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Hypnose Thérapeutique, Médicale, Ericksonienne, Thérapies Brèves Orientées Solution, EMDR, IMO sur Paris, Marseille. L'avis de professionnels de santé
Mis à jour : il y a 12 heures 32 min

Hypnos

jeudi 30 août 2018 - 21:13
Par Yves HALFON - Professeur à l’ Ecole de Sages-femmes de Rouen. Psychologue clinicien. Président de l’Institut Milton H. Erickson de Normandie. Président de l’Association Francophone d’Hypnose Dentaire. Au début était la médecine magico-religieuse. Et en premier lieu, pour nous qui vivons en Occident, le corpus grec hippocratique. Et le dieu Hypnos... « Hypnos, roi de tous les bienheureux et des hommes mortels et de tous les vivants que nourrit la terre large, seul tu commandes à tous et tu enveloppes les corps de doux liens. Tu dissipes les inquiétudes, tu reposes heureusement des travaux, tu consoles de toutes les douleurs, tu éloignes la crainte de la mort et tu apaises les âmes, car tu es père de Léthé et frère de Thanatos. Viens bienheureux, je te supplie de venir, doux et profond et d’être propice à ceux qui t’offrent de pieux sacrifices. Tu es plus utile au mortel que l’air qu’il respire et que le miel qu’il mange.»

Hésiode. Hymnes orphiques

Quelques explications

Hypnos (le sommeil) et son frère Thanatos (la mort) séjournaient dans le monde souterrain, d’où les rêves, eux aussi montaient vers les hommes. Ces rêves passaient par deux portes, l’une faite de corne pour les rêves véridiques, l’autre d’ivoire pour les rêves mensongers.

Hypnos se traduit en latin par Somnus dont les trois déesses étaient Morphée, Icélus, Phantasus.

Icélus, c’est la personnification des différents types de rêves. Il a fait que les formes des êtres humains apparaissent dans les rêves.

Phantasus, son nom signifie « apporter des images », « former des images ».

Morphée signifie « forme », divinité des rêves prophétiques. Le nom de Morphée est notamment à l’origine : du mot morphine, en raison du pouvoir soporifique de cette drogue ; de l’expression « être dans les bras de Morphée », qui signifie « rêver » et par extension « dormir ». « Tomber dans les bras de Morphée » veut dire « s’endormir ».

Le Léthé est le fleuve de l’oubli, un des fleuves de l’empire des morts gouverné par Hadès et Perséphone.

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““Hors série n°9 de la revue Hypnose & Thérapies brèves. Mars 2015.
“ C'est un numéro double de 196 pages.
““Thème : “Hypnotiser: techniques d'induction"

Hypnotiser, c’est « induire » la transe pour permettre la thérapie qui va suivre. L’hypnotisation et le travail thérapeutique sont bien deux temps séparés. Certains patients souhaitent inconsciemment la transe parce qu’ils savent en avoir besoin, mais leur esprit conscient s’y oppose. Ils vivent un conflit aigu entre leurs deux esprits. C’est notamment à ce type de sujets que s’adressent les techniques éricksoniennes de choc et de surprise, de confusion et de doubles liens. Grâce à elles, la transe apparaît rapidement.

Ce hors-série n°9 traite des multiples techniques qui permettent l’entrée en hypnose. Ses auteurs sont des hypnothérapeutes expérimentés : Yves Halfon, psychologue clinicien, Dominique Megglé, psychiatre, Thierry Servillat, psychiatre, Luc Farcy, psychiatre, Gaston Brosseau, psychologue, Delphine Provost, médecin anesthésiste, Christine Guilloux, psychothérapeute, Jean-Pierre Courtial, chercheur en psychologie, Pierre-Henri Garnier, psychologue clinicien, Laurent Gross, psychothérapeute, Isabelle Ignace, psychologue clinicienne, Kenton Kaiser, chirurgien dentiste, Xavier Penin, docteur en chirurgie dentaire, Francis Gajan, médecin généraliste.

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Mariline MORCILLO
Hypnothérapeute, Thérapie EMDR, Thérapies Brèves Orientées Solution, Infirmière spécialisée Douleur.
Exerce dans le Cabinet d'Hypnose, Thérapies Brèves et EMDR de Paris 11 et à Marseille.
Rédactrice web de la Revue Hypnose et Thérapies Brèves.
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Emmener en transe : de l’énergie, des entités, la nature?

jeudi 30 août 2018 - 21:11
Par Jean-Pierre COURTIAL - Ingénieur de l'Ecole Centrale des Arts et Manufactures, licencié en sociologie et titulaire d’une thèse de 3è cycle en psychologie sociale. A été Professeur à la Faculté de Psychologie de l'Université de Nantes et chercheur au Laboratoire de Psychologie jusqu'à sa retraite en 2007. et Pierre-Henri GARNIER - Psychologue Clinicien soin de support et soin palliatif, CHU de Nantes. Formateur à l'Institut Milton Erickson de Rezé. Milton Erickson a peu théorisé ou, pour le dire autrement, a laissé une perspective très ouverte qui rend possible, voire stimule la réflexion. Jean-Pierre Courtial, depuis de nombreuses années, a dirigé des thèses de Psychologie dans ce même esprit d’ouverture et, particulièrement, d’interculturalité. De quoi nous aider à attendre le prochain congrès mondial d’août prochain!

