Livres Nouvelle Hypnose

Nouvelle Hypnose Jean BECCHIONouvelle Hypnose, Initiation et Pratique. Dr Jean BECCHIO, Dr Charles JOUSSELIN


 La Nouvelle Hypnose. Vocabulaire, principes et méthode. Dr Jean GODIN



Hypnose Ericksonienne Thérapie Brève

Boules de couleur en chirurgie dentaire. Revue Hypnose et Thérapies Brèves 79.

Formation Hypnose Medicale - il y a 1 heure 8 min
« ELLE COURAIT DANS SA TÊTE » De l’écoute, de la bienveillance... et ce petit « truc » qui fait la différence : une simple boule colorée. Passer dans le fauteuil du chirurgien-dentiste inspire rarement confort et sérénité. Et c’est grâce à l’association hypnose et boule de caoutchouc que le spécialiste apaise ici sa patiente privée de motricité, jusqu’à lui redonner des ailes... LE CONTEXTE

Après des études en biologie et en neurophysiologie, j’ai entamé une reconversion professionnelle à 27 ans comme chirurgien-dentiste. J’avais eu la chance de travailler avec Patrick Lemoine au Vinatier dans un service de physiologie du sommeil et de sevrage médicamenteux. J’ai été formé par le professeur Michel Jouvet (découvreur du sommeil paradoxal) et Alain Buguet (spécialiste militaire du sommeil en milieu arctique) à la chirurgie et la polysomnographie. J’ai donc reçu une double formation en physiologie du cerveau et en psychologie. Je pratique l’hypnose depuis plus de dix années et je suis diplômé en analyse de la pratique de la faculté de psychologie de Lyon 2.

C’est la rencontre avec Gaston Brosseau en 2015 qui a changé définitivement ma pratique.
La plupart des patients qui me consultent pour des soins dentaires connaissent ma formation initiale de chercheur en neuropsychiatrie et d’enseignant en psychologie médicale. Ils me sont fréquemment adressés par des confrères que j’ai formés à la faculté ou dans des formations. Lors de mes cours à la faculté d’odontologie de Lyon, j’expliquais à mes étudiants que la dentisterie c’est cinquante pour cent de chirurgie, cinquante pour cent de psychiatrie. Je n’ai pas changé d’avis depuis vingt-cinq ans. Le pourcentage de patients atteints de phobies ou d’anxiété est, à mon avis, le plus élevé de toutes les spécialités médicales. C’est pourquoi, quelle que soit la situation clinique, j’utilise des techniques de communication thérapeutique pour améliorer la prise en charge. Mon assistante a une solide formation dans le domaine, si bien que nous formons un binôme très efficace. Mais nous n’évoquons que rarement le mot « hypnose ».

Dans l’exemple clinique que je vais vous présenter, nous verrons comment une induction hypnotique très banale peut avoir des effets positifs inattendus.

CAS CLINIQUE

Madame Z. est une patiente d’origine libanaise d’environ 45 ans qui présente depuis une dizaine d’années une sclérose en plaques (SEP), atteinte neurologique progressive et agressive qui impacte fortement sa motricité et sa fonction urinaire. Son expression orale est également affectée, avec notamment une difficulté à articuler. D’un niveau d’étude élevé (bac+5), elle vit assez mal sa perte progressive d’autonomie en dépit d’un environnement familial très favorable : un mari très présent et une fille de 16 ans attentive.
Depuis deux ans, elle doit se servir d’un fauteuil roulant pour les déplacements supérieurs à une centaine de mètres. Elle a recours à un déambulateur au quotidien chez elle ou pour les petits trajets et cherche au maximum à ne pas se faire aider. Elle porte à la jambe droite une orthèse qui maintient son tibia et sa cheville dans une position fixe, ce qui limite sa mobilité lorsqu’elle monte sur le fauteuil dentaire par exemple. Chaque mouvement est difficile et elle s’en plaint parfois, même si elle garde un certain humour sur la situation.

Lors des soins, elle présente parfois des mouvements désordonnés qu’elle ne peut pas contrôler et contre lesquels elle se sent impuissante. Elle culpabilise de créer une situation de soins qui serait inconfortable pour mon assistante et moi et dont elle pense qu’elle donne d’elle une image dégradante. Elle doit par ailleurs interrompre les soins à peu près toutes les heures pour aller aux toilettes. C’est une femme très agréable, soignée et élégante, qui cherche par tous les moyens à me faciliter les choses. Nous nous connaissons maintenant depuis cinq ans et j’ai vu lentement sa pathologie évoluer.

