RUBRIQUES
- QUIPROQUO
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106 / Marie, ou l’accompagnement d’une patiente lors d’un traitement de cancer Sophie Cohen
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110 / Ce que le corps ne dit pas, mais que l’hypnose écoute : croire pour transformer Adrian Chaboche CULTURE MONDE
114 / L’appel de l’âme Venir au monde dans le village Hmong de Cacao Alice Mancinelli
LIVRES EN BOUCHE
120 / J. Betbèze, S. Cohen
125 / ESPACE FORMATIONS
Illustrations: Florence CADÈNE
Diffusé par hypnose-ericksonienne.org
Catégories: Hypnose Ericksonienne Thérapie Brève
L'appel de l'âme. Venir au monde dans le village Hmong de Cacao. Revue Hypnose et Thérapies Brèves 78.
Une femme accroupie dans la cour plume des poulets dans des bassines colorées. Un tas d’hommes rasent un énorme cochon, sacrifié sur le seuil de la porte de la maison. Des enfants observent en silence les préparatifs des adultes.
Des mouches et d’autres insectes rares et gigantesques volent, se posent, puis s’envolent à nouveau. Le village de Cacao est né sur une colline qui surgit de l’immensité de la forêt amazonienne, un îlot de la communauté Hmong en Guyane française. On y arrive, virage après virage, en quittant la route de l’Est, l’unique fente goudronnée dans la végétation qui conduit de Cayenne jusqu’à l’Oyapock, fleuve frontière avec le Brésil. Des toucans traversent les cieux.
Une tortue la route. La naissance d’un enfant chez les Hmong animistes se célèbre par un rite d’accueil à la maison. Toute la famille est conviée.
Les non-Hmong en lien avec la famille sont aussi bienvenus. Le couple parental du Monde des esprits confie l’enfant aux parents qui s’en occuperont dans ce Monde. La famille entière remercie et se doit d’honorer ce don, en acceptant l’enfant (1). Si l’enfant est maltraité, le couple de l’au-delà pourrait décider de le reprendre, alors l’enfant pourrait se mettre à dépérir, de plus en plus. Chaque Hmong naît avec trente-deux âmes, symbolisées par des parties du corps. Elles doivent rester unies pour l’équilibre de la personne, autrement la maladie vient. Si un enfant naît avec des difficultés (ne se nourrit pas, pleure beaucoup, ne grandit pas, tombe souvent malade...) le chaman peut être appelé à intervenir pour retrouver le lieu où l’âme s’est égarée et la convaincre de revenir. Pour y arriver, parfois il est nécessaire d’invoquer l’aide des ancêtres et de négocier avec les esprits.
A l’intérieur d’une pièce sombre en bois brut, une vapeur résineuse dessine des ruisseaux gris dans l’air et pique les yeux, à peine habitués à la pénombre. Des bâtonnets d’encens brûlent dans un bol contenant du riz blanc. D’autres offrandes chargent un petit autel contre un mur : des fleurs, un oeuf, des bougies, des colliers de petites perles, des lacets rouges et blancs... Quelques rangées de chaises en plastique lui font face. Un vieil homme apparaît, ridé et courbé. Il avance lentement vers l’autel, soutenu par un bâton, des clochettes aux chevilles et aux poignets. Les gens s’écartent respectueusement à son passage. Deux hommes plus jeunes l’accompagnent et installent devant lui une longue planche en bois blanc, posée sur deux parpaings.
Dehors, une fumée s’échappe de la bouche d’un gros chaudron pendu sur un feu de bois. La vieille dame au foulard vert-bleu et fuchsia sur la tête a le regard sage et intemporel de gardienne des flammes. Elle tient les enfants à distance avec une longue canne qu’elle agite lentement, assise sur une cagette bleue. Des femmes épluchent des papayes vertes, pilent cacahuètes, ail, poissons séchés et piment dans des grands mortiers. La préparation du repas de la cérémonie est une affaire de femmes, Hmong ou pas. Je me retrouve assise parmi elles avec un couteau à la main, partageant leur moment, tout en surveillant comme elles du coin de l’oeil l’ouverture sombre de la case. La cérémonie va commencer. L’écho d’un gong résonne lourdement dans l’espace. Le chaman debout sur la planche marmonne une prière, un tissu noir sur le front. Le ton monte progressivement, la prière devient un chant dans une langue aux sonorités inconnues à mes oreilles. Le rythme arrive au trot puis au galop, traverse le dos et les genoux, s’installe dans le corps du chaman. Les pieds commencent à rebondir sur la planche, les clochettes tintinnabulent. La voix se met à vibrer, les yeux sont clos, la danse prend sa forme pure, répétitive, monotone, envoûtante. J’arrache une bribe d’explication à mon amie, pendant qu’on presse des tonnes de citron vert dans un saladier. - « Dès que le chaman est en transe, il voit. Et il ressent.
Il doit ramener une âme. L’âme du bébé s’est égarée. Il faut qu’elle retrouve le chemin pour que le nouveau-né puisse commencer sa vie et grandir sain. - Qu’est-ce que ça signifie ? - Si une âme a le regard tourné, a quitté sa place, elle n’habitera pas le petit et il pourrait tomber malade et même pire. Parfois le chaman avance à cheval des deux Mondes comme s’il avait une armée entière à ses côtés, les ancêtres et les autres esprits bénéfiques viennent en soutien pour retrouver l’âme et la ramener. » J’écoute enchantée, les yeux passent des paniers remplis des ramboutans écarlates, poilus et juteux, aux sacs débordant de haricots kilomètre, des mains de bananes naines aux caisses rouges et bleues chargées de concombres luisants et fruits du dragon fuchsia. Autrefois mon amie me raconta un rituel similaire en cas de trauma aigu, accident ou grande peur. Ces situations peuvent provoquer la sortie de l’âme du corps, une ou plusieurs des trente-deux, alors une faiblesse progressive s’installe, puis la maladie jusqu’à la mort, car le corps ne peut pas survivre longtemps séparé de son âme. Souvent le chaman accomplit le rite sur le lieu du trauma.
Les Hmong sont quasi tous agriculteurs, leur quotidien est rythmé entre champs et jours de marché. Puis il y a les jours de fête, ou plutôt de rituels collectifs lors de naissances, mariages, funérailles, Nouvel An. Cette occasion est privilégiée pour honorer les ancêtres et s’occuper d’eux. Selon les Hmong, les ancêtres vivent comme nous dans l’autre Monde, avec les mêmes besoins, en plus de nous observer et nous protéger. Un ancêtre peut avoir un problème, souvent d’ordre très pratique, faim, douleur physique, tristesse, dégât dans la maison... et les habitants de la maison doivent l’aider comme ils peuvent avec des offrandes et des actes. Les ancêtres habitent dans la poutre centrale de la maison, d’ailleurs une ancienne tradition veut que le placenta de l’aîné soit enterré dans les fondations de la maison. Il y a un autel pour célébrer les ancêtres dans chaque foyer et chaque jour un membre de la famille en prend soin, remplace les offrandes et les fleurs, allume une bougie, prie et remercie (2). La tablée se prépare au milieu de la cour sous le toit en feuilles de palmier, bouteilles de jus de mangue verte, saladiers de feuilles de toutes sortes pour assaisonner la soupe, riz gluant lap de biche, salade de papaye. Les narines se dilatent pour mieux humer ce mélange inédit de parfums : citronnelle, coriandre, basilic chinois, gingembre, combava, tamarin, fruits tropicaux et eau de coco frais. Des seaux noirs débordant de roses de porcelaine à longues tiges attirent les colibris, leurs battements d’ailes bourdonnent dans les oreilles quelques millisecondes avant de s’éloigner. Les hommes entrent dans la pièce sombre, sortent fumer une cigarette, échanger un mot entre eux, boire une canette, ils rentrent à nouveau. Le chaman est en transe depuis un moment, plusieurs heures se sont écoulées.
Pour lire la suite...
Alice Mancinelli
Médecin généraliste italienne. Formée à l’hypnose ericksonienne, à la TLMR et en cours de formation de thérapie narrative. Elle exerce actuellement en tant que médecin généraliste dans un village du Luberon, après avoir pratiqué des années dans les communautés fluviales et isolées de la Guyane française.
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46 / Introduction Gérard Ostermann
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Des mouches et d’autres insectes rares et gigantesques volent, se posent, puis s’envolent à nouveau. Le village de Cacao est né sur une colline qui surgit de l’immensité de la forêt amazonienne, un îlot de la communauté Hmong en Guyane française. On y arrive, virage après virage, en quittant la route de l’Est, l’unique fente goudronnée dans la végétation qui conduit de Cayenne jusqu’à l’Oyapock, fleuve frontière avec le Brésil. Des toucans traversent les cieux.
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A l’intérieur d’une pièce sombre en bois brut, une vapeur résineuse dessine des ruisseaux gris dans l’air et pique les yeux, à peine habitués à la pénombre. Des bâtonnets d’encens brûlent dans un bol contenant du riz blanc. D’autres offrandes chargent un petit autel contre un mur : des fleurs, un oeuf, des bougies, des colliers de petites perles, des lacets rouges et blancs... Quelques rangées de chaises en plastique lui font face. Un vieil homme apparaît, ridé et courbé. Il avance lentement vers l’autel, soutenu par un bâton, des clochettes aux chevilles et aux poignets. Les gens s’écartent respectueusement à son passage. Deux hommes plus jeunes l’accompagnent et installent devant lui une longue planche en bois blanc, posée sur deux parpaings.
Dehors, une fumée s’échappe de la bouche d’un gros chaudron pendu sur un feu de bois. La vieille dame au foulard vert-bleu et fuchsia sur la tête a le regard sage et intemporel de gardienne des flammes. Elle tient les enfants à distance avec une longue canne qu’elle agite lentement, assise sur une cagette bleue. Des femmes épluchent des papayes vertes, pilent cacahuètes, ail, poissons séchés et piment dans des grands mortiers. La préparation du repas de la cérémonie est une affaire de femmes, Hmong ou pas. Je me retrouve assise parmi elles avec un couteau à la main, partageant leur moment, tout en surveillant comme elles du coin de l’oeil l’ouverture sombre de la case. La cérémonie va commencer. L’écho d’un gong résonne lourdement dans l’espace. Le chaman debout sur la planche marmonne une prière, un tissu noir sur le front. Le ton monte progressivement, la prière devient un chant dans une langue aux sonorités inconnues à mes oreilles. Le rythme arrive au trot puis au galop, traverse le dos et les genoux, s’installe dans le corps du chaman. Les pieds commencent à rebondir sur la planche, les clochettes tintinnabulent. La voix se met à vibrer, les yeux sont clos, la danse prend sa forme pure, répétitive, monotone, envoûtante. J’arrache une bribe d’explication à mon amie, pendant qu’on presse des tonnes de citron vert dans un saladier. - « Dès que le chaman est en transe, il voit. Et il ressent.
Il doit ramener une âme. L’âme du bébé s’est égarée. Il faut qu’elle retrouve le chemin pour que le nouveau-né puisse commencer sa vie et grandir sain. - Qu’est-ce que ça signifie ? - Si une âme a le regard tourné, a quitté sa place, elle n’habitera pas le petit et il pourrait tomber malade et même pire. Parfois le chaman avance à cheval des deux Mondes comme s’il avait une armée entière à ses côtés, les ancêtres et les autres esprits bénéfiques viennent en soutien pour retrouver l’âme et la ramener. » J’écoute enchantée, les yeux passent des paniers remplis des ramboutans écarlates, poilus et juteux, aux sacs débordant de haricots kilomètre, des mains de bananes naines aux caisses rouges et bleues chargées de concombres luisants et fruits du dragon fuchsia. Autrefois mon amie me raconta un rituel similaire en cas de trauma aigu, accident ou grande peur. Ces situations peuvent provoquer la sortie de l’âme du corps, une ou plusieurs des trente-deux, alors une faiblesse progressive s’installe, puis la maladie jusqu’à la mort, car le corps ne peut pas survivre longtemps séparé de son âme. Souvent le chaman accomplit le rite sur le lieu du trauma.
Les Hmong sont quasi tous agriculteurs, leur quotidien est rythmé entre champs et jours de marché. Puis il y a les jours de fête, ou plutôt de rituels collectifs lors de naissances, mariages, funérailles, Nouvel An. Cette occasion est privilégiée pour honorer les ancêtres et s’occuper d’eux. Selon les Hmong, les ancêtres vivent comme nous dans l’autre Monde, avec les mêmes besoins, en plus de nous observer et nous protéger. Un ancêtre peut avoir un problème, souvent d’ordre très pratique, faim, douleur physique, tristesse, dégât dans la maison... et les habitants de la maison doivent l’aider comme ils peuvent avec des offrandes et des actes. Les ancêtres habitent dans la poutre centrale de la maison, d’ailleurs une ancienne tradition veut que le placenta de l’aîné soit enterré dans les fondations de la maison. Il y a un autel pour célébrer les ancêtres dans chaque foyer et chaque jour un membre de la famille en prend soin, remplace les offrandes et les fleurs, allume une bougie, prie et remercie (2). La tablée se prépare au milieu de la cour sous le toit en feuilles de palmier, bouteilles de jus de mangue verte, saladiers de feuilles de toutes sortes pour assaisonner la soupe, riz gluant lap de biche, salade de papaye. Les narines se dilatent pour mieux humer ce mélange inédit de parfums : citronnelle, coriandre, basilic chinois, gingembre, combava, tamarin, fruits tropicaux et eau de coco frais. Des seaux noirs débordant de roses de porcelaine à longues tiges attirent les colibris, leurs battements d’ailes bourdonnent dans les oreilles quelques millisecondes avant de s’éloigner. Les hommes entrent dans la pièce sombre, sortent fumer une cigarette, échanger un mot entre eux, boire une canette, ils rentrent à nouveau. Le chaman est en transe depuis un moment, plusieurs heures se sont écoulées.