Qu’est-ce que l’état de transe ?

L’état de transe est souvent invoqué dans des contextes culturels différents, à propos de l’hypnose mais aussi du chamanisme, sans faire pour autant l’objet d’une définition rigoureuse. Bien que nous disposions de beaucoup d’observations à partir de l’imagerie cérébrale, celle-ci privilégie le patient (sujet isolé), alors que, en thérapie, la transe est un état relationnel, qui plus est pouvant faire intervenir des entités dites spirituelles. En simplifiant, la transe est le plus souvent définie en termes dissociatifs de rupture par rapport à une situation relationnelle déterminée déstabilisant le patient (Erickson) ou, au contraire, d’état de résonance morphique induit par les neurones miroirs (Rossi).

Nous disposons de témoignages de chamans (Beaugendre, 2014) décrivant l’état de transe comme induit par l’absorption d’une plante psychotrope (parfois dans un contexte dit de diète, la plante étant le seul aliment absorbé). Le chaman est alors dissocié de ses conduites instrumentales acquises, de sa mémoire autobiographique, au bénéfice d’états ressentis comme d’harmonie relationnelle avec l’environnement, définis comme liés à « l’esprit de la plante ». On constate en particulier que cette aptitude à la dissociation réassociation avec toutes les formes vivantes peut être durable, en dehors de l’absorption de plante. Une fois initié, le chaman est apte à percevoir les formes de vie/mort fondamentales caractéristiques d’un patient.

D’une induction hypnotique classique à une transe énergétique

La fin de vie peut également être un lieu privilégié d’observation d’états de transe spécifiques liés à l’état du corps. Un lien a été mis en évidence entre état de conscience et niveau de fonctionnement énergétique – au sens scientifique habituel – du cerveau. Par exemple, un véritable sentiment paradoxal d’être mort (syndrome de Cotard) peut être exprimé par un patient en rapport avec un fonctionnement énergétique du cerveau de faible intensité (Laureys, 2015).

Nous avons précisément le cas d’une personne très diminuée physiquement, mais accessible à des ressources profondes qu’un état de transe va permettre d’explorer. Cette personne avait de plus une activité sportive qui l’a amenée à gérer les rapports du corps et de l’esprit. Enfin, il lui est arrivé d’accompagner des non-voyants dans le cadre de sa pratique sportive, donc d’être attentif à un état relationnel de coordination gestuelle et verbale.

Voici le récit des séances effectué par le psychologue de l’équipe mobile soin de support :

L’unité de soins mobiles reçoit un appel téléphonique d’un médecin d’un service de médecine polyvalente des urgences (MPU). Un patient lui demande spontanément si le CHU propose de l’hypnose ou de la sophrologie. Il s’agit d’un patient de 66 ans immobilisé dans son lit. Il semble que de nombreuses vertèbres et cervicales soient fragilisées suite à un cancer. Le patient sait qu’il ne remarchera plus, mais espère pouvoir bénéficier d’un corset qui lui permettra de se tenir assis sans risquer la fracture d’une cervicale en C4-C5 (enjeu vital car C4 est en lien avec le diaphragme et la respiration).

Je décide de rencontrer le patient. Première rencontre : échange verbal pour bien définir la demande du patient et construire l’alliance. L’identification des ressources du patient révèle de nombreuses expériences de transe diverses au travers de ses loisirs et de son ancienne activité professionnelle. Il décrit notamment qu’il était guide pour aveugle lors de randonnées de ski de fond. A travers sa pratique sportive, il s’est intéressé au « mental », selon ses termes. Il a expérimenté la sophrologie, le reiki et l’auto-hypnose. Il tient à nous préciser qu’il utilise des fichiers audio MP3. Il les a enregistrés lui-même, inspiré de ses lectures de scripts d’autohypnose sur Internet. Il nous montre son téléphone sur lequel il a enregistré sa voix qui lit les scripts. Il nous précise qu’il aimerait bien retrouver cet état mental de la transe qui l’a déjà aidé, mais qu’aujourd’hui sa situation somatique l’empêche de trouver seul « ce chemin ». Il exprime le besoin d’être guidé par un « pro ». Il précise qu’il a la sensation « d’être éparpillé mentalement » par la maladie. Il a besoin d’être aidé pour rassembler son énergie et ses ressources : « J’aimerais que vous m’aidiez à faire que mon esprit retrouve cette sensation d’évasion et de liberté. »

Je procède à une induction simple : séance dans la chambre. Je lui propose de trouver dans la pièce un détail, un point, une forme ou une couleur qui le ressource. Il propose le bleu du ciel qu’il perçoit par la fenêtre.

Je lui propose d’observer ce bleu, « voire de ressentir ce que suggère le bleu du ciel (…) puis, dès que son esprit inconscient sera prêt, je lui propose d’observer sous ses paupières, les yeux fermés, à l’intérieur de lui, comment il voit et ressent ce bleu ». Le patient ferme spontanément les yeux et décrit la sensation d’être au bord de la mer bleue, le ciel bleu… Il précise la sensation d’être en voyage sur un bateau (…), de léger balancement qui lui évoque également la sensation de mouvement alternatif dans le ski de fond (…), ça balance légèrement (…), il ressent qu’il vogue vers le Canada. Après cette séquence, il décrit une émotion liée au fait que le Canada lui rappelle un ami important et le désir de reprendre contact avec « cette belle personne » qu’il a connue (…), elle a été son guide au Canada. Je termine la séance en lui suggérant d’observer comment cette belle sensation pourrait continuer, voire évoluer, dans la journée. Je repasserai demain pour partager ce qui a émergé de ce voyage vers le Canada. A demain !