Les soins ne sont pas particulièrement compliqués en dehors des mouvements intempestifs impossibles à anticiper et qui pourraient générer des blessures avec les instruments que j’utilise. C’est un stress important pour l’équipe comme pour elle. Nous avons pourtant dans le passé réalisé des soins assez complexes, notamment des implants, mais depuis peu l’intensité des symptômes a augmenté, ce qui rend certains gestes risqués. Pour autant, je ne pense pas que l’évolution de sa SEP explique totalement ce changement dans la mesure où son neurologue traitant avec lequel j’échange régulièrement m’explique que son état est « stabilisé » par le traitement actuel. Il se déclare relativement satisfait de sa prise en charge en dépit de mes observations cliniques. J’ai fait alors l’hypothèse qu’autre chose était à l’œuvre, moins visible.
J’ai noté dans le comportement de Madame Z. une certaine forme d’agacement par rapport aux attentions de son mari (pourtant toujours très bienveillant) et de moi-même. Elle refuse par exemple que je lui offre mon bras pour rejoindre le fauteuil afin d’assurer sa marche hésitante, ce qu’elle acceptait volontiers auparavant. Elle se plaint plus fréquemment de son état physique et de ses difficultés à venir au cabinet en raison des trottoirs défoncés et du gravier qui « bloque les roues ». Autre point important, les pauses que j’ai mentionnées précédemment et dont j’ai mis très longtemps à comprendre la raison. Nous avons opté pour des séances longues pour « optimiser » les déplacements au cabinet qui sont évidemment complexes pour plusieurs raisons. La première, c’est qu’elle doit être accompagnée par son mari en fauteuil, ce qui accentue sa dépendance. La seconde, c’est que des travaux importants ont lieu dans le quartier, rendant l’accès de mon cabinet complexe même pour des patients valides. Et la troisième, c’est que son mari, qui a de grosses responsabilités, voyage beaucoup entre Lyon et Paris : les consultations viennent impacter fortement
son activité professionnelle. Il est fréquent que nous ayons des rendez-vous de deux heures car elle a des soins de prothèse importants.

Lors de ses venues au cabinet, elle a un imposant sac avec elle dont la taille m’a toujours amusé jusqu’à ce que je comprenne sa vraie finalité : elle devait changer ses couches lors des pauses, ce qui constituait pour elle un moment nécessaire mais aussi assez humiliant pour une femme aussi jeune. Elle a fini par s’ouvrir à moi par rapport à ses problèmes urinaires un jour qu’elle était sur le fauteuil et j’ai eu l’opportunité de la rassurer sur la bienveillance de mon regard de soignant par rapport à cela. Ce fut un échange très bref et parfaitement « factuel » en apparence mais dont la portée ne pouvait m’échapper. Elle partageait avec moi un élément intime qui traduisait un état de souffrance psychique dont il me fallait tenir compte tout en gardant ma position de chirurgien-dentiste.
Je lui ai donc proposé d’utiliser des techniques d’hypnose pour la détendre et donner plus de confort lors des soins. Elle a immédiatement validé cette offre. Elle connaissait mon activité dans ce domaine mais ne m’avait jamais sollicité auparavant pour cela. Bien entendu, j’utilisais déjà, et depuis notre premier rendez-vous, de l’hypnose sous diverses formes mais cette fois j’ai véritablement annoncé que j’allais faire de l’hypnose.

J’ai utilisé à cette fin une boule. Je détaille la technique un peu plus loin dans la discussion. Je propose à la patiente d’imaginer qu’elle va refaire à pied le parcours entre chez elle et le cabinet de façon extrêmement facile en dépit de tous les obstacles qu’elle pourra rencontrer. Que ce soit un trottoir, un changement de revêtement, la présence de gravier ou de matériaux de chantier sur son chemin, rien ne pourra l’empêcher d’avancer. Elle pourra même élégamment enjamber sans effort les plus gros cailloux. Je lui propose de prendre plaisir à cet exercice où elle va retrouver toute sa souplesse initiale et son agilité. Libre à elle de faire ce parcours à son rythme.

La séance se passe extrêmement bien et je peux réaliser l’intégralité de mon programme très tranquillement avec un grand confort à la fois pour la patiente, pour l’assistante et pour moi-même. Une fois les soins terminés, j’observe un grand sourire sur les lèvres de ma patiente. Elle a les larmes aux yeux et elle me confie : « C’est merveilleux, j’ai couru. Cela ne m’est pas arrivé depuis tellement d’années ! Je courais tellement vite que je volais sur le macadam. » J’ai redressé le fauteuil et je n’en ai pas demandé plus. L’assistante était très émue comme moi car nous avions conscience tous les trois que nous avions vécu quelque chose d’un peu extraordinaire. Une sorte de parenthèse enchantée dans une vie amputée par la maladie. Il m’est immédiatement venu en tête le titre de cet article : « Elle courait dans sa tête ».

Depuis cette séance, la patiente réclame sa boule, toujours la même, pour tous les soins. Elle a parfaitement intégré le protocole, de sorte que nous n’avons pratiquement plus rien à faire puisqu’elle gère de façon autonome son anxiété. Elle n’a fait aucun commentaire sur cette séance d’hypnose et je me suis bien gardé d’en faire de mon côté.

DISCUSSION

Un peu de technique mais pas trop...
Il n’était pas question dans cette situation de proposer une hypnose formelle telle qu’enseignée dans de nombreuses formations. Pourquoi ? Il n’y a aucune demande particulière de la part de la patiente à ce niveau-là, d’une part, et d’autre part mon expérience clinique ne valide pas cette approche dans cette situation précise.