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Alice Mancinelli
Médecin généraliste italienne. Formée à l’hypnose ericksonienne, à la TLMR et en cours de formation de thérapie narrative. Elle exerce actuellement en tant que médecin généraliste dans un village du Luberon, après avoir pratiqué des années dans les communautés fluviales et isolées de la Guyane française.
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50 / Cris et hypnose Répondre aux cris des personnes âgées grâce à l’hypnose Hélène Pousset Abbouchi
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Illustrations: Florence CADÈNE
Le témoin intérieur et la honte. Tout le monde est mieux que moi. Revue Hypnose et Thérapies Brèves 78.
C’est plus fort qu’elle, Laurence est envahie par la honte, elle se sent toujours en faute, elle se trouve « nulle » comme maman, jamais à la hauteur de ce que pourrait espérer son petit garçon de 9 ans. En vivant l’expérience du « témoin intérieur » en lien avec deux thérapeutes, elle parvient à réintégrer la communauté des femmes, des mamans complices avec leur enfant.
L’expérience de l’utilisation du témoin intérieur a pour intention de proposer à une patiente (Laurence) de découvrir comment le travail avec sa thérapeute enrichit cette dernière ainsi que la communauté des thérapeutes, et lui permet ainsi de retrouver l’estime de soi.
Cette communauté comprend ici deux personnes :
- Solen Montanari est en position de thérapeute- superviseur (T1) et de témoin extérieur, elle est attentive aux effets d’enrichissement de cette conversation sur sa propre vie.
- La thérapeute Géraldine Garon (T2) est en position de témoin intérieur, c’est-à-dire qu’elle quitte sa position de thérapeute pour se mettre à la place de la patiente Laurence.
L’utilisation du témoin intérieur est particulièrement bien adaptée aux situations difficiles pour aider le patient à trouver confiance dans le lien thérapeutique, et le thérapeute à se connecter à l’histoire du patient. Cette technique est ainsi pertinente dans la supervision lorsque le thérapeute est confronté à des situations traumatiques complexes, où le patient a perdu confiance dans le lien humain.
La séance décrite s’articule autour de quatre temps :
1. Une séance filmée où Géraldine, thérapeute de Laurence, se met à sa place.
2. Le témoignage filmé des deux thérapeutes à l’issue de la séance.
3. Le visionnage de la séance par la patiente et son thérapeute.
4. Le témoignage de la patiente le lendemain du visionnage. La carte choisie pour cette séance est celle de l’exception. Elle permet de travailler en prenant appui sur les ressources et d’activer la carte du témoin extérieur.
- T1 (Thérapeute) : Solen pose les questions à Géraldine.
- T2 (Thérapeute) : Géraldine qui se met à la place de Laurence.
- P. (Patiente) : Laurence, suivie par Géraldine.
- T1 : Solen propose à Géraldine de se connecter avec sa patiente afin de l’incarner pendant l’expérience. Elle demande à la patiente son prénom et son âge afin d’amorcer la relation : Laurence, 50 ans.
- T1 : Très bien. Donc, Laurence. Je me demande ce qui vous amène à me voir aujourd’hui ?
- T2 : J’ai quand même du... J’ai du mal avec... J’ai du mal à être à l’aise avec les autres. J’ai plusieurs... Je pourrais vous parler de plusieurs problèmes, mais je dirais que là... J’ai l’impression que les autres, franchement, ils sont toujours mieux que moi. Tout le monde est mieux que moi. Vraiment, tout le monde est mieux que moi. Externalisation du problème : prise de position
- T1 : Quand vous dites, juste que je comprenne, vous me dites : j’ai l’impression que tout le monde est mieux que moi ou tout le monde est mieux que moi ?
- T2 : Tout le monde. Tout le monde est mieux que moi.
- T1 : “Tout le monde est mieux que moi”. Quand vous dites que ce qui vous amène aujourd’hui, c’est que “tout le monde est mieux que moi”, c’est que ce “tout le monde est mieux que moi”, ça se vit comment ?
- T2 : C’est insupportable.
- T1 : C’est insupportable, ce “tout le monde est mieux que moi”.
- T2 : Ce qui est insupportable, c’est que... En fait, je ne peux rien faire. Je ne peux rien faire. Je ne peux rien faire, c’est partout. Je ne peux pas m’occuper de mon fils. J’aimerais accompagner Gustave, que ce soit plus facile à la gym. Donc, j’aimerais... Il y a des petits moments où c’est mieux, mais quand même, c’est toujours là, ce truc. OK.
- T1 : D’accord. Donc, il y a : “c’est partout, c’est tout le temps” et puis il y a “mon fils Gustave”. C’est quoi le lien entre : “tout le monde est mieux que moi”, “c’est partout, c’est tout le temps”. Et puis il y a “mon fils Gustave”.
- T2 : C’est pareil. Je fais de mon mieux avec Gustave, mais je ne suis pas... Je vois bien que les autres mamans, elles sont mieux que moi. Moi, j’ai l’impression de ne jamais y arriver avec lui. J’ai l’impression de ne jamais... Voilà… les mamans à l’école… il y a les mamans…
- T1 : ... Font mieux que moi ?
- T2 : Oui. Je pense que oui, vraiment toutes les mamans sont meilleures que moi ou font mieux. Non, elles font mieux que moi, c’est clair. Moi, je m’énerve... Des fois, je lui parle mal, je ne suis pas patiente.
- T1 : Et quand vous nous dites que le problème qui m’amène c’est que “tout le monde fait mieux que moi”, “partout”, “tout l’temps”, “même toutes les autres mamans du monde entier font mieux que moi, alors que j’ai un petit garçon de 9 ans” et que vous aimez beaucoup, si j’ai bien compris. Et vous me dites : “moi, je m’énerve”. Et quoi ? Vous m’avez dit : “Je m’énerve et…”
- T2 : Je lui parle mal, des fois. Je lui parle mal. Je peux être un peu, pas violente, mais agressive.
- T1 : Mais il y a quand même cette agressivité et cet énervement. Et en plus, c’est douloureux avec Gustave.
- T2 : Ça me met très, très mal à l’aise de vous raconter tout ça.
- T1 : Quand vous dites “ça me met très mal à l’aise de raconter ça”, ça vous met mal à l’aise au point que c’est impossible d’en parler et il faut qu’on fasse une pause ? Ou est-ce que ça vous met mal à l’aise, mais on peut peut-être continuer à explorer le problème qui vous amène ?
- T2 : Non. J’ai quand même un peu l’habitude de ce mal à l’aise. J’ai envie que ça s’améliore.
- T1 : Oui, et quand vous me dites : j’ai envie que ça s’améliore, si c’est OK pour vous, j’ai envie de vous témoigner ce qui me vient. J’ai envie de comprendre ce qui se passe entre vous et Gustave et ce qui fait que chez vous, c’est aussi douloureux d’oser venir jusqu’à mon cabinet, exposer quelque chose qui vous est difficile à dire et qui peut même créer un sentiment de honte. Alors du coup, je me dis : pour que vous ayez fait toute cette démarche-là, moi ça me donne envie de mieux comprendre pour peut-être éventuellement vous aider. Vous seriez prête à m’aider à comprendre ?
- T2 : Oui.
- T1 : Je vais vous proposer un truc un peu étrange. On va imaginer là, ensemble pour que ça soit plus confortable, qu’il y a Gustave, devant nous. Il est comment Gustave ? A quoi il ressemble ? (fixation du regard en triangulation sur la “scène imaginaire”).
- T2 : Il est plein de vie, Gustave. Il est extrêmement fin, il est drôle. C’est un petit lutin. Il est... Oui, il est... Il est plein de vie. Il sait quand même ce qu’il veut. Et voilà.
- T1 : Et puis, “je me demande en plus qu’est-ce que je peux lui offrir en plus à ce petit garçon en pleine vie, ce lutin”. Et juste que je voie bien la scène : c’est donc le soir, il y a Gustave, il y a sa maman. Et qu’est-ce qui s’y passe là pour qu’il y ait cette agressivité, cette colère qui puisse sortir ?
- T2 : Des fois, il ne fait pas, il ne fait pas tout à fait comme... Vous voyez, je suis fatiguée, je ne suis pas très patiente, alors en même temps la nourriture est un peu compliquée avec Gustave, même si ça va mieux. Je suis nulle. Je vois bien que je ne fais pas ce que… Je ne sais pas ce que je fais. Il faudrait faire autrement.
- T1 : Quand vous dites : “je rentre le soir”, vous rentrez du travail ?
- T2 : Oui.
- T1 : Donc, après une longue journée de travail, vous rentrez à la maison, il faut faire le repas. Et en plus Gustave, ce n’est pas toujours facile, même si ça va un peu mieux. Et puis il y a ce : et puis “je suis nulle”. Je ne sais pas ce qu’il faut faire. Je devrais faire autrement. Ce “je suis nulle”, c’est en lien avec la colère et l’agressivité ou c’est autre chose ?
- T2 : Je pense que c’est en lien. Et puis il y a aussi des fois où Gustave, il sait aussi un peu pointer. Par exemple, il contrôle combien de verres je bois.
- T1 : Il sait aussi pointer les trucs. Donc, il est observateur. Vous allez me dire que Gustave vous regarde ? Il vous observe ?
- T2 : Oui.
- T1 : Il sait ce que vous faites ? Et en plus il pointe du doigt combien de verres vous buvez. Et le “je suis nulle”, c’est en lien avec le fait que Gustave vous regarde, vous observe, pointe du doigt, ou ça revient avec la colère ?
- T2 : C’est un peu les deux, mais moi je dirais que mon comportement, là, de mal lui parler, ce n’est pas normal. Ça, ce n’est pas... ça, c’est plus… Là, je me sens vraiment nulle. De lui parler comme ça, là c’est nul.
- T1 : “C’est nul” et, “mal lui parler”, je ne vois pas très bien ce que ça veut dire “mal lui parler”. Ça ressemble à quoi ?
- T2 : C’est brutal. On ne parle pas comme ça un enfant de 9 ans, surtout qu’il n’a rien fait du tout. Ce n’est pas respectueux.
- T1 : Cette parole, c’est une parole ou c’est une voix brutale qui s’adresse à Gustave, qui n’est pas OK, qui n’est pas normale ?
- T2 : C’est une parole.
- T1 : OK. Donc, il y a des mots qui sortent qui sont brutaux. Et ça ce n’est pas normal, ces mots qui sortent. Est-ce que vous êtes en train de me dire que d’un côté il y a ces mots brutaux qui sortent de la bouche de Laurence, et de l’autre côté, chez Laurence, il y a cette pensée qui dit : mais c’est nul ? Oui. Ce n’est pas normal de faire ça.
- T2 : Oui.
- T1 : OK. D’accord. Donc d’un côté il y a une partie de Laurence qui dit : ce n’est quand même pas normal. Ce n’est pas comme ça qu’on parle à un enfant, si petit, lutin, rigolo. Beau, mignon, malin. Et d’un autre côté, il y a une partie de Laurence avec mots brutaux qui sortent. Et je suis en train de me demander : je vois, enfin, sur la scène, là je vois les yeux de Gustave, ces yeux qui observent cette maman qui dit d’elle-même que ce n’est pas normal, que ce n’est pas OK de parler comme ça à un petit garçon. Et je me demande bien ce que ces yeux voient. Lorsqu’ils voient cette partie de Laurence qui dit : ce n’est quand même pas normal.
- T2 : Gustave, il vient me frotter le dos comme ça. Et puis il fait une petite blague.
- T1 : Donc, Gustave, là, il vient vous frotter le dos et il vient raconter une petite blague ?
- T2 : Oui. Chercher les intentions
- T1 : Et quand Gustave vient vers cette maman qui sent que ce n’est pas normal d’avoir des mots brutaux et qui se dit : “je suis nulle” et qu’il y a cette main qui vient la frotter dans son dos et qui lui raconte une petite blague, je me demande bien si on a une idée, toutes les deux, de l’intention de cette main qui vient dans le dos ? Qu’est-ce qu’elle fait ? Qu’est-ce qu’elle veut envoyer comme message à cette maman qui dit : “je suis nulle” ?
- T2 : Ce n’est pas le rôle d’un enfant, mais il dit : “ça va, maman ?”. Il me rassure. C’est quand même un peu nul aussi… Ce n’est pas du tout le rôle d’un enfant de faire ça.
- T1 : Donc, il y a cette main dans le dos et cette main envoie le message à cette maman qui dit “je suis nulle”. Ça va, maman. Ça va aller. Je me demande bien pourquoi Gustave aurait envie de lui raconter une petite blague.
- T2 : Parce qu’on a quand même de la complicité tous les deux, en fait, parce que nous, on est presque tout le temps tout seuls.
- T1 : Vous êtes en train de me dire qu’entre Gustave et sa maman, il se peut qu’il y ait un peu de complicité ?