Le lendemain, deuxième séance : séance dans la chambre, en présence de la compagne du patient. Il débute en précisant qu’il n’a pas eu le temps de pouvoir se poser pour revivre la transe. Il précise que « ça n’a pas arrêté de défiler toute la journée (…), les soins et les visites médicales ». Il se sent éparpillé malgré la première séance. Rapidement, il tient à nous faire écouter sur son téléphone les fichiers audio qu’il avait enregistrés en auto-hypnose. Il nous fait écouter sa voix qui décrit les scripts. Il a nommé les fichiers « ma bulle rose », « mon sanctuaire », et surtout un fichier intitulé « mon guide spirituel ».

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Hypnotiser, c’est « induire » la transe pour permettre la thérapie qui va suivre. L’hypnotisation et le travail thérapeutique sont bien deux temps séparés. Certains patients souhaitent inconsciemment la transe parce qu’ils savent en avoir besoin, mais leur esprit conscient s’y oppose. Ils vivent un conflit aigu entre leurs deux esprits. C’est notamment à ce type de sujets que s’adressent les techniques éricksoniennes de choc et de surprise, de confusion et de doubles liens. Grâce à elles, la transe apparaît rapidement.

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Florent HAMON
Hypnothérapeute, Praticien EMDR, Infirmier anesthésiste à Paris. Chargé de Formation au CHTIP à Paris, à l’Institut Hypnotim à Marseille et dans les hôpitaux de l’AP-HP.
Consulte au cabinet d’Hypnose, EMDR et Thérapies Brèves de Paris 11.
Spécialisé dans les addictions au tabac, alcool…
Rédacteur web de la Revue Hypnose et Thérapies Brèves.
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Induction : Allons-y

mercredi 29 août 2018 - 23:11
Par le Dr Delphine PROVOST - Médecin anesthésiste-réanimateur au CHU de Rouen. Tout est dans le titre... Yves me propose d’écrire un article pour le hors-série « Induction » de la revue Hypnose et Thérapies Brèves dont il est le rédacteur en chef.

Je suis à la fois étonnée, intriguée et émue. Mais que vais-je pouvoir vous écrire à vous les spécialistes ? Qui non contents de flotter sur le nuage de la transe, réfléchissez, travaillez et écrivez depuis des années sur le sujet.

Médecin anesthésiste-réanimateur depuis plus de 25 ans, j’ai terminé la formation à l’institut Milton H Erickson de Normandie il y a juste 2 ans et suis donc « toute jeune » et pour l’instant seule médecin anesthésiste formée à l’hypnose au CHU de Rouen.

Et puis, ce qu’il ne sait peut-être pas, Yves, c’est que les anesthésistes ça n’écrit jamais, ça trace des points, des bâtons, des paraphes mais c’est à peu près tout.

Bon, ALLONS-Y quand même.

Remarquez, écrire sur l’induction à des professionnels de l’hypnose que vous êtes, cela peut être très court car j’ai compris que plus l’expérience est grande plus l’induction raccourcit. Et j’ai vu, à plusieurs reprises au cours d’ateliers ou de topos, Yves réaliser une induction d’un simple claquement de doigt habilement dirigé vers son interlocuteur.

Ce claquement de doigt est accompagné d’une petite phrase du genre « allez, vas-y»... » Et tu me diras d’un petit mouvement de doigt quand tu y seras ».

Je pourrais donc m’arrêter la ...

Mais, je n’en suis pas encore la. Et au cours de mes consultations en douleur chronique (une demi-journée par semaine) j’exécute  alternativement au grès des patients, les différentes inductions apprises en formation effectivement modifiées à ma sauce au cours du temps et du contexte. Rien d’original à vous raconter à ce propos.

Quand on regarde dans le dictionnaire, le mot induction a plusieurs sens : ce peut être un raisonnement, une démonstration. En biologie, physique ou en électricité cela a un rapport avec le déclenchement d’un phénomène sous l’influence d’un autre phénomène ou d’une action extérieure. Le sens étymologique est celui qui nous intéresse ici, du latin induco, inducis, inducere, induction signifie: conduire dedans, amener à.

Saviez-vous que les anesthésistes, tout comme les praticiens de l’hypnose, sont des spécialistes de l’induction au sens étymologique du terme ?

Je vous parlerai donc de ce que je connais bien et que je réalise quotidiennement l’induction en anesthésie et vous serez peut être étonné.

Au bloc opératoire, l’action d’endormir le patient en injectant des drogues anesthésiantes est appelée induction. C’est un moment particulièrement important qui nécessite toute la vigilance du médecin anesthésiste. Voici en détail comment cela se passe. Avant l’induction, l’anesthésiste discute avec le patient, l’examine, le rassure, lui explique ce qui va se passer, veille à son confort et à sa bonne installation sur la table opératoire, contrôle les points d’appui pour éviter les zones de compressions en per opératoire.

Puis l’induction peut commencer, l’anesthésiste est concentré sur le patient. Il observe avec attention les paramètres physiologiques (fréquence cardiaque, pression artérielle, ..), le rythme et l’amplitude de la respiration, la couleur de la peau, les mimiques du visage, la fermeture des paupières.