Je m’en explique. Je reçois fréquemment des patients en bout de chaîne, qui ont épuisé les praticiens les uns après les autres sans grand résultat et pour qui je représente parfois l’ultime recours avant l’anesthésie générale. Cette position a paradoxalement un avantage : je ne peux pas faire pire que mes prédécesseurs puisque mon échec est presque programmé. Les patients n’attendent plus de miracle mais juste un peu mieux. Même dans la situation où un miracle est espéré, cela me place dans une situation assez favorable car la motivation des patients est très forte. Je préviens que je vais faire de mon mieux mais que je ne suis pas Dieu.
Il n’est pas rare que ces patients aient vu en consultation un psychologue pour une séance d’hypnose formelle pour traiter leur phobie des soins dentaires. Cette séance échoue le plus souvent face à la vraie situation de soins pour de multiples raisons, mais la plus évidente c’est qu’il existe peu de situations de soins aussi stressantes et qui demandent autant de la part du patient immobilité, calme et... patience.

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Dr Thierry Hueber Chercheur en neuropsychiatrie. Chirurgien-dentiste. Analyste de la pratique. Président du Groupe lyonnais de recherche en psychologie médicale. Formé à l’hypnose
depuis 2015. Hypnothérapeute. Auteur en 2024 de « Gaston Brosseau, la liberté de ne rien faire », un documentaire cinéma sur Gaston Brosseau. Conférencier en France, au Sénégal, au Québec.

Dans la Revue Hypnose et Thérapies Brèves 79. DEPRESSION

Julien Betbèze, rédacteur en chef, nous présente ce n°79…

8 / Éditorial :
Le partage de l’imaginaire pour faire émerger des ressources Julien Betbèze
10 / En couverture : Gabrielle Grimaldi Pics et dentelles d’aquarelle Sophie Cohen
12 / Hypnose et imagination créatrice Une poétique de l’action Alexandru Cupaciu.
16 / Acrophobie Externaliser pour se réassocier et retrouver le souffle Anne Malraux
26 / Hypnose de spectacle et hypnose clinique. Deux visages, deux finalités, une double vigilance éthique Fabrice Lakdja et Gérard Ostermann
32 / Quel est le premier souvenir qui vient ? Dissoudre une problématique figée en s’appuyant sur un souvenir source Michel Lamarlère
44 / Du divan au fauteuil Sortir de la répétition des schémas relationnels antérieurs Sylvie Le Pelletier-Beaufond

ESPACE DOULEUR DOUCEUR
50 / Introduction Gérard Ostermann
54 / Encoprésie et Caca farceur Dessine-moi ton problème Corinne Paillette
62 / L’anéjaculation Quand la panne sex-prime Karine Ficini
73 / Boules de couleur en chirurgie dentaire « Elle courait dans sa tête » Thierry Hueber

84 / DOSSIER DÉPRESSION
86 / Défaut et faute : Les agents doubles de la dépression Wilfrid Martineau
96 / Dépression et renoncement Mouvement de bascule et choix Alain Vallée

QUIPROQUO
104 / Renoncement S. Colombo, Muhuc

BONJOUR ET APRÈS...


108 / Denise, Son sommeil abîmé et ses cauchemars Sophie Cohen

LES CHAMPS DU POSSIBLE

112 / L’écho silencieux : Quand le corps du thérapeute devient miroir du traumatisme Adrian Chaboche

CULTURE MONDE
116 / La naissance à l’envers. Restaurer les potentiels d’auto-guérison Sylvie Le Pelletier- Beaufond

LIVRES EN BOUCHE
120 / J. Betbèze, S. Cohen

124 / ESPACE FORMATIONS

Illustrations: Gabrielle Grimaldi

Autohypnose pour mon épaule gauche. Revue Hypnose et Thérapies Brèves 78.

Formation Hypnose Medicale - dimanche 8 mars 2026 - 22:16
(RUPTURE DE LA COIFFE DES ROTATEURS) ET LE COUPLE HYPNOSE/FASCIA. Une épaule abîmée, l’Adagio BWV 974 de Bach, une bulle de protection, une plongée dans l’inconscient, les fascias du corps, le surgissement des sons intérieurs... Le tout réuni dans une expérience d’autohypnose lors d’une intervention chirurgicale délicate.

A. DESCRIPTION DU PHÉNOMÈNE DE L’AUTOHYPNOSE

Cette opération est programmée le 18 juin 2024. Un an auparavant j’avais utilisé l’autohypnose pour l’opération de mon hallux valgus, afin de gérer la douleur du garrot mis à la racine de la cuisse pour empêcher l’hémorragie. Anesthésie loco-régionale, excellent chirurgien, bienveillante anesthésiste, support de la musique de Chopin le Nocturne n° 20 si émouvant où j’étais spectatrice, l’opération fut une réussite, me permettant d’aller danser au mariage de ma fille bien aimée... qui fut aussi un feu d’artifice sublime... Le choix de l’anesthésie loco-régionale était guidé par deux facteurs :
• difficultés importantes d’intubation huit ans auparavant, pour l’opération de l’épaule cette fois à droite, avec réveil difficile et surveillance post-opératoire ;
• de mon côté, effets secondaires de l’anesthésie générale importants : troubles de concentration, fatigue intense et désorientation dans le temps d’une durée de deux mois. En conséquence, je décidais d’utiliser l’autohypnose pour l’épaule gauche.