- T2 : Oui, oui, oui, quand même. Oui, il y a des moments de complicité, c’est vrai. Oui.
- T1 : Et ces moments de complicité, par curiosité, si vous êtes d’accord, ça ressemble à quoi entre Gustave et sa maman ?
- T2 : Eh bien, il fait beaucoup de petites blagues. Puis ça peut être autour de notre lapin, on a un petit lapin. Oui. Là, on vient d’aménager la maison, mais il n’a pas fait grand-chose. C’est un enfant. Mais il a quand même un peu participé, puis il me pose des questions. Et puis quand on part en vacances tous les deux, ou des fois on emmène un ou deux amis, mais on aime bien aussi ces petits moments-là.
- T1 : Donc, il y a des moments quand vous êtes tous les deux avec le lapin (la thérapeute remarque que Laurence veut dire quelque chose), il y a un truc qui vient ?
- T2 : Oui, c’est aussi... Par exemple, je peux l’emmener à la gym. Et puis je pense qu’il est content quand je le regarde.
- T1 : A la gym ? Oui. Attendez juste que je comprenne bien : Gustave, quand il observe sa maman et quand elle dit qu’elle est nulle, le regard de Gustave l’amène à ce que sa main vienne frotter son dos, lui raconter une petite blague, lui dire : “ça va, maman ?”. Et que ça, ce serait en lien avec des moments de complicité, par exemple à la gym, c’est ça, au sport ?
- T2 : Oui, il fait de la gym.
- T1 : Et que lui aussi, il est content, quoi ? Enfin, il est content d’avoir le regard de sa maman sur lui ?
- T2 : C’est ce que moi j’en dis, il n’est pas là pour... Il n’est pas là pour le dire. Non, c’est sûr. Je vois bien quand même qu’il est content. Oui.
- T1 : A quoi vous le voyez quand il est à la gym qu’il veut que vous le regardiez ?
- T2 : Il veut m’en parler, de tout ça. Il est content que je vienne le chercher. Oui, c’est important. Je l’encourage quand même. Là, il veut rajouter des entraînements, mais...
- T1 : Donc pour lui la gym, c’est vraiment important ?
- T2 : Oui.
- T1 : Et lui, il vous raconte ce qu’il fait ? Comment ça s’est passé ?
- T2 : Oui. Par exemple... oui, ou l’école, il me raconte aussi l’école. Il ne parle pas tant que ça, mais c’est un petit garçon. Mais il aime bien faire des blagues.
- T1 : Donc, il aime bien vous raconter ce qu’il fait à la gym, en compétition, il aime bien que vous veniez le chercher. Et puis il y a l’école, il vous raconte ce qui se passe à l’école ?...
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Géraldine Garon, Hypnothérapeute, sexothérapeute en libéral à Bourges. Elle a commencé à pratiquer l’hypnose au bloc opératoire en tant qu’infirmière anesthésiste pour choisir ensuite de poursuivre son parcours de formation vers l’hypnothérapie, la thérapie narrative, la Thérapie du lien et des mondes relationnels (TLMR), la sexothérapie et thérapie de couple. Formatrice à l’Institut Mimethys.
Solen Montanari, Psychologue, psychothérapeute depuis 2000. Travaille en libéral en région parisienne auprès d’enfants et des familles. Formatrice à la Thérapie du lien et des mondes relationels (TLMR) à l’Institut Mimethys.
Commandez le numéro 78 de la Revue Hypnose et Thérapies Brèves. N°78 : Août / Sept. / Oct. 2025
Regards sur l'Hypnose
Julien Betbèze, rédacteur en chef, nous présente ce n°78…
8 / Éditorial : « La transe hypnotique est avant tout une expérience poétique » Julien Betbèze
10 / En couverture : Florence Cadène Magnétisme animal Sophie Cohen
12 / Internalisation d’un lien sécurisant Théo, 10 ans et « son » anxiété d’endormissement Arnaud Zeman
24 / Le témoin intérieur et la honte Tout le monde est mieux que moi Géraldine Garon et Solen Montanari
36 / Sortir de l’adoration du produit Dissiper les ruminations du veau d’or : les clés du traitement des addictions David Vergriete et Alexandrine Halliez
ESPACE DOULEUR DOUCEUR
46 / Introduction Gérard Ostermann
50 / Cris et hypnose Répondre aux cris des personnes âgées grâce à l’hypnose Hélène Pousset Abbouchi
58 / Autohypnose pour mon épaule gauche (rupture de la coiffe des rotateurs) et le couple hypnose/fascia Nelly Cadra
73 / DOSSIER REGARDS SUR L’HYPNOSE
74 / Voyage IRM au coeur de l’expérience hypnotique. Exploration de la portée clinique de l’hypnose Jean-Philippe Cottier et Valentin Lefèvre
84 / L’hypnose et le dormeur éveillé Entre songe et pensée Alexandru Cupaciu
88 / Hypnose de spectacle : bénéfices ou dangers pour le sujet Stéphane Radoykov
94 / Une rencontre Être avec... Roxane Yvernay
RUBRIQUES
- QUIPROQUO
102 / Rencontre S. Colombo, Muhuc BONJOUR ET APRÈS...
106 / Marie, ou l’accompagnement d’une patiente lors d’un traitement de cancer Sophie Cohen
- LES CHAMPS DU POSSIBLE
110 / Ce que le corps ne dit pas, mais que l’hypnose écoute : croire pour transformer Adrian Chaboche CULTURE MONDE
114 / L’appel de l’âme Venir au monde dans le village Hmong de Cacao Alice Mancinelli
LIVRES EN BOUCHE
120 / J. Betbèze, S. Cohen
125 / ESPACE FORMATIONS
Illustrations: Florence CADÈNE
L’expérience de l’utilisation du témoin intérieur a pour intention de proposer à une patiente (Laurence) de découvrir comment le travail avec sa thérapeute enrichit cette dernière ainsi que la communauté des thérapeutes, et lui permet ainsi de retrouver l’estime de soi.
Cette communauté comprend ici deux personnes :
- Solen Montanari est en position de thérapeute- superviseur (T1) et de témoin extérieur, elle est attentive aux effets d’enrichissement de cette conversation sur sa propre vie.
- La thérapeute Géraldine Garon (T2) est en position de témoin intérieur, c’est-à-dire qu’elle quitte sa position de thérapeute pour se mettre à la place de la patiente Laurence.
L’utilisation du témoin intérieur est particulièrement bien adaptée aux situations difficiles pour aider le patient à trouver confiance dans le lien thérapeutique, et le thérapeute à se connecter à l’histoire du patient. Cette technique est ainsi pertinente dans la supervision lorsque le thérapeute est confronté à des situations traumatiques complexes, où le patient a perdu confiance dans le lien humain.
La séance décrite s’articule autour de quatre temps :
1. Une séance filmée où Géraldine, thérapeute de Laurence, se met à sa place.
2. Le témoignage filmé des deux thérapeutes à l’issue de la séance.
3. Le visionnage de la séance par la patiente et son thérapeute.
4. Le témoignage de la patiente le lendemain du visionnage. La carte choisie pour cette séance est celle de l’exception. Elle permet de travailler en prenant appui sur les ressources et d’activer la carte du témoin extérieur.
- T1 (Thérapeute) : Solen pose les questions à Géraldine.
- T2 (Thérapeute) : Géraldine qui se met à la place de Laurence.
- P. (Patiente) : Laurence, suivie par Géraldine.
- T1 : Solen propose à Géraldine de se connecter avec sa patiente afin de l’incarner pendant l’expérience. Elle demande à la patiente son prénom et son âge afin d’amorcer la relation : Laurence, 50 ans.
- T1 : Très bien. Donc, Laurence. Je me demande ce qui vous amène à me voir aujourd’hui ?
- T2 : J’ai quand même du... J’ai du mal avec... J’ai du mal à être à l’aise avec les autres. J’ai plusieurs... Je pourrais vous parler de plusieurs problèmes, mais je dirais que là... J’ai l’impression que les autres, franchement, ils sont toujours mieux que moi. Tout le monde est mieux que moi. Vraiment, tout le monde est mieux que moi. Externalisation du problème : prise de position
- T1 : Quand vous dites, juste que je comprenne, vous me dites : j’ai l’impression que tout le monde est mieux que moi ou tout le monde est mieux que moi ?
- T2 : Tout le monde. Tout le monde est mieux que moi.
- T1 : “Tout le monde est mieux que moi”. Quand vous dites que ce qui vous amène aujourd’hui, c’est que “tout le monde est mieux que moi”, c’est que ce “tout le monde est mieux que moi”, ça se vit comment ?
- T2 : C’est insupportable.
- T1 : C’est insupportable, ce “tout le monde est mieux que moi”.
- T2 : Ce qui est insupportable, c’est que... En fait, je ne peux rien faire. Je ne peux rien faire. Je ne peux rien faire, c’est partout. Je ne peux pas m’occuper de mon fils. J’aimerais accompagner Gustave, que ce soit plus facile à la gym. Donc, j’aimerais... Il y a des petits moments où c’est mieux, mais quand même, c’est toujours là, ce truc. OK.
- T1 : D’accord. Donc, il y a : “c’est partout, c’est tout le temps” et puis il y a “mon fils Gustave”. C’est quoi le lien entre : “tout le monde est mieux que moi”, “c’est partout, c’est tout le temps”. Et puis il y a “mon fils Gustave”.
- T2 : C’est pareil. Je fais de mon mieux avec Gustave, mais je ne suis pas... Je vois bien que les autres mamans, elles sont mieux que moi. Moi, j’ai l’impression de ne jamais y arriver avec lui. J’ai l’impression de ne jamais... Voilà… les mamans à l’école… il y a les mamans…
- T1 : ... Font mieux que moi ?
- T2 : Oui. Je pense que oui, vraiment toutes les mamans sont meilleures que moi ou font mieux. Non, elles font mieux que moi, c’est clair. Moi, je m’énerve... Des fois, je lui parle mal, je ne suis pas patiente.
- T1 : Et quand vous nous dites que le problème qui m’amène c’est que “tout le monde fait mieux que moi”, “partout”, “tout l’temps”, “même toutes les autres mamans du monde entier font mieux que moi, alors que j’ai un petit garçon de 9 ans” et que vous aimez beaucoup, si j’ai bien compris. Et vous me dites : “moi, je m’énerve”. Et quoi ? Vous m’avez dit : “Je m’énerve et…”
- T2 : Je lui parle mal, des fois. Je lui parle mal. Je peux être un peu, pas violente, mais agressive.
- T1 : Mais il y a quand même cette agressivité et cet énervement. Et en plus, c’est douloureux avec Gustave.
- T2 : Ça me met très, très mal à l’aise de vous raconter tout ça.
- T1 : Quand vous dites “ça me met très mal à l’aise de raconter ça”, ça vous met mal à l’aise au point que c’est impossible d’en parler et il faut qu’on fasse une pause ? Ou est-ce que ça vous met mal à l’aise, mais on peut peut-être continuer à explorer le problème qui vous amène ?
- T2 : Non. J’ai quand même un peu l’habitude de ce mal à l’aise. J’ai envie que ça s’améliore.
- T1 : Oui, et quand vous me dites : j’ai envie que ça s’améliore, si c’est OK pour vous, j’ai envie de vous témoigner ce qui me vient. J’ai envie de comprendre ce qui se passe entre vous et Gustave et ce qui fait que chez vous, c’est aussi douloureux d’oser venir jusqu’à mon cabinet, exposer quelque chose qui vous est difficile à dire et qui peut même créer un sentiment de honte. Alors du coup, je me dis : pour que vous ayez fait toute cette démarche-là, moi ça me donne envie de mieux comprendre pour peut-être éventuellement vous aider. Vous seriez prête à m’aider à comprendre ?
- T2 : Oui.
- T1 : Je vais vous proposer un truc un peu étrange. On va imaginer là, ensemble pour que ça soit plus confortable, qu’il y a Gustave, devant nous. Il est comment Gustave ? A quoi il ressemble ? (fixation du regard en triangulation sur la “scène imaginaire”).
- T2 : Il est plein de vie, Gustave. Il est extrêmement fin, il est drôle. C’est un petit lutin. Il est... Oui, il est... Il est plein de vie. Il sait quand même ce qu’il veut. Et voilà.
- T1 : Et puis, “je me demande en plus qu’est-ce que je peux lui offrir en plus à ce petit garçon en pleine vie, ce lutin”. Et juste que je voie bien la scène : c’est donc le soir, il y a Gustave, il y a sa maman. Et qu’est-ce qui s’y passe là pour qu’il y ait cette agressivité, cette colère qui puisse sortir ?
- T2 : Des fois, il ne fait pas, il ne fait pas tout à fait comme... Vous voyez, je suis fatiguée, je ne suis pas très patiente, alors en même temps la nourriture est un peu compliquée avec Gustave, même si ça va mieux. Je suis nulle. Je vois bien que je ne fais pas ce que… Je ne sais pas ce que je fais. Il faudrait faire autrement.
- T1 : Quand vous dites : “je rentre le soir”, vous rentrez du travail ?
- T2 : Oui.
- T1 : Donc, après une longue journée de travail, vous rentrez à la maison, il faut faire le repas. Et en plus Gustave, ce n’est pas toujours facile, même si ça va un peu mieux. Et puis il y a ce : et puis “je suis nulle”. Je ne sais pas ce qu’il faut faire. Je devrais faire autrement. Ce “je suis nulle”, c’est en lien avec la colère et l’agressivité ou c’est autre chose ?