Sa main, posée sur la main du patient lui permet de percevoir la température et de la sécheresse de la peau ou d’éventuelles sueurs. La connaissance de tous ces paramètres permet l’injection d’une quantité adéquate des produits anesthésiques à un moment et à une vitesse choisie. La perte de conscience, l’analgésie et le relâchement musculaire sont les trois composantes indispensables qui caractérisent une anesthésie. Petit à petit, à un rythme propre à chaque patient, l’induction ainsi réalisée conduit le patient vers un état appelé anesthésie qui va permettre au chirurgien d’opérer dans de bonnes conditions.

Ce scenario ne vous rappelle rien ?

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Hypnotiser, c’est « induire » la transe pour permettre la thérapie qui va suivre. L’hypnotisation et le travail thérapeutique sont bien deux temps séparés. Certains patients souhaitent inconsciemment la transe parce qu’ils savent en avoir besoin, mais leur esprit conscient s’y oppose. Ils vivent un conflit aigu entre leurs deux esprits. C’est notamment à ce type de sujets que s’adressent les techniques éricksoniennes de choc et de surprise, de confusion et de doubles liens. Grâce à elles, la transe apparaît rapidement.

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Le temps de l’ordonnance, comme apothéose de la consultation médicale.

mardi 28 août 2018 - 22:11
Par Yves HALFON - Professeur à l’Ecole de Sages-femmes de Rouen. Psychologue clinicien. Président de l’Institut Milton H. Erickson de Normandie. Président de l’Association Francophone d’Hypnose Dentaire. Revue Hypnose & Thérapies Brèves, Hors-Serie n°9

« Et si l’ordonnancier redevenait un objet hypnotique »

Revenir de la lecture de ce numéro riches de réflexions. Sur l’exercice médical ausssi…

Introduction

Tout débuta pour Monsieur Dupont, un lundi après-midi, aux environs de 17 heures. Il se trouvait dans le bureau d’un médecin. Lors de l’examen, son bras est resté comme cela suspendu dans l’air, à son grand étonnement. Incapable dans les instants qui ont suivi la prise du pouls, incapable de baisser son bras volontairement. Et la sueur coulait le long de son corps. Situation un peu ridicule, quelque peu gênante, et aussi troublante, jusqu’au moment où le médecin lui dit de baisser son bras : « Il est à vous ! »

Il fit la même expérience, quelque temps plus tard, dans le bureau du psychiatre qui lui convie d’apprécier, au cours d’un travail avec l’hypnose, la catalepsie du bras, une façon de ratifier la transe hypnotique et une forme de dissociation hypnotique : partie du corps, reste du corps, si importante en hypnose. « C’est un phénomène caractéristique du processus hypnotique », lui affirme ce psychiatre.

Carson McCullers, dans L’Horloge sans aiguilles2, nous raconte l’histoire de Malone pharmacien. Il apprend par son ami médecin qu’il est atteint d’une leucémie. Le héros se trouve dans le cabinet du médecin : « Le choc l’avait désorienté et la pièce lui semblait soudain glaciale. Il était hypnotisé par le coupe-papier que le docteur faisait tourner entre ses doigts courts et très propres. En lui s’éveilla vaguement un souvenir depuis longtemps endormi ; il prit conscience d’avoir oublié un incident humiliant, sans cependant que l’épisode lui-même se précisât. Ainsi souffrait-il de deux angoisses parallèles – appréhendant les paroles du médecin et cette mystérieuse humiliation oubliée. Les mains du docteur étaient blanches et poilues. Malone ne pouvait supporter de les voir jouer avec le coupe-papier et pourtant son attention en était mystérieusement captivée. »

Que peut-on dire de ces deux expériences ?

Si nous définissons l’hypnose comme un processus allant de la focalisation de l’attention, par un recentrage de l’extérieur de soi vers l’intérieur de soi, utilisant la dissociation et privilégiant une dissociation conscient/inconscient et surtout un mode de fonctionnement analogique, il y a évidemment une étonnante ressemblance dans la rencontre du patient, du malade avec son médecin, avec ce qui se passe dans une séance d’hypnose.

La consultation médicale est un modèle de ce qu’est l’hypnose, où bien souvent :

- par le centrage du patient sur son symptôme, sur sa plainte ;

- par le contexte où la rencontre a lieu, le cabinet médical ;

- par les gestes et les paroles du médecin sur le corps du patient ;

et - par le temps de l’ordonnance comme apothéose de tout cela, le patient se retrouve dans un état de transe hypnotique. Dans cette transe hypnotique, le fonctionnement de sa conscience est particulier, de là, pour le médecin, de bien utiliser ce moment pour générer une aide efficace. Et pourquoi, si ce n’est déjà fait, de faire de la consultation médicale un moment hypnotique intentionnel (c’est-à-dire conscient et voulu de la part du thérapeute) pour utiliser sa propre parole et son langage corporel comme élément de traitement, en utilisant la rhétorique hypnotique. Souvenons-nous des écrits de Sigmund Freud, dans Inhibition, symptôme et angoisse : « Les mots sont bien les instruments les plus importants de l’influence qu’une personne cherche à exercer sur une autre personne ; les mots sont de bons moyens pour provoquer des modifications psychiques (et corporelles) chez celui à qui ils s’adressent. »

I - L’attente

La double conscience du patient

Nous disposons de deux façons différentes et complémentaires d’accueillir et de traiter l’information : d’une part le traitement linéaire, analytique et séquentiel qui correspond schématiquement au cerveau cognitif, d’autre part le traitement spatial, global et synthétique, qui lui relève du cerveau émotionnel. Notre pensée, nos actes sont la conséquence d’un effort permanent de recherche d’équilibre entre d’un côté le cerveau cognitif, conscient raisonnable, logique ouvert sur le monde extérieur, et de l’autre côté un cerveau émotionnel, relié au corps. Ces deux cerveaux sont relativement indépendants l’un de l’autre et contribuent chacun de façon différente à notre expérience de la vie et à notre comportement.