Là, les conditions techniques étaient différentes de celles de mon pied, à savoir casque figeant la tête, juste un trou pour respirer, champ opératoire me couvrant même le visage. Bien, il me fallait convaincre le jour J le médecin anesthésiste en plaidant ma cause avec quelques aménagements nécessaires : pas de masque ni champ opératoire étouffant mon visage à mettre à distance de moi, demi-assise si possible, OK pour le casque avec les écouteurs sous le casque, et support du son de la musique du grandiose Jean-Sébastien Bach, Adagio BWV 974 à mettre en boucle. J’ai eu la chance d’avoir un anesthésiste à l’écoute et bienveillant, ayant lui-même une certaine connaissance des bienfaits de l’hypnose. Il lui fallait convaincre le reste de l’équipe chirurgicale dont le chirurgien. Ce dernier m’avait opérée huit ans auparavant de l’autre épaule. Là aussi chirurgien bienveillant à l’esprit ouvert, anesthésie loco-régionale et perfusion prête au cas où. Mise en place des alliances avec de sacrées surprises... Première alliance avec le chirurgien : facile d’établir ce lien de confiance totale avec lui, le connaissant auparavant, de plus ses qualités professionnelles et humaines et son humilité ne sont plus à démontrer...

Deuxième alliance avec moi-même : me faire confiance totalement... je me jetais dans l’inconnu quand même... La stratégie la plus solide est justement de faire appel à toutes mes ressources intérieures, à les mobiliser ainsi, retrouver en mon centre (mon hara) ce lieu de sécurité absolu et de m’y mettre dedans.
Premier temps, créer les conditions favorables à l’autohypnose :
• prendre plusieurs inspirations/expirations (cohérence cardiaque 5 inspir./5 expir. de 5 secondes) ;
• s’aligner comme en méditation pour installer ce calme intérieur, toujours centrée sur la respiration ;
• mes yeux se fermèrent doucement, bercée par la musique de Bach, prête à la plongée sous-marine ;
• pour y accéder, il faut se figurer un sablier où le haut représente le conscient, et le bas l’inconscient ;
• toujours se concentrer sur ce souffle, on traverse un goulot où on accède à l’immense réservoir de l’inconscient. Ce dernier grandit de plus en plus tandis que l’espace du conscient s’amenuise d’autant : la dissociation a lieu.

Cependant, il est indispensable de garder une petite zone de conscient afin de pouvoir se réassocier au retour ou en cas de danger imminent. Comme le Petit Poucet, il faut prévoir ses arrières.

Deuxième temps, construire son lieu de sécurité absolu. Pièce maîtresse de l’édifice, pourtant si simple à construire :
• moi au centre, sous la forme de la petite fille de 5 ans à la robe blanche avec ses longues nattes et aux pieds nus qui a vraiment existé ;
• j’y ai mis mon baobab, majestueux, s’élevant dans le ciel et aux racines si solides, de mon Afrique lointaine ;
• j’y ai mis mon petit singe ouistiti « Boubou » que j’ai apprivoisé, malin, chapardeur ; - et bien d’autres choses... qui m’ont nourrie et gardée en « VIE » malgré tous les aléas...

Troisième temps, édifier une bulle de protection solide autour : Mon inconscient me montre un filet aux mailles serrées et fines en or. Je l’adopte, me procurant à la fois agilité et solidité, comme en art martial pour adapter sa défense. Puis je descends dans mon sous-marin, prête à assister en tant que spectatrice au concert de Bach, mais surprise inattendue... j’étais actrice ! Troisième alliance avec Bach En effet, Bach m’apparaît en vieux monsieur à lunettes dans une gare près d’une locomotive noire fumant le charbon, aux quatre premières notes répétitives du do (d’en haut), impératif, me tend sa main gauche et me dit : « dépêche-toi, vite, la locomotive part », et moi instantanément je redeviens la petite fille de 5 ans à la robe blanche qui attrape sa main à la volée avec ma main droite... Dans cet immense espace de l’inconscient, je me rends compte que l’espace-temps n’existe plus : Bach est d’un autre siècle et moi je me retrouve soixante-cinq ans en arrière et pourtant nous sommes en lien...

J’ai choisi Bach et précisément cet adagio pour m’accompagner : musique simple, régulière, de structure binaire, pragmatique. La sensation qu’il vous tient par la main pour monter les marches une à une avec une telle facilité, toujours plus haut avec des phases d’horizontalité à chaque palier. Je ne peux m’empêcher de faire le parallélisme avec la danse du corps, de type binaire aussi, des derviches tourneurs, ordre fondé par le grand philosophe soufi arabo-persan Rûmî : il exprimait son amour de Dieu au travers du corps, alors que Bach l’exprime par le son. Après, nous voilà dans une immense salle de style Versailles, parquet en bois, plafond haut avec des lustres, dorures... Moi je devenais une belle jeune fille habillée en soie bleue, dansant aux sons de la musique et devenant les sons... Puis un escalier à gauche en simple ciment, Bach me reprend la main et nous arrivâmes dans une salle du même style. Là, j’entendais pour la première fois avec stupeur les sons intérieurs : le la, si, mi, etc. avaient chacun un espace, un volume précis, et surtout contenaient une force bien précise allant de l’intérieur vers l’extérieur (le son extérieur n’étant qu’un écho du son intérieur). Pour le la, par exemple, on aurait dit un volcan qui explose avec une puissance bien calibrée...

J’entendais enfin les sons intérieurs, moi qui peinais à entendre les sons extérieurs. Je compris après analyse pourquoi le grand Beethoven devenu sourd entendait parfaitement les sons intérieurs et a pu écrire ses symphonies sublimes de plusieurs heures. Quant à moi, j’ai décodé environ 4 minutes. Je compris également pourquoi le langage de la musique est dit universel : la force contenue dans un son précis, sa place dans l’espace lui est propre.