- T2 : Je pense que c’est en lien. Et puis il y a aussi des fois où Gustave, il sait aussi un peu pointer. Par exemple, il contrôle combien de verres je bois.
- T1 : Il sait aussi pointer les trucs. Donc, il est observateur. Vous allez me dire que Gustave vous regarde ? Il vous observe ?
- T2 : Oui.
- T1 : Il sait ce que vous faites ? Et en plus il pointe du doigt combien de verres vous buvez. Et le “je suis nulle”, c’est en lien avec le fait que Gustave vous regarde, vous observe, pointe du doigt, ou ça revient avec la colère ?
- T2 : C’est un peu les deux, mais moi je dirais que mon comportement, là, de mal lui parler, ce n’est pas normal. Ça, ce n’est pas... ça, c’est plus… Là, je me sens vraiment nulle. De lui parler comme ça, là c’est nul.
- T1 : “C’est nul” et, “mal lui parler”, je ne vois pas très bien ce que ça veut dire “mal lui parler”. Ça ressemble à quoi ?
- T2 : C’est brutal. On ne parle pas comme ça un enfant de 9 ans, surtout qu’il n’a rien fait du tout. Ce n’est pas respectueux.
- T1 : Cette parole, c’est une parole ou c’est une voix brutale qui s’adresse à Gustave, qui n’est pas OK, qui n’est pas normale ?
- T2 : C’est une parole.
- T1 : OK. Donc, il y a des mots qui sortent qui sont brutaux. Et ça ce n’est pas normal, ces mots qui sortent. Est-ce que vous êtes en train de me dire que d’un côté il y a ces mots brutaux qui sortent de la bouche de Laurence, et de l’autre côté, chez Laurence, il y a cette pensée qui dit : mais c’est nul ? Oui. Ce n’est pas normal de faire ça.
- T2 : Oui.
- T1 : OK. D’accord. Donc d’un côté il y a une partie de Laurence qui dit : ce n’est quand même pas normal. Ce n’est pas comme ça qu’on parle à un enfant, si petit, lutin, rigolo. Beau, mignon, malin. Et d’un autre côté, il y a une partie de Laurence avec mots brutaux qui sortent. Et je suis en train de me demander : je vois, enfin, sur la scène, là je vois les yeux de Gustave, ces yeux qui observent cette maman qui dit d’elle-même que ce n’est pas normal, que ce n’est pas OK de parler comme ça à un petit garçon. Et je me demande bien ce que ces yeux voient. Lorsqu’ils voient cette partie de Laurence qui dit : ce n’est quand même pas normal.
- T2 : Gustave, il vient me frotter le dos comme ça. Et puis il fait une petite blague.
- T1 : Donc, Gustave, là, il vient vous frotter le dos et il vient raconter une petite blague ?
- T2 : Oui. Chercher les intentions
- T1 : Et quand Gustave vient vers cette maman qui sent que ce n’est pas normal d’avoir des mots brutaux et qui se dit : “je suis nulle” et qu’il y a cette main qui vient la frotter dans son dos et qui lui raconte une petite blague, je me demande bien si on a une idée, toutes les deux, de l’intention de cette main qui vient dans le dos ? Qu’est-ce qu’elle fait ? Qu’est-ce qu’elle veut envoyer comme message à cette maman qui dit : “je suis nulle” ?
- T2 : Ce n’est pas le rôle d’un enfant, mais il dit : “ça va, maman ?”. Il me rassure. C’est quand même un peu nul aussi… Ce n’est pas du tout le rôle d’un enfant de faire ça.
- T1 : Donc, il y a cette main dans le dos et cette main envoie le message à cette maman qui dit “je suis nulle”. Ça va, maman. Ça va aller. Je me demande bien pourquoi Gustave aurait envie de lui raconter une petite blague.
- T2 : Parce qu’on a quand même de la complicité tous les deux, en fait, parce que nous, on est presque tout le temps tout seuls.
- T1 : Vous êtes en train de me dire qu’entre Gustave et sa maman, il se peut qu’il y ait un peu de complicité ?
- T2 : Oui, oui, oui, quand même. Oui, il y a des moments de complicité, c’est vrai. Oui.
- T1 : Et ces moments de complicité, par curiosité, si vous êtes d’accord, ça ressemble à quoi entre Gustave et sa maman ?
- T2 : Eh bien, il fait beaucoup de petites blagues. Puis ça peut être autour de notre lapin, on a un petit lapin. Oui. Là, on vient d’aménager la maison, mais il n’a pas fait grand-chose. C’est un enfant. Mais il a quand même un peu participé, puis il me pose des questions. Et puis quand on part en vacances tous les deux, ou des fois on emmène un ou deux amis, mais on aime bien aussi ces petits moments-là.
- T1 : Donc, il y a des moments quand vous êtes tous les deux avec le lapin (la thérapeute remarque que Laurence veut dire quelque chose), il y a un truc qui vient ?
- T2 : Oui, c’est aussi... Par exemple, je peux l’emmener à la gym. Et puis je pense qu’il est content quand je le regarde.
- T1 : A la gym ? Oui. Attendez juste que je comprenne bien : Gustave, quand il observe sa maman et quand elle dit qu’elle est nulle, le regard de Gustave l’amène à ce que sa main vienne frotter son dos, lui raconter une petite blague, lui dire : “ça va, maman ?”. Et que ça, ce serait en lien avec des moments de complicité, par exemple à la gym, c’est ça, au sport ?
- T2 : Oui, il fait de la gym.
- T1 : Et que lui aussi, il est content, quoi ? Enfin, il est content d’avoir le regard de sa maman sur lui ?
- T2 : C’est ce que moi j’en dis, il n’est pas là pour... Il n’est pas là pour le dire. Non, c’est sûr. Je vois bien quand même qu’il est content. Oui.
- T1 : A quoi vous le voyez quand il est à la gym qu’il veut que vous le regardiez ?
- T2 : Il veut m’en parler, de tout ça. Il est content que je vienne le chercher. Oui, c’est important. Je l’encourage quand même. Là, il veut rajouter des entraînements, mais...
- T1 : Donc pour lui la gym, c’est vraiment important ?
- T2 : Oui.
- T1 : Et lui, il vous raconte ce qu’il fait ? Comment ça s’est passé ?
- T2 : Oui. Par exemple... oui, ou l’école, il me raconte aussi l’école. Il ne parle pas tant que ça, mais c’est un petit garçon. Mais il aime bien faire des blagues.
- T1 : Donc, il aime bien vous raconter ce qu’il fait à la gym, en compétition, il aime bien que vous veniez le chercher. Et puis il y a l’école, il vous raconte ce qui se passe à l’école ?...
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Géraldine Garon, Hypnothérapeute, sexothérapeute en libéral à Bourges. Elle a commencé à pratiquer l’hypnose au bloc opératoire en tant qu’infirmière anesthésiste pour choisir ensuite de poursuivre son parcours de formation vers l’hypnothérapie, la thérapie narrative, la Thérapie du lien et des mondes relationnels (TLMR), la sexothérapie et thérapie de couple. Formatrice à l’Institut Mimethys.
Solen Montanari, Psychologue, psychothérapeute depuis 2000. Travaille en libéral en région parisienne auprès d’enfants et des familles. Formatrice à la Thérapie du lien et des mondes relationels (TLMR) à l’Institut Mimethys.
Commandez le numéro 78 de la Revue Hypnose et Thérapies Brèves. N°78 : Août / Sept. / Oct. 2025
Regards sur l'Hypnose
Julien Betbèze, rédacteur en chef, nous présente ce n°78…
8 / Éditorial : « La transe hypnotique est avant tout une expérience poétique » Julien Betbèze
10 / En couverture : Florence Cadène Magnétisme animal Sophie Cohen
12 / Internalisation d’un lien sécurisant Théo, 10 ans et « son » anxiété d’endormissement Arnaud Zeman
24 / Le témoin intérieur et la honte Tout le monde est mieux que moi Géraldine Garon et Solen Montanari
36 / Sortir de l’adoration du produit Dissiper les ruminations du veau d’or : les clés du traitement des addictions David Vergriete et Alexandrine Halliez
ESPACE DOULEUR DOUCEUR
46 / Introduction Gérard Ostermann
50 / Cris et hypnose Répondre aux cris des personnes âgées grâce à l’hypnose Hélène Pousset Abbouchi
58 / Autohypnose pour mon épaule gauche (rupture de la coiffe des rotateurs) et le couple hypnose/fascia Nelly Cadra
73 / DOSSIER REGARDS SUR L’HYPNOSE
74 / Voyage IRM au coeur de l’expérience hypnotique. Exploration de la portée clinique de l’hypnose Jean-Philippe Cottier et Valentin Lefèvre
84 / L’hypnose et le dormeur éveillé Entre songe et pensée Alexandru Cupaciu
88 / Hypnose de spectacle : bénéfices ou dangers pour le sujet Stéphane Radoykov
94 / Une rencontre Être avec... Roxane Yvernay
RUBRIQUES
- QUIPROQUO
102 / Rencontre S. Colombo, Muhuc BONJOUR ET APRÈS...
106 / Marie, ou l’accompagnement d’une patiente lors d’un traitement de cancer Sophie Cohen
- LES CHAMPS DU POSSIBLE
110 / Ce que le corps ne dit pas, mais que l’hypnose écoute : croire pour transformer Adrian Chaboche CULTURE MONDE
114 / L’appel de l’âme Venir au monde dans le village Hmong de Cacao Alice Mancinelli
LIVRES EN BOUCHE
120 / J. Betbèze, S. Cohen
125 / ESPACE FORMATIONS
Illustrations: Florence CADÈNE
MARSEILLE: 1ère année Formation Hypnose Thérapeutique et Médicale Session 4.
- Supervision et analyse des pratiques
- Hypnose et douleur aiguë, savoir expliquer la douleur au patient et utiliser l’hypnose en douleur aiguë de manière stratégique et en mouvement.
- Hypnose et douleur chronique, comment aborder la douleur persistante avec l’hypnose.
- Hypnose et psychopathologie : troubles aigus, troubles chroniques (dépréssion…)
- Savoir mener un entretien avec la pratique de l’hypnose et la TOS.
S'inscrire sur notre Catalogue de Formations
314 Avenue du Prado du 04/03/2026 00h00 au 06/03/2026 23h50
https://www.formation-hypnose-marseille.info/A-Marseille-Formation-en-Hypnose-Medicale-Therapeutique-therapie-Orientee-Solution-et-therapie-EMDR-IMO_a21.html
- Hypnose et douleur aiguë, savoir expliquer la douleur au patient et utiliser l’hypnose en douleur aiguë de manière stratégique et en mouvement.
- Hypnose et douleur chronique, comment aborder la douleur persistante avec l’hypnose.
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MARSEILLE: 1ère année Formation Hypnose Thérapeutique et Médicale Session 4.
- Supervision et analyse des pratiques
- Hypnose et douleur aiguë, savoir expliquer la douleur au patient et utiliser l’hypnose en douleur aiguë de manière stratégique et en mouvement.
- Hypnose et douleur chronique, comment aborder la douleur persistante avec l’hypnose.
- Hypnose et psychopathologie : troubles aigus, troubles chroniques (dépréssion…)
- Savoir mener un entretien avec la pratique de l’hypnose et la TOS.
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Internalisation d'un lien sécurisant. Revue Hypnose et Thérapies Brèves 78.
Théo, 10 ans et "son" anxiété d'endormissement par Arnaud ZEMAN. A travers le cas du petit Théo se révèle l’importance de l’internalisation des liens pour apaiser les angoisses. Où il est question de « vibrations empêchantes », de respirations qui s’accordent, d’absorption, de la main de la maman ressentie même en son absence.
Théo, 10 ans, éprouve des difficultés le soir à l’endormissement. Afin de trouver des sensations d’apaisement dans l’ensemble du corps et se sentir disponible à ce qu’il vit, il est nécessaire que le sujet se mette en lien avec des expériences de calme et de fluidité. Autrement dit, il s’agit qu’il se remette en lien avec des expériences où il s’est senti en sécurité, des moments où il s’est senti soutenu et protégé. Ces expériences s’articulent avec des moments de sécurité relationnelle avec des tiers qui se sont montrés disponibles et présents. En fait, il y a trois temps dans l’acquisition d’un sentiment de sécurité interne, afin de se sentir calme et apaisé et développer des actions qui s’appuient sur ce sentiment, que sont le partage affectif, l’internalisation des liens sécures et l’exploration sur une base sécure. Le premier temps correspond aux expériences concrètes de partage affectif.
En effet, dès le plus jeune âge, le sujet vit des moments dans lesquels un tiers se montre présent et disponible à ses besoins de réassurance. Le plus souvent, il s’agit d’un parent, qui vient bercer l’enfant lorsque celui-ci est en détresse (pleurs, cris) avec pour intention de retrouver une stabilité affective réciproque. Le second temps est celui de l’internalisation des expériences de sécurité relationnelle. La répétition des vécus de partage affectif de l’enfant avec son parent va s’engrammer comme une « réalité tangible » : pour l’enfant, un tiers est effectivement présent, disponible et rassurant. Ce passage au tangible, à l’effectif ou à l’incontestable est essentiel au développement de l’enfant puisqu’il permet l’internalisation des liens sécures.