Ces deux modes de fonctionnement du cerveau, émotionnel et cognitif, perçoivent l’information provenant du monde extérieur à peu près en même temps. A partir de là, ils peuvent ou bien coopérer, ou bien se disputer le contrôle de la pensée, des émotions et du comportement. C’est le résultat de cette interaction coopération/compétition qui détermine ce que nous ressentons, notre rapport au monde et notre rapport aux autres.

Dans la consultation médicale le cerveau cognitif est bien moins opérant et il ne contrebalance plus les activités du cerveau émotionnel.

Une position d’attente

Attendre amène à penser, à imaginer. L’attente est propice au foisonnement de pensées et d’images intérieures. Le symptôme, la plainte servant de point de focalisation au langage intérieur du patient, paroles internes adressées à nous-même, images, et reprenant des éléments de notre propre expérience ou de celle énoncée par l’autre.

« Ma voix qui s’éteint depuis un an et ce père décédé d’un cancer de la gorge, peut-être que cette femme médecin va me rassurer ? »

Ce travail intérieur se colore d’éventuelles émotions, anxiété, craintes et espoir, en fonction de ce que l’on pressent de la gravité éventuelle. Emile Zola : « L’attente devint insupportable, l’espérance redoublait l’angoisse. » L’attente entre espoir et désespoir, enfer et salut, renforce cet enfermement intérieur, et c’est la rencontre avec le médecin qui ramènera le patient à re-communiquer vers l’autre, à s’ouvrir, à sortir de cet enfermement intérieur.

Car l’attente, c’est le rendez-vous, c’est l’attente de la rencontre avec le médecin, l’attente du diagnostic, et du traitement et des effets de ce traitement. Le patient est déjà dans un état de réceptivité. Lorsque le médecin est sur le point de rencontrer le patient, quelques questions peuvent lui venir à l’esprit :

- dans quel état de conscience se trouve le patient ?

- qu’imagine-t-il ?

- quel monologue interne a-t-il ?

- quels sont les processus émotionnels mis en route, déclenchés par la plainte ou le symptôme ?

II - Le temps de l’examen

Plus on approche de la rencontre, plus il y a réduction des champs perceptifs et orientation de l’attention vers l’intérieur de soi, et plus la personne va être sensible à autre chose qu’une bonne information médicale donnée. Dans toutes ces situations, l’environnement fait l’objet d’une attention flottante, tandis que la personne concentre son attention sur le monde intérieur.

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Hypnothérapeute, Praticien EMDR, Infirmier anesthésiste à Paris. Chargé de Formation au CHTIP à Paris, à l’Institut Hypnotim à Marseille et dans les hôpitaux de l’AP-HP.
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(R)ouvrir les yeux.

mardi 28 août 2018 - 22:11
Par Christine GUILLOUX - Psychologue - psychothérapeute, formatrice et conférencière. Présidente-fondatrice de l’Institut Milton H. Erickson Paris Ile-de-France. Vice-présidente de la Société Française d’Hypnose. Chargée d’enseignement en médecine narrative, université René Descartes. Rédactrice des Newsletters de la Société Européenne d’Hypnose (ESH) et de la Milton H. Erickson Foundation. Le temps de la réorientation est essentiel. Il intègre l’expérience vécue. Prenons le temps de vivre ce temps souvent sous estimé.

Suivez mon doigt ou suivez mon regard. L’hypnose commence d’abord les yeux ouverts mais n’est-elle pas essentiellement les yeux ouverts ?

De jour en jour, dans notre vie de tous les jours, nous savons fort bien passer d’états de conscience en états de conscience, modifier nos états de conscience, d’éveil, de veille, de rêverie, de réveil. Etats d’automatismes, états d’absorption, états de concentration, états de confusion, états d’attention, états de distraction. Vagabondages orientés ou désorientés, gambades à l’intérieur de soi sans y prêter attention et y porter attention.

Est-il nécessaire d’avoir les yeux fermés, de se sentir en transe, de se sentir partir en voyage à l’intérieur de soi-même ? Est-il nécessaire de se laisser bercer, capter, absorber, de monter ou de descendre une marche, puis une autre puis une autre ? L’auto-hypnose au quotidien, celle que nous fabriquons nous-même, se nourrit et se développe les yeux ouverts sans que tous nos sens soient en éveil. Etre ailleurs, être ici, passer de l’un à l’autre, vagabonder, crapahuter à l’intérieur de soi, portés ou déportés par ces phrases commencées dans un sens ou dans l’autre, en m’écoutant sans m’écouter, et tout cela est très bien, très très bien...