Toute personne quelle que soit sa langue maternelle ou sa culture est capable de le percevoir, d’où les mêmes états d’émotions nous traversant et l’intérêt de la musicothérapie en tant que soin. À nouveau un escalier en ciment tournant à gauche aboutit à une troisième salle : il y avait là un livre immense avec les lignes du solfège et les notes de musique de l’Adagio ! Je redevins si petite et entra à pieds joints dans les notes, devenant tour à tour un do, un la, un si, etc. Pour passer d’une phrase à l’autre, je devenais un petit singe, accrochée aux branches des notes...

Certaines phrases étaient si belles, je devenais un aigle majestueux, planant au-dessus de l’océan au regard perçant... ou l’enfant allongée sur une branche me prélassant comme les chats... ou bondissant d’une note à l’autre sur la rivière, ou l’enfant agile grimpant dans les manguiers pour cueillir les mangues et les jeter au sol à ma bande de copains (elles avaient un goût unique les mangues de mon Afrique...), ou jouant à se laisser glisser à plat ventre sur les notes de Bach en poussant des cris de joie en dévalant la pente du garage quand il pleuvait... Ah, Bach ! mon enfant intérieur s’est rempli de joie et de liberté et vous remercie ! Puis nous arrivâmes au quatrième niveau : ici, il n’y avait aucune salle. Nous nous tenions côte à côte, à la lisière d’un espace : devant nous une immensité sans limite de neige d’une blancheur si éclatante, majestueuse, pure, nous laissant sans voix, si silencieuse, où il ne faisait pas froid. En s’imprégnant devant ce qui est, derrière ce silence, il y avait des petits sons semblables à des « crépitements » un peu partout qui sortaient : la VIE prête à éclore sous diverses formes par tous les pores de la neige... Tant de douceur, de tendresse, de lumière émanaient de cet espace où le temps était suspendu... nous étions traversés par ce qui s’exprimait devant nous avec cette blancheur immaculée... Subitement, je me rendais compte que Bach et moi étions UN devant tant de grâce... nous avons dépassé la dualité ! Bach a voulu s’avancer dans cette neige en m’entraînant avec lui, mais comme quelque chose l’en empêchait, une sensation d’une présence supérieure lui intimant l’ordre de s’en aller.

Bach attristé reconnut notre finitude d’humain : c’est très bien exprimé dans ses quatre dernières notes si tristes... Nous rebroussâmes chemin par les escaliers sans passer par les salles. Cet Adagio est mis en boucle avec le même schéma répétitif. Ce vécu spirituel est un cadeau inestimable que m’a donné Bach à partager avec lui concernant sa ferveur envers Dieu. Effectivement, au-delà de nos différences religieuses (chemins ou vêtements différents), le but est le même : l’UN et on avait touché du doigt l’essentiel... Rûmî l’avait nommé Houa (« Lui » en arabe). Avant de partir, je me suis appropriée un bout de cette neige blanche sous forme d’une petite bougie mise sur ma tête. Ça lui arrive de vaciller devant tant de noirceurs visibles dans ce monde d’ici-bas actuel (!), le matin je souffle dessus avec toutes mes forces pour la re-allumer... Ceci est mon vécu, ma vérité exprimée. Je ne prétends pas que ce soit la vérité. Cependant deux écueils sont survenus durant l’opération, ayant failli compromettre le bon déroulé hypnotique : • Le premier : l’infirmière anesthésiste avait mis sa propre musique dans la salle d’opération d’à côté à haute voix genre « techno ». Cette musique interférait avec la mienne, d’autant plus que je la percevais comme une coquille « vide » d’énergie de l’intérieur. Etant dans un état de transe profonde, je ne pouvais lui dire de couper le son.

Seule solution, la circonscrire par mon esprit dans un coin à droite dans l’espace en l’enfermant dans une bulle bien étanche et sa présence fut négligeable.
• Le deuxième : le rôle de mon chirurgien préféré ! J’étais à deux espace-temps différents : dans l’inconscient (mon concert Bach) et très partiellement dans le conscient (le chirurgien). Je lui avais confié mon épaule en le priant de bien la réparer puis de me la restituer. Aussi j’avais un oeil et une oreille sur lui :
• j’ai senti quatre traits d’incision précis ; • comme un tube de 1 centimètre de diamètre et 3 centimètres de long (?) qui rentrait dans mon épaule du bas vers le haut ;
• puis un liquide versé en quantité (de l’eau pour laver et hydrater les tissus ?) ;
• puis un mouvement d’une grande force comme pour remonter les morceaux de muscles du bas vers le haut (il cherchait à les réunifier vers le haut pour les accrocher sous l’acromion) ;
• puis sensation d’une abrasion horizontale hyper douloureuse ! Ah là, la louve tapie au fond de moi s’est manifestée pour défendre son territoire avec des grognements intenses : « mumm, mumm... », montrant ses dents, prête à en découdre avec l’ennemi ! Je suis sortie de mon état entre deux eaux.