Ces expériences vont alors se constituer comme ressources pour l’enfant puisqu’elles vont rendre possible la régulation des vécus internes de l’enfant, dans un mouvement de balancier qui va de la détresse à l’apaisement, vers un certain équilibre. En s’appuyant sur ces expériences tangibles et sur ces liens sécures internalisés, le sujet entre dans le troisième temps : il peut libérer sa curiosité, plutôt que de se concentrer sur son vécu interne (les moments de détresse). En effet, un nouveau mouvement s’opère qui va de l’intérieur vers l’extérieur. L’enfant n’est plus seulement occupé à rechercher l’équilibre intérieur entre la détresse et l’apaisement, il peut vivre des moments d’équilibre dans ses éprouvés afin de tourner son attention vers le monde extérieur et déployer sa curiosité : il peut explorer le monde. C’est le temps de l’exploration sur une base sécure. Ces trois temps ne sont pas des étapes chronologiques, elles constituent davantage une succession logique.
Tout au long de sa vie le sujet va continuer de circuler entre ces différents temps. De fait, il va continuer de vivre d’autres expériences relationnelles vivantes au cours de la vie, en occupant différentes places dans la relation, en mobilisant ses ressources. En outre, ces trois temps ne sont pas des processus conscients, ils s’effectuent sans que les protagonistes le sachent, sur un registre inconscient, ou pour le dire avec les mots de Pierre Janet, au niveau subconscient. La psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent repose principalement sur la difficulté d’internalisation des liens sécures et donc sur les possibilités de développer l’autonomie (que certains désignent par « troubles de l’attachement » ou « troubles dissociatifs primaires »). L’approche thérapeutique consiste alors à effectuer un travail de remise en lien avec des expériences de sécurité relationnelles. Cette remise en lien ne s’effectue pas au niveau des idées, des représentations ou du langage mais au niveau affectif et perceptif, en rapport avec des éprouvés internes. Pour parvenir à cette remise en lien, il est judicieux d’emprunter à Alain Vallée la notion d’absorption. L’absorption est la capacité de chacun à entrer dans une expérience corporelle qui mobilise davantage les sensations que les représentations. Alain Vallée utilise cette absorption dans une visée d’acceptation. Concernant les liens sécures, il s’agit de transférer sa proposition du processus d’absorption- acceptation à un travail orienté sur l’absorption-internalisation.
SITUATION DE THÉO
Théo est un garçon particulièrement discret qui s’exprime peu de manière spontanée. Il a 10 ans et sa soeur en a 7. La maman travaille dans un centre de gestion et le papa est responsable dans un laboratoire. Il apprécie le basket qu’il pratique en club et les activités manuelles, il n’est pas particulièrement attiré par les jeux vidéo ou la télévision, ce qui est rare pour les garçons de son âge. Théo a des difficultés d’endormissement qui durent depuis longtemps. Sa maman l’a accompagné et nous avons convenu de travailler sur cette difficulté.
- Thérapeute : « Quand tu dis je suis stressé, tu ressens ça comment dans ton corps ?
- Théo : C’est comme des vibrations.
- Th. : OK, c’est comme des “vibrations”. Et ces vibrations, tu les vis comment ?
- Théo : Pas bien.
- Th. : Ces vibrations, quels effets produisent-elles dans ta vie ?
- Théo : Elles m’empêchent de m’endormir.
- Th. : Est-ce que “vibrations empêchantes” ce serait une bonne manière de nommer ce problème qui t’arrive dans la vie ?
- Théo : Oui. »
Ce passage par une « nomination » est issu du travail de Michael White en thérapie narrative. Cette manière de nommer permet de mettre à distance le problème et de dialoguer avec ce dernier en cherchant à identifier comment ce problème agit et influence la vie du patient. Il s’agit de positionner le problème nommé comme sujet de la question que le thérapeute pose. Cette manière de parler à la troisième personne est familière pour les enfants, puisque dans leurs jeux ils peuvent faire parler des peluches ou des petites voitures, ils rendent animées et vivantes des choses inanimées.
- Th. : « Et sont-elles toujours présentes ces “vibrations empêchantes” ?
- Théo : Non, pas toujours.
- Th. : Quand sont-elles le moins présentes ?
- Théo : A l’école.
- Th. : Que se passe-t-il à l’école pour qu’elles soient moins présentes ?
- Théo : A l’école, il y a mes copains.
- Th. : Donc, si je comprends bien, quand tu dis “à l’école, il y a mes copains”, est-ce que je dois comprendre que les copains ça éloigne les “vibrations empêchantes” ?
- Théo : Oui, ça les éloigne.
- Th. : OK. Et quand sont-elles les plus présentes ?
- Théo : A la maison, le soir.
- Th. : Tu peux m’en dire davantage ?
- Théo : Elles viennent quand je me dis que je pense à me préparer à aller me coucher. » Théo montre de manière simple et claire que lorsqu’il sent la présence d’un tiers, lorsque ce tiers est physiquement présent près de lui, les « vibrations empêchantes » (les éprouvés désagréables) sont absentes. Pour Théo, la présence concrète de quelqu’un génère un sentiment de sécurité et de protection qui apaise le corps. Lorsque Théo est seul dans sa chambre dans le noir, il ne perçoit plus du tout cette présence, il ne se sent plus protégé et les « vibrations empêchantes » reviennent. Tel que Théo décrit sa situation, sa difficulté se situe dans le passage de la présence du tiers à l’internalisation de lien. Dans La prochaine fois que tu mordras la poussière de Panayotis Pascot, un passage indique ceci : « Tant qu’ils ronflaient, ils étaient pas morts. D’ailleurs j’en voulais à ma mère de pas ronfler assez fort. Si je ne l’entendais pas, j’entrais dans leur chambre, tout doucement pour pas que ça grince, et j’écoutais. Si je l’entendais toujours pas je répétais “Maman, Maman, Maman, Mam...”, jusqu’à ce qu’elle se réveille, calmement, comme toujours. Puis je pleurais un coup, elle me disait quelques mots et je pouvais remonter. » Ce passage est en correspondance avec le vécu de Théo : si les parents ronflent, ils sont vivants, et s’ils ne ronflent plus c’est peut-être qu’ils sont morts, donc que je suis seul au monde. L’entretien se poursuit et entre en résonance avec l’extrait du livre précédemment cité.
- Th. : « Et c’est à quel moment, ça ?
- Théo : Quand je pars dans ma chambre. Je me stresse de m’endormir vite. Quand je me dis qu’il n’y a plus personne de réveillé dans la maison et que, si je n’arrive pas à m’endormir, je ne sais plus comment faire.
- Th. : Comment faire quoi ?
- Théo : Pour m’endormir...
- Th. : Quelle est la différence quand quelqu’un est réveillé ?
- Théo : Quand je sais qu’il y a quelqu’un de réveillé, je peux aller voir la personne au cas où. » Théo confirme par ces précisions que c’est effectivement la présence d’un tiers éveillé et présent qui rend le sentiment de sécurité possible. On notera également que les formulations de Théo sont complexes et singulièrement portées vers les pensées ou les raisonnements, ce qui entretient les difficultés d’endormissement. Il semblerait que Théo cherche des solutions au niveau cognitif (tentatives de solutions inefficaces). Théo explique que le plus souvent, c’est maman qui vient quand il appelle ou lorsqu’il se lève.
- Th. : « Qu’y a-t-il d’utile dans ce que fait Maman ?
- Théo : Elle va me dire des choses pour m’aider à m’endormir.
- Th. : Quelles choses ?
- Théo : Je ne sais pas, elle me parle de basket pour m’aider à m’endormir, pour que je me change les idées.
- Th. : Et là, que se passe-t-il ?
Pour lire la suite...
Arnaud Zeman Psychologue clinicien en libéral. Formateur en Thérapies brèves systémiques à l’ARePTA-IMHENantes et à la Faculté de Psychologie de Nantes. Psychologue en DITEP : Dispositif Institut thérapeutique, éducatif et pédagogique. Superviseur.
Revue Hypnose et Thérapies Brèves 78 N°78 : Août / Sept. / Oct. 2025
Regards sur l'Hypnose
Julien Betbèze, rédacteur en chef, nous présente ce n°78…
8 / Éditorial : « La transe hypnotique est avant tout une expérience poétique » Julien Betbèze
10 / En couverture : Florence Cadène Magnétisme animal Sophie Cohen
12 / Internalisation d’un lien sécurisant Théo, 10 ans et « son » anxiété d’endormissement Arnaud Zeman
24 / Le témoin intérieur et la honte Tout le monde est mieux que moi Géraldine Garon et Solen Montanari
36 / Sortir de l’adoration du produit Dissiper les ruminations du veau d’or : les clés du traitement des addictions David Vergriete et Alexandrine Halliez
ESPACE DOULEUR DOUCEUR
46 / Introduction Gérard Ostermann
50 / Cris et hypnose Répondre aux cris des personnes âgées grâce à l’hypnose Hélène Pousset Abbouchi
58 / Autohypnose pour mon épaule gauche (rupture de la coiffe des rotateurs) et le couple hypnose/fascia Nelly Cadra
73 / DOSSIER REGARDS SUR L’HYPNOSE
74 / Voyage IRM au coeur de l’expérience hypnotique. Exploration de la portée clinique de l’hypnose Jean-Philippe Cottier et Valentin Lefèvre
84 / L’hypnose et le dormeur éveillé Entre songe et pensée Alexandru Cupaciu
88 / Hypnose de spectacle : bénéfices ou dangers pour le sujet Stéphane Radoykov
94 / Une rencontre Être avec... Roxane Yvernay
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102 / Rencontre S. Colombo, Muhuc BONJOUR ET APRÈS...
106 / Marie, ou l’accompagnement d’une patiente lors d’un traitement de cancer Sophie Cohen
- LES CHAMPS DU POSSIBLE
110 / Ce que le corps ne dit pas, mais que l’hypnose écoute : croire pour transformer Adrian Chaboche CULTURE MONDE
114 / L’appel de l’âme Venir au monde dans le village Hmong de Cacao Alice Mancinelli
LIVRES EN BOUCHE
120 / J. Betbèze, S. Cohen
125 / ESPACE FORMATIONS
Illustrations: Florence CADÈNE
En effet, dès le plus jeune âge, le sujet vit des moments dans lesquels un tiers se montre présent et disponible à ses besoins de réassurance. Le plus souvent, il s’agit d’un parent, qui vient bercer l’enfant lorsque celui-ci est en détresse (pleurs, cris) avec pour intention de retrouver une stabilité affective réciproque. Le second temps est celui de l’internalisation des expériences de sécurité relationnelle. La répétition des vécus de partage affectif de l’enfant avec son parent va s’engrammer comme une « réalité tangible » : pour l’enfant, un tiers est effectivement présent, disponible et rassurant. Ce passage au tangible, à l’effectif ou à l’incontestable est essentiel au développement de l’enfant puisqu’il permet l’internalisation des liens sécures.
Ces expériences vont alors se constituer comme ressources pour l’enfant puisqu’elles vont rendre possible la régulation des vécus internes de l’enfant, dans un mouvement de balancier qui va de la détresse à l’apaisement, vers un certain équilibre. En s’appuyant sur ces expériences tangibles et sur ces liens sécures internalisés, le sujet entre dans le troisième temps : il peut libérer sa curiosité, plutôt que de se concentrer sur son vécu interne (les moments de détresse). En effet, un nouveau mouvement s’opère qui va de l’intérieur vers l’extérieur. L’enfant n’est plus seulement occupé à rechercher l’équilibre intérieur entre la détresse et l’apaisement, il peut vivre des moments d’équilibre dans ses éprouvés afin de tourner son attention vers le monde extérieur et déployer sa curiosité : il peut explorer le monde. C’est le temps de l’exploration sur une base sécure. Ces trois temps ne sont pas des étapes chronologiques, elles constituent davantage une succession logique.
Tout au long de sa vie le sujet va continuer de circuler entre ces différents temps. De fait, il va continuer de vivre d’autres expériences relationnelles vivantes au cours de la vie, en occupant différentes places dans la relation, en mobilisant ses ressources. En outre, ces trois temps ne sont pas des processus conscients, ils s’effectuent sans que les protagonistes le sachent, sur un registre inconscient, ou pour le dire avec les mots de Pierre Janet, au niveau subconscient. La psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent repose principalement sur la difficulté d’internalisation des liens sécures et donc sur les possibilités de développer l’autonomie (que certains désignent par « troubles de l’attachement » ou « troubles dissociatifs primaires »). L’approche thérapeutique consiste alors à effectuer un travail de remise en lien avec des expériences de sécurité relationnelles. Cette remise en lien ne s’effectue pas au niveau des idées, des représentations ou du langage mais au niveau affectif et perceptif, en rapport avec des éprouvés internes. Pour parvenir à cette remise en lien, il est judicieux d’emprunter à Alain Vallée la notion d’absorption. L’absorption est la capacité de chacun à entrer dans une expérience corporelle qui mobilise davantage les sensations que les représentations. Alain Vallée utilise cette absorption dans une visée d’acceptation. Concernant les liens sécures, il s’agit de transférer sa proposition du processus d’absorption- acceptation à un travail orienté sur l’absorption-internalisation.