Nécessité fait loi, dit-on. Il est mille et une manières d’entrer en transe, et bien plus encore. A moins qu’elle ne soit déjà installée, que vous ayez ou non serré la main de votre patient et qu’il ne s’agisse que de dérouler le fil, d’en suivre les tracés et les ondulations pour en continuer le tissage... Oui, il est de multiples façons d’induire la transe, de partir en campagne, de jouer avec les clés et les serrures, d’émousser la curiosité...

Vous pouvez simplement respirer, là maintenant, confortablement, profondément, régulièrement, sans avoir rien à faire...

L’esquisse, le canevas, le sommaire de ce numéro spécial, la déclinaison des thèmes, des registres et des gammes vous ont été présentés.

Vous pouvez simplement respirer, là maintenant, aussi confortablement qu’il est possible, profondément, régulièrement, en vous laissant conter toutes sortes d’histoires sur ces multiples façons d’induire la transe.

D’ailleurs, il était une fois...

Et le conte, l’histoire annoncée génère l’attente, ouvre à la fascination, d’abord à l’écoute mais aux résonances à sa propre histoire, oeuvre à trouver des liens, à manoeuvrer des comparaisons, établir des contrastes, identifier les similitudes et les différences entre le monde imaginaire proposé et sa propre vie sans que le conscient soit le maître de ballet, régente la danse. Ce seront donc de nouvelles perspectives qui se créeront à la faveur des péripéties du conte, comme de ses lenteurs, de ses énigmes, de ses sinuosités, de ses étrangetés. Pendant que le conscient est diverti, distrait, parfois ennuyé, parfois fasciné, l’esprit non conscient sait prendre ce dont il a besoin, ce qui est bon pour lui pour assurer le voyage, la résolution, le changement.

Il était une fois, et la régression peut se faire instantanément alors que se suspend le jugement, l’incrédulité que l’esprit conscient pourrait mettre en route.

Il était une fois Sidney Rosen, un de ces émoustillés étudiants d’Erickson, et l’histoire ne date pourtant pas d’avant-hier. Il était un jour où Sidney Rosen proposait de venir à Paris sur la demande du président du premier Institut français d’hypnose éricksonienne, Jean Godin. Savait-il alors dans quelle assemblée il allait se présenter et combien les Français était avides, gourmets, gourmands et goulus ?

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““Hors série n°9 de la revue Hypnose & Thérapies brèves. Mars 2015.
“ C'est un numéro double de 196 pages.
““Thème : “Hypnotiser: techniques d'induction"

Hypnotiser, c’est « induire » la transe pour permettre la thérapie qui va suivre. L’hypnotisation et le travail thérapeutique sont bien deux temps séparés. Certains patients souhaitent inconsciemment la transe parce qu’ils savent en avoir besoin, mais leur esprit conscient s’y oppose. Ils vivent un conflit aigu entre leurs deux esprits. C’est notamment à ce type de sujets que s’adressent les techniques éricksoniennes de choc et de surprise, de confusion et de doubles liens. Grâce à elles, la transe apparaît rapidement.

Ce hors-série n°9 traite des multiples techniques qui permettent l’entrée en hypnose. Ses auteurs sont des hypnothérapeutes expérimentés : Yves Halfon, psychologue clinicien, Dominique Megglé, psychiatre, Thierry Servillat, psychiatre, Luc Farcy, psychiatre, Gaston Brosseau, psychologue, Delphine Provost, médecin anesthésiste, Christine Guilloux, psychothérapeute, Jean-Pierre Courtial, chercheur en psychologie, Pierre-Henri Garnier, psychologue clinicien, Laurent Gross, psychothérapeute, Isabelle Ignace, psychologue clinicienne, Kenton Kaiser, chirurgien dentiste, Xavier Penin, docteur en chirurgie dentaire, Francis Gajan, médecin généraliste.

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Laurent GROSS
Hypnothérapeute, Thérapie EMDR, Thérapies Brèves, Psychothérapeute certifié ARS en 2013.
Formateur en Hypnose Médicale, Ericksonienne et EMDR au CHTIP Collège d'Hypnose et Thérapies Intégratives de Paris dont il est le Président Fondateur.
Chargé d'enseignement dans les hôpitaux de l'AP-HP. Conférencier au sein des congrès de la CFHTB, Confédération Francophone d'Hypnose et Thérapies Brèves.

Exerce dans le Cabinet d'Hypnose, Thérapies Brèves et EMDR de Paris 11.
Rédacteur en chef de la Revue Hypnose et Thérapies Brèves sur internet ...En savoir plus sur cet auteur


Le Monde des Opposés Apaisés.

mardi 28 août 2018 - 22:07
Par le Dr Francis GAJAN -  Médecin généraliste. Formateur à l’Institut Milton Erickson de Normandie et Vice-Président de l’Institut. Intervenant au DU Douleur au CHU de Rouen. Médecin-attaché du Service ORL auprès des patients acouphéniques (membre de l’AFREPA). Revenir de transe si possible avec plus de calme, de sérénité, de confiance. Témoignage et réflexion d’un thérapeute sur son vécu d’accompagner ce type d’expérience au quotidien.

C’est curieux, dans l’état de veille dit habituel, quand le corps est ressenti comme lourd, c’est qu’il n’est pas perçu comme léger, c’est même un pléonasme. Mais dans cet état d’éveil paradoxal qu’est l’hypnose, le corps peut être perçu comme à la fois lourd et léger, et en plus, cela ne pose aucun problème.