En effet, ma bulle de protection en mailles fines que je pensais robuste ne protégeait plus mon lieu de sécurité. Heureusement le chirurgien comprit mon message et s’arrêta, l’infirmière anesthésiste me dit : « que fait-on, on vous endort ? » Là, je regardai en moi pour faire l’état des lieux et vis qu’en fait il s’agissait juste d’abrasions superficielles de plusieurs mailles de mon tissu, aucune perforation. Je répondis : « je gère »... je replongeai dans mon état profond et avec mes mains virtuelles fit la réparation illico. Heureusement, ce chirurgien très à l’écoute comprit et reprit le travail qu’il avait à faire, mais doucement... et tout se termina parfaitement. J’ai su plus tard qu’il abrasait l’acromion pour laisser de la place aux muscles pour s’y loger : il a utilisé une fraise tournant à 8 000 tours/minutes ! Non, mais ! C’est sûr que je n’ai pas du tout aimé...

• perception également qu’il raccommodait des faisceaux pour les solidariser avec une aiguille courbe, et ce avec minutie et régularité, digne de la haute couture...
• puis perception d’entendre le bruit d’un marteau... pour enfoncer un clou (?) : quatre à cinq coups concis et à la bonne profondeur, alors que je ne percevais pas l’introduction du présumé clou... Ah, il sait ce qu’il fait...
• enfin, je perçus qu’on enlevait le champ opératoire, mettait la lumière sur moi, et j’ai entendu le chirurgien me dire « c’est terminé ». Je n’ai pas bougé de suite car j’avais encore quelques minutes de mon merveilleux concert à terminer. Je me suis réassociée facilement, ayant mémorisé le chemin du retour. Quelques inspirations/expirations, me voilà dans l’ici et maintenant et je dis au chirurgien « déjà ? », et lui de répondre : « ça fait 1 h 15 et vous êtes bien courageuse, Madame Cadra ! ».

Oui, il s’agit de courage, mais il n’est ni physique, ni mental. C’est le courage de lâcher prise et d’accepter d’aller plonger en profondeur dans cet immense réservoir inconnu (l’inconscient) où il n’y a aucun repère tangible auquel s’accrocher, sinon de faire confiance (alliance) avec cette sagesse universelle : appelons-la ainsi, comme la grande thérapeute Teresa Robles, pour ne froisser personne (croyants en Dieu, athées, agnostiques, polythéistes, les ni-ni) et s’éviter de griller sur un bûcher... C’est la clé magique qu’apporte l’hypnose grâce au génie d’Erickson. Pour avoir le coeur net, je demandai au chirurgien s’il avait bien utilisé un marteau pour planter un clou ? « Oui, comme tout chirurgien, je ne peux m’empêcher d’utiliser mon marteau... » c’était donc vrai... et il a en plus de l’humour, l’ami ! J’en profite pour remercier vivement ce chirurgien, cet anesthésiste et toute l’équipe autour. Quant aux suites opératoires : excellentes.

Pour lire la suite...



Dr Nelly Cadra Pédiatre à Vannes, allergologue, homéopathe et ostéopathe. Formée à la pratique de l’hypnose à la faculté de Brest, à l’ARePTA à Nantes, ainsi qu’à Emergences à Rennes.
Commandez la Revue Hypnose et Thérapies Brèves 78 N°78 : Août / Sept. / Oct. 2025

Regards sur l'Hypnose

Julien Betbèze, rédacteur en chef, nous présente ce n°78…

8 / Éditorial : « La transe hypnotique est avant tout une expérience poétique » Julien Betbèze
10 / En couverture : Florence Cadène Magnétisme animal Sophie Cohen 

12 / Internalisation d’un lien sécurisant Théo, 10 ans et « son » anxiété d’endormissement Arnaud Zeman
24 / Le témoin intérieur et la honte Tout le monde est mieux que moi Géraldine Garon et Solen Montanari
36 / Sortir de l’adoration du produit Dissiper les ruminations du veau d’or : les clés du traitement des addictions David Vergriete et Alexandrine Halliez

ESPACE DOULEUR DOUCEUR 


46 / Introduction Gérard Ostermann
50 / Cris et hypnose Répondre aux cris des personnes âgées grâce à l’hypnose Hélène Pousset Abbouchi
58 / Autohypnose pour mon épaule gauche (rupture de la coiffe des rotateurs) et le couple hypnose/fascia Nelly Cadra

73 / DOSSIER REGARDS SUR L’HYPNOSE 

74 / Voyage IRM au coeur de l’expérience hypnotique. Exploration de la portée clinique de l’hypnose Jean-Philippe Cottier et Valentin Lefèvre
84 / L’hypnose et le dormeur éveillé Entre songe et pensée Alexandru Cupaciu
88 / Hypnose de spectacle : bénéfices ou dangers pour le sujet Stéphane Radoykov
94 / Une rencontre Être avec... Roxane Yvernay

RUBRIQUES
- QUIPROQUO 

102 / Rencontre S. Colombo, Muhuc BONJOUR ET APRÈS...
106 / Marie, ou l’accompagnement d’une patiente lors d’un traitement de cancer Sophie Cohen

- LES CHAMPS DU POSSIBLE 

110 / Ce que le corps ne dit pas, mais que l’hypnose écoute : croire pour transformer Adrian Chaboche CULTURE MONDE
114 / L’appel de l’âme Venir au monde dans le village Hmong de Cacao Alice Mancinelli

LIVRES EN BOUCHE
120 / J. Betbèze, S. Cohen
125 / ESPACE FORMATIONS

Illustrations: Florence CADÈNE


Hypnose de spectacle: bénéfices ou dangers pour le sujet. Revue Hypnose et Thérapies Brèves n°78.