SITUATION DE THÉO
Théo est un garçon particulièrement discret qui s’exprime peu de manière spontanée. Il a 10 ans et sa soeur en a 7. La maman travaille dans un centre de gestion et le papa est responsable dans un laboratoire. Il apprécie le basket qu’il pratique en club et les activités manuelles, il n’est pas particulièrement attiré par les jeux vidéo ou la télévision, ce qui est rare pour les garçons de son âge. Théo a des difficultés d’endormissement qui durent depuis longtemps. Sa maman l’a accompagné et nous avons convenu de travailler sur cette difficulté.
- Thérapeute : « Quand tu dis je suis stressé, tu ressens ça comment dans ton corps ?
- Théo : C’est comme des vibrations.
- Th. : OK, c’est comme des “vibrations”. Et ces vibrations, tu les vis comment ?
- Théo : Pas bien.
- Th. : Ces vibrations, quels effets produisent-elles dans ta vie ?
- Théo : Elles m’empêchent de m’endormir.
- Th. : Est-ce que “vibrations empêchantes” ce serait une bonne manière de nommer ce problème qui t’arrive dans la vie ?
- Théo : Oui. »
Ce passage par une « nomination » est issu du travail de Michael White en thérapie narrative. Cette manière de nommer permet de mettre à distance le problème et de dialoguer avec ce dernier en cherchant à identifier comment ce problème agit et influence la vie du patient. Il s’agit de positionner le problème nommé comme sujet de la question que le thérapeute pose. Cette manière de parler à la troisième personne est familière pour les enfants, puisque dans leurs jeux ils peuvent faire parler des peluches ou des petites voitures, ils rendent animées et vivantes des choses inanimées.
- Th. : « Et sont-elles toujours présentes ces “vibrations empêchantes” ?
- Théo : Non, pas toujours.
- Th. : Quand sont-elles le moins présentes ?
- Théo : A l’école.
- Th. : Que se passe-t-il à l’école pour qu’elles soient moins présentes ?
- Théo : A l’école, il y a mes copains.
- Th. : Donc, si je comprends bien, quand tu dis “à l’école, il y a mes copains”, est-ce que je dois comprendre que les copains ça éloigne les “vibrations empêchantes” ?
- Théo : Oui, ça les éloigne.
- Th. : OK. Et quand sont-elles les plus présentes ?
- Théo : A la maison, le soir.
- Th. : Tu peux m’en dire davantage ?
- Théo : Elles viennent quand je me dis que je pense à me préparer à aller me coucher. » Théo montre de manière simple et claire que lorsqu’il sent la présence d’un tiers, lorsque ce tiers est physiquement présent près de lui, les « vibrations empêchantes » (les éprouvés désagréables) sont absentes. Pour Théo, la présence concrète de quelqu’un génère un sentiment de sécurité et de protection qui apaise le corps. Lorsque Théo est seul dans sa chambre dans le noir, il ne perçoit plus du tout cette présence, il ne se sent plus protégé et les « vibrations empêchantes » reviennent. Tel que Théo décrit sa situation, sa difficulté se situe dans le passage de la présence du tiers à l’internalisation de lien. Dans La prochaine fois que tu mordras la poussière de Panayotis Pascot, un passage indique ceci : « Tant qu’ils ronflaient, ils étaient pas morts. D’ailleurs j’en voulais à ma mère de pas ronfler assez fort. Si je ne l’entendais pas, j’entrais dans leur chambre, tout doucement pour pas que ça grince, et j’écoutais. Si je l’entendais toujours pas je répétais “Maman, Maman, Maman, Mam...”, jusqu’à ce qu’elle se réveille, calmement, comme toujours. Puis je pleurais un coup, elle me disait quelques mots et je pouvais remonter. » Ce passage est en correspondance avec le vécu de Théo : si les parents ronflent, ils sont vivants, et s’ils ne ronflent plus c’est peut-être qu’ils sont morts, donc que je suis seul au monde. L’entretien se poursuit et entre en résonance avec l’extrait du livre précédemment cité.
- Th. : « Et c’est à quel moment, ça ?
- Théo : Quand je pars dans ma chambre. Je me stresse de m’endormir vite. Quand je me dis qu’il n’y a plus personne de réveillé dans la maison et que, si je n’arrive pas à m’endormir, je ne sais plus comment faire.
- Th. : Comment faire quoi ?
- Théo : Pour m’endormir...
- Th. : Quelle est la différence quand quelqu’un est réveillé ?
- Théo : Quand je sais qu’il y a quelqu’un de réveillé, je peux aller voir la personne au cas où. » Théo confirme par ces précisions que c’est effectivement la présence d’un tiers éveillé et présent qui rend le sentiment de sécurité possible. On notera également que les formulations de Théo sont complexes et singulièrement portées vers les pensées ou les raisonnements, ce qui entretient les difficultés d’endormissement. Il semblerait que Théo cherche des solutions au niveau cognitif (tentatives de solutions inefficaces). Théo explique que le plus souvent, c’est maman qui vient quand il appelle ou lorsqu’il se lève.
- Th. : « Qu’y a-t-il d’utile dans ce que fait Maman ?
- Théo : Elle va me dire des choses pour m’aider à m’endormir.
- Th. : Quelles choses ?
- Théo : Je ne sais pas, elle me parle de basket pour m’aider à m’endormir, pour que je me change les idées.
- Th. : Et là, que se passe-t-il ?
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Arnaud Zeman Psychologue clinicien en libéral. Formateur en Thérapies brèves systémiques à l’ARePTA-IMHENantes et à la Faculté de Psychologie de Nantes. Psychologue en DITEP : Dispositif Institut thérapeutique, éducatif et pédagogique. Superviseur.
Revue Hypnose et Thérapies Brèves 78 N°78 : Août / Sept. / Oct. 2025
Regards sur l'Hypnose
Julien Betbèze, rédacteur en chef, nous présente ce n°78…
8 / Éditorial : « La transe hypnotique est avant tout une expérience poétique » Julien Betbèze
10 / En couverture : Florence Cadène Magnétisme animal Sophie Cohen
12 / Internalisation d’un lien sécurisant Théo, 10 ans et « son » anxiété d’endormissement Arnaud Zeman
24 / Le témoin intérieur et la honte Tout le monde est mieux que moi Géraldine Garon et Solen Montanari
36 / Sortir de l’adoration du produit Dissiper les ruminations du veau d’or : les clés du traitement des addictions David Vergriete et Alexandrine Halliez
ESPACE DOULEUR DOUCEUR
46 / Introduction Gérard Ostermann
50 / Cris et hypnose Répondre aux cris des personnes âgées grâce à l’hypnose Hélène Pousset Abbouchi
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73 / DOSSIER REGARDS SUR L’HYPNOSE
74 / Voyage IRM au coeur de l’expérience hypnotique. Exploration de la portée clinique de l’hypnose Jean-Philippe Cottier et Valentin Lefèvre
84 / L’hypnose et le dormeur éveillé Entre songe et pensée Alexandru Cupaciu
88 / Hypnose de spectacle : bénéfices ou dangers pour le sujet Stéphane Radoykov
94 / Une rencontre Être avec... Roxane Yvernay
RUBRIQUES
- QUIPROQUO
102 / Rencontre S. Colombo, Muhuc BONJOUR ET APRÈS...
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114 / L’appel de l’âme Venir au monde dans le village Hmong de Cacao Alice Mancinelli
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120 / J. Betbèze, S. Cohen
125 / ESPACE FORMATIONS
Illustrations: Florence CADÈNE
Catégories: Hypnose Paris,EMDR,Thérapie Brève Paris
La transe hypnotique est avant tout une expérience poétique. Revue Hypnose et Thérapies Brèves 78.
Par Dr Julien BETBEZE
L’hypnose a mille visages, elle est signe de créativité et de déplacement des représentations. Retrouver des liens vivants par l’internalisation de liens affectifs sécurisants est au centre de cette pratique. Avec la situation de Théo, âgé de 10 ans, souffrant d’une anxiété d’endormissement, Arnaud Zeman nous montre comment, avec le toucher de la maman et un questionnement externalisant, l’enfant va pouvoir se réassocier, s’autonomiser et ouvrir son avenir.
Cette dimension du temps est absente lorsque les sujets sont pris dans la répétition d’autosuggestions négatives et qu’ils perdent confiance dans le lien thérapeutique. Géraldine Garon et Solen Montanari nous présentent l’intérêt du travail avec le témoin intérieur pour que la patiente, Laurence, puisse traverser sa honte et retrouver un lien structurant avec son petit garçon. L’utilisation du dialogue narratif, sous forme de conversation hypnotique, rend possible une nouvelle perception de la relation humaine comme lieu de valorisation du sujet. Cette valorisation est également absente dans les troubles addictifs, et remplacée par l’adoration d’un produit ou d’un comportement qui maintient le sujet dans une fascination délétère. David Vergriete et Alexandrine Halliez proposent la métaphore du veau d’or pour susciter la réflexion afin de briser l’idolâtrie envers l’objet addictogène devant lequel le patient est contraint de s’incliner. Cette métaphore nous paraît essentielle pour penser et agir la dés-addiction.
Gérard Ostermann nous présente le beau texte d’Hélène Pousset Abbouchi : elle nous raconte les cris de Marie-France, seul langage la rattachant à sa dignité. « Ce texte est un hommage vibrant aux soignants des EHPAD qui, chaque jour, inventent une humanité nouvelle dans les interstices du protocole ». Il nous présente également le témoignage de Nelly Cadra, retraçant son expérience d’autohypnose lors d’une intervention chirurgicale de l’épaule. Elle évoque l’importance du lien entre émotions, hypnose et fasciathérapie, permettant la réappropriation du corps autrement que dans la souffrance. Dans le dossier thématique, nous commençons par un voyage IRM « piloté » par Jean-Philippe Cottier et Valentin Lefèvre, à la recherche de la compréhension des mécanismes de l’hypnose. Dans cette étude très documentée, ils décrivent les interactions fonctionnelles entre le mode par défaut, le réseau de la saillance et le réseau du contrôle exécutif. L’IRM nous révèle la profondeur théorique et la portée clinique de l’hypnose.
Nous cheminons ensuite avec Alexandru Cupaciu sur les terres de l’hypnose et de la poésie. À partir des réflexions de Gaston Bachelard, sur le lien entre action et imaginaire, il nous fait saisir en quoi la transe hypnotique est avant tout une expérience poétique. Puis nous partons au spectacle avec Stéphane Radoykov qui souligne les risques de l’hypnose lorsqu’elle mélange spectacle et fascination pour la performance. Il montre l’écart avec l’hypnose thérapeutique, caractérisée par l’accueil de la vulnérabilité et la coopération.
Cette modalité relationnelle, si chère à Erickson, est une alchimie mystérieuse, qui relie les êtres et leur permet de se laisser traverser par la vie : pour Roxane Yvernay « être avec » est au centre de notre éthique soignante et de notre pratique.
Cette dimension de la rencontre est illustrée avec humour par Muhuc et Stefano Colombo. Sophie Cohen nous présente Marie, 33 ans, traitée pour un cancer et qui, grâce à l’activation d’un imaginaire de guérison, pourra traverser cette épreuve et retrouver une plus grande paix intérieure. Adrian Chaboche nous aide à comprendre que l’hypnose n’est pas une technique que l’on applique, c’est une relation que l’on tisse, et ce tissage redonne au sujet l’autorisation de ressentir, comprendre, imaginer sa vie autrement. Poursuivez ce voyage en Guyane dans le village Hmong de Cacao avec Alice Mancinelli qui met en lumière le rôle de la transe et du rituel d’accueil pour que la « venue au monde » passe par un venir à la vie.
Dr Julien BETBEZE Rédacteur en chef de la revue « Hypnose & Thérapies brèves ». Pédopsychiatre et psychiatre adultes, Chargé de cours à la Faculté de médecine de Nantes et au sein des Instituts de la CFHTB. Formateur en hypnose, thérapies stratégiques, solutionnistes et narratives à l’ARePTA-IMHENA. Coauteur de nombreux ouvrages et publications.
Commandez la Revue Hypnose et Thérapies Brèves 78 N°78 : Août / Sept. / Oct. 2025
Regards sur l'Hypnose
Julien Betbèze, rédacteur en chef, nous présente ce n°78…
8 / Éditorial : « La transe hypnotique est avant tout une expérience poétique » Julien Betbèze
10 / En couverture : Florence Cadène Magnétisme animal Sophie Cohen
12 / Internalisation d’un lien sécurisant Théo, 10 ans et « son » anxiété d’endormissement Arnaud Zeman
24 / Le témoin intérieur et la honte Tout le monde est mieux que moi Géraldine Garon et Solen Montanari
36 / Sortir de l’adoration du produit Dissiper les ruminations du veau d’or : les clés du traitement des addictions David Vergriete et Alexandrine Halliez
ESPACE DOULEUR DOUCEUR
46 / Introduction Gérard Ostermann
50 / Cris et hypnose Répondre aux cris des personnes âgées grâce à l’hypnose Hélène Pousset Abbouchi
58 / Autohypnose pour mon épaule gauche (rupture de la coiffe des rotateurs) et le couple hypnose/fascia Nelly Cadra
73 / DOSSIER REGARDS SUR L’HYPNOSE
74 / Voyage IRM au coeur de l’expérience hypnotique. Exploration de la portée clinique de l’hypnose Jean-Philippe Cottier et Valentin Lefèvre
84 / L’hypnose et le dormeur éveillé Entre songe et pensée Alexandru Cupaciu
88 / Hypnose de spectacle : bénéfices ou dangers pour le sujet Stéphane Radoykov
94 / Une rencontre Être avec... Roxane Yvernay
RUBRIQUES
- QUIPROQUO
102 / Rencontre S. Colombo, Muhuc BONJOUR ET APRÈS...