En cela, l’hypnose peut être vue comme « le monde des opposés apaisés » : le lourd ne s’oppose plus au léger, il le complète. Bien sûr, les patients passent parfois par des orages, des abréactions que nous leur souhaitons salvatrices, libératoires. Mais au bout du compte, nous pouvons faire en sorte que les patients découvrent ce mode de fonctionnement hypnotique où les opposés, enfin, s’apaisent. Mais qu’est-ce qu’il peut bien se passer, après la fixation de l’attention, quand se « dépotentialise la conscience », ce nano-instant où il semble se produire une bascule du point de vue.

Il y a quelques centaines de milliers d’années, la nature a fait un drôle de cadeau à l’humanité, elle lui a donné le langage. Et l’homme est ainsi passé de l’état d’homo sapiens, à « homo sapiens sapiens », l’homme qui sait qu’il sait : la réflexivité du langage. Le langage, qu’il soit parole ou pensée, est un processus très consommateur d’énergie pour le corps. Il faut observer l’épuisement des patients dépressifs ou angoissés, alors que parfois, ils ne sortent presque plus de chez eux.

Tant que le langage a été au service de la réalité perçue d’instant en instant, ce prix semblait justifié. Mais quand, avec le temps, le langage est devenu envahissant pour la conscience humaine, la souffrance psychique s’est développée et étendue, comme un lierre envahissant un arbre.

Certes, le langage est un outil, et plus l’outil est perfectionné, plus le risque de se blesser est grand.

L’homme souffrirait alors d’une mauvaise utilisation du langage, et en premier lieu, de la pensée.

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Hypnotiser, c’est « induire » la transe pour permettre la thérapie qui va suivre. L’hypnotisation et le travail thérapeutique sont bien deux temps séparés. Certains patients souhaitent inconsciemment la transe parce qu’ils savent en avoir besoin, mais leur esprit conscient s’y oppose. Ils vivent un conflit aigu entre leurs deux esprits. C’est notamment à ce type de sujets que s’adressent les techniques éricksoniennes de choc et de surprise, de confusion et de doubles liens. Grâce à elles, la transe apparaît rapidement.

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Florent HAMON
Hypnothérapeute, Praticien EMDR, Infirmier anesthésiste à Paris. Chargé de Formation au CHTIP à Paris, à l’Institut Hypnotim à Marseille et dans les hôpitaux de l’AP-HP.
Consulte au cabinet d’Hypnose, EMDR et Thérapies Brèves de Paris 11.
Spécialisé dans les addictions au tabac, alcool…
Rédacteur web de la Revue Hypnose et Thérapies Brèves.
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Induction papillon à l'instant thé !

mardi 28 août 2018 - 21:30
Par Pierre-Henri GARNIER - Psychologue Clinicien soin de support et soin palliatif, chu de Nantes. Formateur à l'Institut Milton Erickson de Rezé (Nantes) Avant de nous quitter, vous partagerez bien une tasse !

Matin d’hiver au Centre Hospitalier Universitaire. Le téléphone de l’équipe mobile soin palliatif (EMSP) vient de sonner. L’épouse d’un patient (MmeT) a déposé un message. Elle exprime le besoin d’échanger avec un psychologue de l’équipe mobile. Je décide de la recontacter sur son portable. Au téléphone, elle précise l’aggravation de l’état de santé de son mari. Elle ressent un fort sentiment de culpabilité et d’impuissance. Elle angoisse à l’idée de « parler de tout ça » avec ses trois jeunes enfants.

Disponible, nous lui proposons de monter au 9eme nord. Quelques minutes plus tard, elle sort de l’ascenseur et arrive dans le service. Arrivée haletante, elle exprime sa fatigue : “J’ai l’impression de courir dans tous les sens (...) et d’être en permanence ballottée.” Ma collègue assistante social est présente. Elle connaît MmeT. Ma collègue salue Mme T chaleureusement et lui propose spontanément une boisson chaude. Mme T accepte volontiers. Il est environ 17h00. Et pourquoi pas un thé puisqu’il est l’heure du thé ! Nous nous installons dans la salle de réunion. Ma collègue apporte le plateau coloré. Posée dessus, une belle tasse d’où s’échappent quelques volutes chaleureusement parfumées.

Le thé commence son infusion à mesure que s’amorce implicitement l’induction !

Cette situation banale (une simple pause thé) m’apparaît dans ce contexte comme un évènement important. Ce dernier contraste avec la “violence” de la situation. L’instant présent (léger, coloré, parfumé) est telle une figure qui se détache du contexte hospitalier. Je ressens que ce détail n’en est pas un. Ce petit instant t contient une énergie potentielle. Il s’agit bien d’une gestalt à déplier ! Ambiance orientale, j’observe la vapeur s’échapper de la tasse. Dans ma tête de psy (et mon corps aussi !) une image mentale émerge. J’y perçois les ailes d’un papillon léger… léger… léger ! Mme T vient se poser au 9eme nord, dernier étage du CHU. Je délire car j’imagine le CHU comme un immense parterre de fleurs… dans lequel ça bourdonne… ça butine…

Certes le bâtiment est en béton mais il contient diverses ressources, du « pollen » à butiner non ? Ainsi, au 9ème étage nord, Mme T est venue se poser. Spontanément, je partage avec Mme T cette image. Je suggère qu’il est utile parfois de faire comme un papillon… oser papillonner… surtout quand la situation est grave… venir se poser là, ici et maintenant… chercher de la ressource, se poser un instant pour butiner… puiser de l’énergie et en stocker pour ses proches.