Hypnose Ericksonienne - dimanche 8 mars 2026 - 21:37
Dr Stéphane RADOYKOV

D’un côté l’hypnose de spectacle, de l’autre l’hypnose thérapeutique. Les hypnotiseurs acteurs de divertissement face aux hypnothérapeutes professionnels de santé. Deux mondes aux démarches bien différentes pour lesquels des études permettent de peser risques et bénéfices, tout en soulevant des questions d’éthique.

L’hypnose de spectacle fascine autant les scientifiques que le public depuis plus de cent ans (1). Cependant, derrière le rideau de l’amusement et du divertissement se cachent des enjeux éthiques et des risques potentiels pour les participants. Une loi belge interdit à juste titre l’hypnose de spectacle (loi du 30 mai 1892) et a amené les autorités à annuler un spectacle en 2017 (2). Dans cet article, nous allons explorer la balance bénéfice/risque de l’hypnose de spectacle, à partir d’une revue PubMed.

Qu’est-ce que l’hypnose de spectacle ?
La définition de l’hypnose est l’association d’une focalisation de l’attention, d’une moindre attention au monde environnant, et d’une capacité plus grande de réponse aux suggestions de l’hypnotiseur. Cette définition est valable aussi bien dans l’intention de soin que de spectacle.

L’hypnose de spectacle est une forme d’hypnose utilisée principalement pour divertir un public. Contrairement à l’hypnose thérapeutique, qui vise à aider les individus à surmonter des problèmes personnels et à soulager la douleur et l’anxiété, l’hypnose de spectacle se concentre sur la performance et le divertissement. Elle implique des démonstrations amusantes et mystérieuses où les participants semblent perdre le contrôle de leurs actions sous l’influence de l’hypnotiseur. Pour les professionnels de santé, à l’inverse, une des règles fondamentales est « primum non nocere », qui signifie, avant toute chose, éviter de faire du mal aux patients. Pour cela, dans la méthode d’hypnose ericksonienne, et durant la formation en hypnose médicale et thérapies brèves, nous posons un cadre éthique très clair pour chaque praticien, qui interdit formellement toute pratique de l’hypnose à visée de divertissement (3).

Bénéfices pour le public qui regarde le spectacle d’hypnose.

Les spectacles d’hypnose sont souvent perçus par les membres du public comme amusants et captivants, offrant une expérience unique aux spectateurs, et leur apportant une réduction d’anxiété (4) (8). En revanche, la même étude n’a retrouvé aucune amélioration de l’état émotionnel des six personnes montées sur scène. Il faudrait donc au minimum un consentement éclairé plus étoffé des participantes et participants qui prêtent leur corps et leur esprit à l’expérience.

Effets secondaires pour les participants à la transe sur scène.

Plusieurs situations ont été décrites, lors desquelles les sujets sur scène de spectacle ont vécu l’état d’hypnose de façon néfaste.

Absence de bénéfices et risques émotionnels.

Lors d’une enquête chez 22 participants à un show d’hypnose, la plupart on trouvé cela positif et agréable. Cinq personnes ont toutefois développé une amnésie dissociative de l’expérience.

De plus, cinq personnes avaient la conviction que l’hypnotiseur avait pris le contrôle de leur corps (8). Une autre enquête auprès de 8 sujets ayant participé à la fois à de l’hypnose de spectacle et à de l’hypnose pour les soins a retrouvé des différences entre les deux pratiques. L’hypnotiseur de spectacle aurait eu un style sensationnel qui veut montrer quelque chose d’extraordinaire, et administré des ordres, alors que les professionnels de santé hypnopraticiens auraient été plutôt posés, calmes et factuels durant la consultation, et faisaient des suggestions (9). Milton Erickson a publié quelques cas observés où, cinq à sept mois après une catalepsie du corps entier sur scène (corps allongé entre deux chaises), les personnes développaient des lombalgies (douleurs du dos) (14).

Les participants sur scène ne retireraient pas de bénéfice émotionnel de l’expérience (4) (à l’inverse du public qui s’amuse et se détend) et peuvent même ressentir des effets négatifs. Des cas de décompensation psychotique, de syndromes anxieux et dépressifs ont été rapportés chez certains participants aux hypnoses de spectacle, soulignant donc ses dangers potentiels. Une participante de 19 ans aurait déclenché un syndrome anxiodépressif une semaine après un spectacle d’hypnose utilisant des techniques rapides (manipulation du cou, régression à un âge jeune et « redevenir un bébé qui pleure pour sa mère »).

Elle a pu obtenir réparation de l’hypnotiseur de spectacle : reconnu coupable de négligence et d’agression, et condamné à une indemnisation (5). Un vétéran âgé de 35 ans sans antécédents psychiatriques a subi la décompensation d’un épisode psychotique aigu le soir même d’un spectacle d’hypnose, un an après sa blessure de guerre (6). Une autre personne a souffert d’une décompensation délirante activée suite à une hypnose de spectacle, et réactivée deux mois plus tard en revoyant l’hypnotiseur de spectacle à la télévision (10). Nous rappelons que les personnes souffrant de psychose sont fragiles et ont besoin de douceur, contenance et réassociation, plutôt que de dissociation, leur esprit étant déjà assez désorganisé par la maladie.