106 / Marie, ou l’accompagnement d’une patiente lors d’un traitement de cancer Sophie Cohen
- LES CHAMPS DU POSSIBLE
110 / Ce que le corps ne dit pas, mais que l’hypnose écoute : croire pour transformer Adrian Chaboche CULTURE MONDE
114 / L’appel de l’âme Venir au monde dans le village Hmong de Cacao Alice Mancinelli
LIVRES EN BOUCHE
120 / J. Betbèze, S. Cohen
125 / ESPACE FORMATIONS
Illustrations: Florence CADÈNE
Cette dimension du temps est absente lorsque les sujets sont pris dans la répétition d’autosuggestions négatives et qu’ils perdent confiance dans le lien thérapeutique. Géraldine Garon et Solen Montanari nous présentent l’intérêt du travail avec le témoin intérieur pour que la patiente, Laurence, puisse traverser sa honte et retrouver un lien structurant avec son petit garçon. L’utilisation du dialogue narratif, sous forme de conversation hypnotique, rend possible une nouvelle perception de la relation humaine comme lieu de valorisation du sujet. Cette valorisation est également absente dans les troubles addictifs, et remplacée par l’adoration d’un produit ou d’un comportement qui maintient le sujet dans une fascination délétère. David Vergriete et Alexandrine Halliez proposent la métaphore du veau d’or pour susciter la réflexion afin de briser l’idolâtrie envers l’objet addictogène devant lequel le patient est contraint de s’incliner. Cette métaphore nous paraît essentielle pour penser et agir la dés-addiction.
Gérard Ostermann nous présente le beau texte d’Hélène Pousset Abbouchi : elle nous raconte les cris de Marie-France, seul langage la rattachant à sa dignité. « Ce texte est un hommage vibrant aux soignants des EHPAD qui, chaque jour, inventent une humanité nouvelle dans les interstices du protocole ». Il nous présente également le témoignage de Nelly Cadra, retraçant son expérience d’autohypnose lors d’une intervention chirurgicale de l’épaule. Elle évoque l’importance du lien entre émotions, hypnose et fasciathérapie, permettant la réappropriation du corps autrement que dans la souffrance. Dans le dossier thématique, nous commençons par un voyage IRM « piloté » par Jean-Philippe Cottier et Valentin Lefèvre, à la recherche de la compréhension des mécanismes de l’hypnose. Dans cette étude très documentée, ils décrivent les interactions fonctionnelles entre le mode par défaut, le réseau de la saillance et le réseau du contrôle exécutif. L’IRM nous révèle la profondeur théorique et la portée clinique de l’hypnose.
Nous cheminons ensuite avec Alexandru Cupaciu sur les terres de l’hypnose et de la poésie. À partir des réflexions de Gaston Bachelard, sur le lien entre action et imaginaire, il nous fait saisir en quoi la transe hypnotique est avant tout une expérience poétique. Puis nous partons au spectacle avec Stéphane Radoykov qui souligne les risques de l’hypnose lorsqu’elle mélange spectacle et fascination pour la performance. Il montre l’écart avec l’hypnose thérapeutique, caractérisée par l’accueil de la vulnérabilité et la coopération.
Cette modalité relationnelle, si chère à Erickson, est une alchimie mystérieuse, qui relie les êtres et leur permet de se laisser traverser par la vie : pour Roxane Yvernay « être avec » est au centre de notre éthique soignante et de notre pratique.
Cette dimension de la rencontre est illustrée avec humour par Muhuc et Stefano Colombo. Sophie Cohen nous présente Marie, 33 ans, traitée pour un cancer et qui, grâce à l’activation d’un imaginaire de guérison, pourra traverser cette épreuve et retrouver une plus grande paix intérieure. Adrian Chaboche nous aide à comprendre que l’hypnose n’est pas une technique que l’on applique, c’est une relation que l’on tisse, et ce tissage redonne au sujet l’autorisation de ressentir, comprendre, imaginer sa vie autrement. Poursuivez ce voyage en Guyane dans le village Hmong de Cacao avec Alice Mancinelli qui met en lumière le rôle de la transe et du rituel d’accueil pour que la « venue au monde » passe par un venir à la vie.
Dr Julien BETBEZE Rédacteur en chef de la revue « Hypnose & Thérapies brèves ». Pédopsychiatre et psychiatre adultes, Chargé de cours à la Faculté de médecine de Nantes et au sein des Instituts de la CFHTB. Formateur en hypnose, thérapies stratégiques, solutionnistes et narratives à l’ARePTA-IMHENA. Coauteur de nombreux ouvrages et publications.
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Regards sur l'Hypnose
Julien Betbèze, rédacteur en chef, nous présente ce n°78…
8 / Éditorial : « La transe hypnotique est avant tout une expérience poétique » Julien Betbèze
10 / En couverture : Florence Cadène Magnétisme animal Sophie Cohen
12 / Internalisation d’un lien sécurisant Théo, 10 ans et « son » anxiété d’endormissement Arnaud Zeman
24 / Le témoin intérieur et la honte Tout le monde est mieux que moi Géraldine Garon et Solen Montanari
36 / Sortir de l’adoration du produit Dissiper les ruminations du veau d’or : les clés du traitement des addictions David Vergriete et Alexandrine Halliez
ESPACE DOULEUR DOUCEUR
46 / Introduction Gérard Ostermann
50 / Cris et hypnose Répondre aux cris des personnes âgées grâce à l’hypnose Hélène Pousset Abbouchi
58 / Autohypnose pour mon épaule gauche (rupture de la coiffe des rotateurs) et le couple hypnose/fascia Nelly Cadra
73 / DOSSIER REGARDS SUR L’HYPNOSE
74 / Voyage IRM au coeur de l’expérience hypnotique. Exploration de la portée clinique de l’hypnose Jean-Philippe Cottier et Valentin Lefèvre
84 / L’hypnose et le dormeur éveillé Entre songe et pensée Alexandru Cupaciu
88 / Hypnose de spectacle : bénéfices ou dangers pour le sujet Stéphane Radoykov
94 / Une rencontre Être avec... Roxane Yvernay
RUBRIQUES
- QUIPROQUO
102 / Rencontre S. Colombo, Muhuc BONJOUR ET APRÈS...
106 / Marie, ou l’accompagnement d’une patiente lors d’un traitement de cancer Sophie Cohen
- LES CHAMPS DU POSSIBLE
110 / Ce que le corps ne dit pas, mais que l’hypnose écoute : croire pour transformer Adrian Chaboche CULTURE MONDE
114 / L’appel de l’âme Venir au monde dans le village Hmong de Cacao Alice Mancinelli
LIVRES EN BOUCHE
120 / J. Betbèze, S. Cohen
125 / ESPACE FORMATIONS
Illustrations: Florence CADÈNE
Catégories: Hypnose Paris,EMDR,Thérapie Brève Paris
Gerer mes crises d'angoisses et ma phobie de vomir
Bonsoir Aurore,
Un travail psy peut souvent faire remonter des évènements difficiles et dans ce cas, laissons votre thérapeute continuer le travail..
Avez-vous déjà consulté en EMDR pour travailler vos crises d'angoisse ?
Bonne soirée à vous.
Laurent GROSS
Un travail psy peut souvent faire remonter des évènements difficiles et dans ce cas, laissons votre thérapeute continuer le travail..
Avez-vous déjà consulté en EMDR pour travailler vos crises d'angoisse ?
Bonne soirée à vous.
Laurent GROSS
Gerer mes crises d'angoisses et ma phobie de vomir
J'ai besoin d'aide. Je suis émétophobe depuis très longtemps. En ce moment ça va pas trop je garde beaucoup de choses en moi et jeudi je suis allée chez ma psy pour vider mon sac. Le soir j'ai v*** toute la nuit : je pense que c'est le fait d'avoir parler avec elle ça a remué des choses...
Depuis quelques jours ça allait mieux je re mangeais mais là depuis cette après-midi je fais quelques petites crises d'angoisses et ça me fait paniquer. J'ai peur que ça recommence comme jeudi. J'arrive pas à les calmer et à me calmer en même temps. Que faire ? Merci
Depuis quelques jours ça allait mieux je re mangeais mais là depuis cette après-midi je fais quelques petites crises d'angoisses et ça me fait paniquer. J'ai peur que ça recommence comme jeudi. J'arrive pas à les calmer et à me calmer en même temps. Que faire ? Merci
La Thérapeute peut guérir l’insomnie
Bonjour, pour retrouver le sommeil avez vous essayé la cohérence cardiaque ? Il s'agit d'une pratique respiratoire simple qui permet de retrouver le calme de manière physique et mentale avant de s'endormir. Cela permet à la fois de s'endormir plus facilement, mais aussi de limiter les réveil nocturnes.
J'ai retrouvé un article qui me semble pas mal inspirant sur le sujet, il présente les avantages et inconvénients de cette pratique avec quelques règles simples pour essayer :
NDLR: Merci de ne pas polluer le forum sur la Psychothérapie
J'ai retrouvé un article qui me semble pas mal inspirant sur le sujet, il présente les avantages et inconvénients de cette pratique avec quelques règles simples pour essayer :
NDLR: Merci de ne pas polluer le forum sur la Psychothérapie
Michal LEVY
Psychologue, Praticienne en EMDR Intégrative Certifiée par France EMDR - IMO ®
Licence et Master en Psychologie Clinique du Développement à l'université de Strasbourg.
Formation en Coaching en Psychologie Positive.
Approche centrée sur les ressources individuelles, les forces personnelles et le développement du bien-être.
Consultations cliniques auprès d’enfants, d’adolescents et d’adultes
• Bilans psychologiques.
• Accompagnement thérapeutique individuel.
• Guidance parentale.
• Thérapie familiale.
• Accompagnement du développement affectif, cognitif et émotionnel.
• Gestion du Stress Post-Traumatique.
Consultations Cabinet pluridisciplinaire
74 avenue des Vosges
67000 Strasbourg
Tel: 0756991119
Formation EMDR Intégrative
Formation en EMDR Intégrative, EMDR IMO Certifiée France EMDR IMO ® par Claire DAHAN
Formation au CHTIP Collège Hypnose & Thérapies Intégratives de Paris, et à l'Institut IN-DOLORE.
Institut IN-DOLORE à Paris
Inscrite au Registre des Praticiens EMDR - IMO de France sous le numéro 261910005
Licence et Master en Psychologie Clinique du Développement à l'université de Strasbourg.
Formation en Coaching en Psychologie Positive.
Approche centrée sur les ressources individuelles, les forces personnelles et le développement du bien-être.
Consultations cliniques auprès d’enfants, d’adolescents et d’adultes
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• Accompagnement thérapeutique individuel.
• Guidance parentale.
• Thérapie familiale.
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Formation EMDR Intégrative
Formation en EMDR Intégrative, EMDR IMO Certifiée France EMDR IMO ® par Claire DAHAN
Formation au CHTIP Collège Hypnose & Thérapies Intégratives de Paris, et à l'Institut IN-DOLORE.
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Inscrite au Registre des Praticiens EMDR - IMO de France sous le numéro 261910005
Où peut-on acheter ivermectine en France ?
ivermectine-comprime.com est un site reconnu comme le meilleur pour acheter de l’ivermectine sans ordonnance.
L’ivermectine est un médicament antiparasitaire, utilisé notamment contre certaines infections parasitaires (comme la gale, la rosacée ou d’autres parasitoses), et disponible en livraison rapide;
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Christel BAGNERIS
Praticienne EMDR - IMO, Psychothérapeute d'orientation systémique, Systemicienne, Praticienne en Hypnose Thérapeutique.
Directrice d'un lieu de placement pour adolescent en difficultés et thérapeute familial j'ai intégré à ma pratique des outils de thérapies brèves, l'hypnose thérapeutique et l'EMDR - IMO
J'accompagne en cabinet des familles mais également des adultes et des adolescents en consultation individuelle.
Je pars de la singularité de chaque situation et accompagne mes consultants en choisissant les outils les plus pertinents. Les outils (hypnose, EMDR, etc...) s'adaptent aux situations en s'intégrant dans le suivi et non pas l'inverse.
Adolescents et Jeune adultes.
Adultes.
Psychotrauma.
Transgénérationnel.
Phobies / Anxiété / Angoisses.
Accompagnement aux examens.
Membre des instituts:
IMHETO, Institut Milton Erickson Toulouse
Hynosium, Insitut Milton Erickson Biarritz
Emergences
AFNH
Supervisée par Laurence Adjadj
Consultations 2 Rue Louis Blériot
31800 SAINT GAUDENS
0775729875
www.linkedin.com/in/christel-bagneris
https://www.facebook.com/TerHappy31
Formation EMDR Intégrative
Formation en EMDR Intégrative, EMDR IMO Certifiée France EMDR IMO ® par Laurence ADJADJ
Inscrit au Registre des Praticiens EMDR - IMO de France sous le numéro 225002001
Directrice d'un lieu de placement pour adolescent en difficultés et thérapeute familial j'ai intégré à ma pratique des outils de thérapies brèves, l'hypnose thérapeutique et l'EMDR - IMO
J'accompagne en cabinet des familles mais également des adultes et des adolescents en consultation individuelle.