Une personne ayant subi une hypnose rapide, sans prise en compte de son histoire de vie, a réactivé des souvenirs traumatiques de la Seconde Guerre mondiale, quand elle était cachée chez des résistants. L’hypnotiseur lui avait suggéré de retourner à un âge jeune. Elle a déclenché des signes aigus de stress post-traumatique (7).

Relation de manipulation et domination.

Les hypnotiseurs de spectacle peuvent exercer une influence excessive sur les participants, comme une fureur de fasciner à tout prix, ce qui peut être déshumanisant et entraîner des clivages au sein des groupes, ou à l’inverse un mouvement de foule de type fascination inadaptée (admiration). Dans une étude avec 202 sujets, 105 provenant d’un show, 52 venant d’un cours sur l’hypnose, et 48 ayant été refusés à un show car il n’y avait plus de places, et servant de témoins, les auteurs retrouvaient (11) : les personnes ayant eu un cours d’hypnose avaient moins l’impression que la personne en hypnose est un robot versus ceux qui ont été témoins du show qui croyaient davantage que le sujet devient un robot. D’autres auteurs jugent également la balance bénéfice/risque de l’hypnose de spectacle en défaveur pour les sujets hypnotisés (12) (13).

Considérations éthiques.

L’hypnose de spectacle soulève donc des questions éthiques importantes, notamment en ce qui concerne l’utilisation des individus comme objets de divertissement. Des lois de bioéthique existent pour protéger la population française depuis 1994, mais le débat sur le sujet de l’hypnose reste actif. Historiquement, des figures médicales comme Charcot et de La Tourette auraient déjà proposé de restreindre l’hypnose aux professionnels de santé, il y a plus de cent ans, soulignant l’importance de l’éthique dans cette pratique (1) (12). Nous rappelons deux principes en médecine : « Primum non nocere », et le consentement éclairé avant toute intervention.

CONCLUSION
En conclusion, la balance bénéfice/risque de l’hypnose de spectacle semble pencher en défaveur pour les participants sur scène, tout en offrant un certain plaisir anxiolytique au public. De plus, les hypnoses de spectacle reproduisent des interactions humaines fondées prioritairement sur la performance, la domination ou la soumission. Nous préférons privilégier des relations humaines basées sur la coopération, la confiance et l’accueil de la vulnérabilité, comme c’est le cas dans l’hypnose thérapeutique.

Lire l'article du Pr Gérard OSTERMANN Hypnose de spectacle et hypnose clinique: deux visages, deux finalités, une double vigilance éthique.



Dr Stéphane Radoykov Médecin psychiatre, ancien chef de clinique assistant, praticien contractuel (Hôpital Cochin) et remplaçant libéral. Formateur. Directeur adjoint de l’Institut Emergences. Cofondateur du comité jeunesse de l’ISH.

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Regards sur l'Hypnose

Julien Betbèze, rédacteur en chef, nous présente ce n°78…

8 / Éditorial : « La transe hypnotique est avant tout une expérience poétique » Julien Betbèze
10 / En couverture : Florence Cadène Magnétisme animal Sophie Cohen 

12 / Internalisation d’un lien sécurisant Théo, 10 ans et « son » anxiété d’endormissement Arnaud Zeman
24 / Le témoin intérieur et la honte Tout le monde est mieux que moi Géraldine Garon et Solen Montanari
36 / Sortir de l’adoration du produit Dissiper les ruminations du veau d’or : les clés du traitement des addictions David Vergriete et Alexandrine Halliez

ESPACE DOULEUR DOUCEUR 


46 / Introduction Gérard Ostermann
50 / Cris et hypnose Répondre aux cris des personnes âgées grâce à l’hypnose Hélène Pousset Abbouchi
58 / Autohypnose pour mon épaule gauche (rupture de la coiffe des rotateurs) et le couple hypnose/fascia Nelly Cadra

73 / DOSSIER REGARDS SUR L’HYPNOSE 

74 / Voyage IRM au coeur de l’expérience hypnotique. Exploration de la portée clinique de l’hypnose Jean-Philippe Cottier et Valentin Lefèvre
84 / L’hypnose et le dormeur éveillé Entre songe et pensée Alexandru Cupaciu
88 / Hypnose de spectacle : bénéfices ou dangers pour le sujet Stéphane Radoykov
94 / Une rencontre Être avec... Roxane Yvernay

RUBRIQUES
- QUIPROQUO 

102 / Rencontre S. Colombo, Muhuc BONJOUR ET APRÈS...
106 / Marie, ou l’accompagnement d’une patiente lors d’un traitement de cancer Sophie Cohen

- LES CHAMPS DU POSSIBLE 

110 / Ce que le corps ne dit pas, mais que l’hypnose écoute : croire pour transformer Adrian Chaboche CULTURE MONDE
114 / L’appel de l’âme Venir au monde dans le village Hmong de Cacao Alice Mancinelli

LIVRES EN BOUCHE
120 / J. Betbèze, S. Cohen
125 / ESPACE FORMATIONS

Illustrations: Florence CADÈNE


Diffusé par hypnose-ericksonienne.org

jeudi 1 janvier 1970 - 02:00