Je pars de la singularité de chaque situation et accompagne mes consultants en choisissant les outils les plus pertinents. Les outils (hypnose, EMDR, etc...) s'adaptent aux situations en s'intégrant dans le suivi et non pas l'inverse.
Adolescents et Jeune adultes.
Adultes.
Psychotrauma.
Transgénérationnel.
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Accompagnement aux examens.
Membre des instituts:
IMHETO, Institut Milton Erickson Toulouse
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Formation EMDR Intégrative
Formation en EMDR Intégrative, EMDR IMO Certifiée France EMDR IMO ® par Laurence ADJADJ
Inscrit au Registre des Praticiens EMDR - IMO de France sous le numéro 225002001
Frédéric GUERRI
Diététicien Nutritionniste, Praticien EMDR - IMO.
Hynpnothérapie et Thérapie Narrative, Thérapie Brèves Orientée Solution.
Membre des instituts:
- Institut Milton Erickson de Toulouse. (IMHETO).
- Institut Milton Erickson du Pays basque.
- Emergence de Rennes.
- AREPTA de Nantes
Certificat d’hypnose Clinique (CFHTB)
Diplôme d’Université d’hypnose médicale (Université Paul Sabatier)
BTS de Diététique (CNED de Grenoble)
Diplôme d’Université de Nutrition appliquée aux Activités Physiques et au Sport (Université Paul Sabatier)
Préparateur Physique (Creps de Toulouse)
Traitement du psychotraumatisme et de l'anxiété en HDJ, Clinique de Castelviel (TCA).
Membre du comité pédagogique du D.U. hypnose médicale de Toulouse.
Chargé d’enseignement dans le cadre D.U. Art Thérapies et formation d'Analyse des Pratiques.
Consultations 19 rue Léo Lagrange
31390 CARBONNE
06 10 64 50 56
(A 30mn de Toulouse)
https://www.guerri-frederic.fr/
Formation EMDR Intégrative
Formation en EMDR Intégrative, EMDR IMO Certifiée France EMDR IMO ® par Laurence ADJADJ
Inscrit au Registre des Praticiens EMDR - IMO de France sous le numéro 225002006
Hynpnothérapie et Thérapie Narrative, Thérapie Brèves Orientée Solution.
Membre des instituts:
- Institut Milton Erickson de Toulouse. (IMHETO).
- Institut Milton Erickson du Pays basque.
- Emergence de Rennes.
- AREPTA de Nantes
Certificat d’hypnose Clinique (CFHTB)
Diplôme d’Université d’hypnose médicale (Université Paul Sabatier)
BTS de Diététique (CNED de Grenoble)
Diplôme d’Université de Nutrition appliquée aux Activités Physiques et au Sport (Université Paul Sabatier)
Préparateur Physique (Creps de Toulouse)
Traitement du psychotraumatisme et de l'anxiété en HDJ, Clinique de Castelviel (TCA).
Membre du comité pédagogique du D.U. hypnose médicale de Toulouse.
Chargé d’enseignement dans le cadre D.U. Art Thérapies et formation d'Analyse des Pratiques.
Consultations 19 rue Léo Lagrange
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Formation en EMDR Intégrative, EMDR IMO Certifiée France EMDR IMO ® par Laurence ADJADJ
Inscrit au Registre des Praticiens EMDR - IMO de France sous le numéro 225002006
Quel est le meilleur site pour acheter Cialis en toute confiance ?
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Merci de ne pas polluer le forum de Psychothérapie . FR
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Karine FROMENTIN
Ostéopathe D.O, Praticienne EMDR - IMO, Hypnothérapeute.
Ostéopathe de formation, je me suis très tôt intéressée au corps comme lieu d’expression des émotions et de la douleur.
Au fil de ma pratique, j’ai observé combien certaines douleurs persistent malgré un travail corporel précis, révélant une dimension plus profonde, parfois émotionnelle ou traumatique.
Cette compréhension m’a conduite à me former à l’hypnose, puis à l’EMDR, afin d’élargir mon approche et d’accompagner les patients de manière plus globale.
Mon intérêt réside dans une prise en charge intégrative, respectueuse du rythme de chacun, où le corps et l’esprit dialoguent pour favoriser un mieux-être durable.
D.U. de formation des professionnels de la santé à la prise en charge de la douleur
Chargée de cours sur le thème de la Douleur.
Hypnose médicale, Douleur chronique.
Hypnose, EMDR en cancérologie.
Consultations 4 rue Gauthey
75017 Paris
0952679403
https://www.doctolib.fr/osteopathe/paris/karine-fromentin
http://www.karinefromentin.fr/
https://fr.linkedin.com/in/fromentin-karine-54a45479
Formation EMDR Intégrative
Formation au CHTIP Collège Hypnose & Thérapies Intégratives de Paris, et à l'Institut IN-DOLORE.
Formation en EMDR Intégrative, EMDR IMO à France EMDR IMO avec Laurent GROSS & Laurence ADJADJ
Institut IN-DOLORE à Paris
Inscrite au Registre des Praticiens EMDR - IMO de France sous le numéro 251812013
Ostéopathe de formation, je me suis très tôt intéressée au corps comme lieu d’expression des émotions et de la douleur.
Au fil de ma pratique, j’ai observé combien certaines douleurs persistent malgré un travail corporel précis, révélant une dimension plus profonde, parfois émotionnelle ou traumatique.
Cette compréhension m’a conduite à me former à l’hypnose, puis à l’EMDR, afin d’élargir mon approche et d’accompagner les patients de manière plus globale.
Mon intérêt réside dans une prise en charge intégrative, respectueuse du rythme de chacun, où le corps et l’esprit dialoguent pour favoriser un mieux-être durable.
D.U. de formation des professionnels de la santé à la prise en charge de la douleur
Chargée de cours sur le thème de la Douleur.
Hypnose médicale, Douleur chronique.
Hypnose, EMDR en cancérologie.
Consultations 4 rue Gauthey
75017 Paris
0952679403
https://www.doctolib.fr/osteopathe/paris/karine-fromentin
http://www.karinefromentin.fr/
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Formation EMDR Intégrative
Formation au CHTIP Collège Hypnose & Thérapies Intégratives de Paris, et à l'Institut IN-DOLORE.
Formation en EMDR Intégrative, EMDR IMO à France EMDR IMO avec Laurent GROSS & Laurence ADJADJ
Institut IN-DOLORE à Paris
Inscrite au Registre des Praticiens EMDR - IMO de France sous le numéro 251812013
Bordeaux: Session 5 du Diplôme Inter Universitaire d'Hypnose Médicale, Clinique et Thérapeutique.
9ème jour : mercredi 04 Février 2026
09h00 - 10h30 :
Compréhension, place et enjeux de l’hypnose en soins palliatifs
Pr Antoine BIOY
11h00 - 12H30 :
Travail autour du percept et de la présence en soins palliatifs
Pr Antoine BIOY
13h30 - 17h30 :
Flexibilité et mouvements de vie en soins palliatifs à travers le travail des suggestions et des métaphores
Pr Antoine BIOY
10ème jour : jeudi 05 Février 2026
09h00 - 10h30 :
Définitions, enjeux et expériences d’autohypnose
Dr Nathalie PERICHON-MANGUIN
11h00 - 12H30 :
Concept, percept et enjeux de l’hypnose en mouvement
Mme Pauline SARREAU et Mme Stéphanie POSSAMAI
13h30 - 17h30 :
Expériences d’autohypnose et d’hypnose en mouvement
Dr Nathalie PERICHON-MANGUIN, Mme Pauline SARREAU et Mme Stéphanie POSSAMAI
11ème jour : Vendredi 06 février 2026
09h00 – 12h30 :
Troubles anxieux et dépressifs chez l'adulte, l'adolescent, l'enfant :
Apport de l'hypnose et des interventions de Thérapies Brèves selon TACT (techniques et application de la communication en thérapie)
Dr Jacques AUGER, Dr Jacques PUICHAUD
13h30 - 17h30 :
Atelier de pratiques :
- exercices présentant différentes modalités de l'hypnose utilisable pour les troubles anxieux et dépressifs chez les enfants, adolescents, adultes - démonstration
- exemples de questionnements orientés vers les solutions dont le PPCPO (plus petit changement pertinent observable)
Dr Jacques AUGER, Dr Jacques PUICHAUD
*************************************
RESPONSABLE DE LA FORMATION D'HYPNOSE MÉDICALE CLINIQUE ET THERAPEUTIQUE DE BORDEAUX.
Professeur François SZTARK
CHU de Bordeaux Service Anesthésie-Réanimation.
MD, PhD - Professeur des universités, Praticien hospitalier - Anesthésie Réanimation Douleur - Hypnose -Méditation - Instructeur MBSR.
*************************************
COORDINATEUR ET RESPONSABLE PEDAGOGIQUE DE LA FORMATION D'HYPNOSE MÉDICALE CLINIQUE ET THERAPEUTIQUE DE BORDEAUX.
Docteur Sylvie COLOMBANI-CLAUDEL
Institut Bergonié Département d’Anesthésie-Réanimation
Centre Régional de Lutte Contre le Cancer Bordeaux
Hypno praticienne depuis 2004 ( DU d’hypnose de Paris dans le cadre de ses compétences (douleurs aiguës et chroniques)
Présidente de l’association Hypnose33 Ecole Bordelaise Ericksonienne depuis 2015,
DU de transes et des ECM obtenu en 2022
Membre du bureau de la Confédération Francophone d’Hypnose et Thérapies Brèves (CFHTB)
Présidente du 13eme forum de la CFHTB qui s'est déroulé du 15 au 18 mai 2024 à Bordeaux.
Praticienne EMDR - IMO, EMDR Intégrative, Membre de France EMDR-IMO ®]
146 Rue Léo Saignat du 04/02/2026 00h00 au 05/02/2026 23h50
https://www.hypnose-ericksonienne.org/Diplome-Inter-Universitaire-d-Hypnose-Medicale-Clinique-et-Therapeutique-de-Bordeaux_a1473.html
09h00 - 10h30 :
Compréhension, place et enjeux de l’hypnose en soins palliatifs
Pr Antoine BIOY
11h00 - 12H30 :
Travail autour du percept et de la présence en soins palliatifs
Pr Antoine BIOY
13h30 - 17h30 :
Flexibilité et mouvements de vie en soins palliatifs à travers le travail des suggestions et des métaphores
Pr Antoine BIOY
10ème jour : jeudi 05 Février 2026
09h00 - 10h30 :
Définitions, enjeux et expériences d’autohypnose
Dr Nathalie PERICHON-MANGUIN
11h00 - 12H30 :
Concept, percept et enjeux de l’hypnose en mouvement
Mme Pauline SARREAU et Mme Stéphanie POSSAMAI
13h30 - 17h30 :
Expériences d’autohypnose et d’hypnose en mouvement
Dr Nathalie PERICHON-MANGUIN, Mme Pauline SARREAU et Mme Stéphanie POSSAMAI
11ème jour : Vendredi 06 février 2026
09h00 – 12h30 :
Troubles anxieux et dépressifs chez l'adulte, l'adolescent, l'enfant :
Apport de l'hypnose et des interventions de Thérapies Brèves selon TACT (techniques et application de la communication en thérapie)
Dr Jacques AUGER, Dr Jacques PUICHAUD
13h30 - 17h30 :
Atelier de pratiques :
- exercices présentant différentes modalités de l'hypnose utilisable pour les troubles anxieux et dépressifs chez les enfants, adolescents, adultes - démonstration
- exemples de questionnements orientés vers les solutions dont le PPCPO (plus petit changement pertinent observable)
Dr Jacques AUGER, Dr Jacques PUICHAUD
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RESPONSABLE DE LA FORMATION D'HYPNOSE MÉDICALE CLINIQUE ET THERAPEUTIQUE DE BORDEAUX.
Professeur François SZTARK
CHU de Bordeaux Service Anesthésie-Réanimation.
MD, PhD - Professeur des universités, Praticien hospitalier - Anesthésie Réanimation Douleur - Hypnose -Méditation - Instructeur MBSR.
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COORDINATEUR ET RESPONSABLE PEDAGOGIQUE DE LA FORMATION D'HYPNOSE MÉDICALE CLINIQUE ET THERAPEUTIQUE DE BORDEAUX.
Docteur Sylvie COLOMBANI-CLAUDEL
Institut Bergonié Département d’Anesthésie-Réanimation
Centre Régional de Lutte Contre le Cancer Bordeaux
Hypno praticienne depuis 2004 ( DU d’hypnose de Paris dans le cadre de ses compétences (douleurs aiguës et chroniques)
Présidente de l’association Hypnose33 Ecole Bordelaise Ericksonienne depuis 2015,
DU de transes et des ECM obtenu en 2022
Membre du bureau de la Confédération Francophone d’Hypnose et Thérapies Brèves (CFHTB)
Présidente du 13eme forum de la CFHTB qui s'est déroulé du 15 au 18 mai 2024 à Bordeaux.
Praticienne EMDR - IMO, EMDR Intégrative, Membre de France EMDR-IMO ®]
146 Rue Léo Saignat du 04/02/2026 00h00 au 05/02/2026 23h50
https://www.hypnose-ericksonienne.org/Diplome-Inter-Universitaire-d-Hypnose-Medicale-Clinique-et-Therapeutique-de-Bordeaux_a1473.html