Dans ma tête de psychologue, en « mode intello », je me dis que cet instant est le “kairos”. Wahou ! Ça claque ! J’aime bien le son de ce mot qui signifie grosso modo « opportunité ». Le son « kairos » évoque pour moi la sensation d’énergie et de puissance. J’aime l’idée qu’un tout petit instant t contient en son sein l’énergie du big-bang. J’aime bien lorsqu’une petite différence engendre de grandes différences ! Dès lors, mon cerveau associe la physique quantique et le principe hologrammatique hic !…Le tout est dans la partie et réciproquement. Et si l’induction était un simple saut quantique, l’instant de la légère, bifurcation, celle qui va générer un effet papillon au niveau global… Bref, ne nous envolons pas trop près du soleil conceptuel, ça pourrait nous brûler les ailes de l’intuition !

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Théo CHAUMEIL
Hypnothérapeute, Thérapie EMDR, Kinésithérapeute.
Exerce dans le Cabinet d'Hypnose, Thérapies Brèves et EMDR de Paris 11.

Chargé de Formation au CHTIP à Paris, dans les hôpitaux de l’AP-HP, et à l’Institut Hypnotim de Marseille.
Rédacteur web de la Revue Hypnose et Thérapies Brèves.
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Induire ? Des fils à dérouler.

mardi 28 août 2018 - 20:05
Par Christine GUILLOUX -  Psychologue - psychothérapeute, formatrice et conférencière. Présidente-fondatrice de l'Institut Milton H. Erickson Paris Ile-de-France. Vice-présidente de la Société Française d'Hypnose. Chargée d'enseignement en médecine narrative, université René Descartes. Rédactrice des Newsletters de la Société Européenne d'Hypnose (ESH) et de la Milton H. Erickson Foundation. L’induction hypnotique serait-elle un simple choix assumé de saisir un fil pour… ?

« Opération mentale qui consiste à remonter des faits à la loi, de cas donnés le plus souvent singuliers à une proposition plus générale. Fait de remonter par le raisonnement ou l’intuition, de certains indices à des faits qu’ils rendent plus ou moins probables. Transmission à distance d’énergie électrique ou magnétique par l’intermédiaire d’un aimant ou d’un courant. Mécanisme par lequel les tissus et organes se différencient tout au long de la vie depuis la fécondation de l’oeuf. »

De ces définitions du Petit Robert, nous pouvons retenir le fait de « remonter » d’effets à des sources probables et donc d’intervenir à la source, de « transmettre de l’énergie par l’intermédiaire d’un courant », cette interaction entre le patient et le thérapeute – ce qui n’est pas sans nous rappeler les passes magnétiques –, et celui de « différencier », de développer selon des programmations spécifiques.

En fait, nous pouvons nous laisser induire dans/par ces généralisations et prendre ce qui est en correspondance avec notre vision des choses, nos occupations et pré-occupations du moment. Les mots ne sont pas la chose. Et si je dis « chat », certains d’entre vous vont l’entendre miauler, d’autres en sentir les vibrations et la chaleur, d’autres encore le voir évoluer sur le parquet ou s’étaler sur le radiateur... Ce n’est pas un chat. Nous récupérons des images, des sons, des sensations associées au chat. Comme nous récupérons des images, des sons, des sensations associées à la pomme devant un tableau de Magritte.

Amener, encourager

D’induire, nous retiendrons du Petit Robert la première acception : « Amener, encourager à (qqch., faire qqch.). Conduire, convier, engager, inciter, inviter, porter, pousser. » Alors oui, nous amenons, nous encourageons, nous conduisons, nous convions (etc.) notre interlocuteur à entrer dans la transe.

Dans son ouvrage La nouvelle hypnose, que nous disait Jean Godin sur l’induction ?

Les expériences d’hypnose commencent traditionnellement par une induction. Il s’agit de débuts plus ou moins ritualisés et supposés avoir fait leurs preuves pour provoquer (disons faciliter) l’accès à un mode de fonctionnement hypnotique, et qui pourraient être comparées aux « ouvertures » du jeu d’échecs.

Ces inductions ont évolué. Avec le temps, on a privilégié l’importance du toucher (Mesmer), des passes magnétiques (Puységur), de l’injonction de dormir (Faria), de la fixation par le regard (Braid), de la suggestion de sommeil (Liébeault), de la suggestion directe (Bernheim, Freud), de la fascination (music-hall). Et nombreux sont les procédés ou astuces qui ont été conseillés.

Avec la nouvelle hypnose, avec l’hypnose d’aujourd’hui, les inductions sont moins formelles et elles ne comportent plus de répétitions monotones. Les hypnoses deviennent conversationnelles, elles s’attachent davantage au langage du patient, à sa manière d’être au monde. L’accompagnement dans un souvenir est une façon discrète de faire simple et de se familiariser avec les approches éricksoniennes. Il est juste ici à souligner que c’était la méthode d’approche de Jean Godin...

Erickson conseille, autant que possible, des inductions utilisationnelles qui prennent pour point de départ ce que le sujet a déjà à l’esprit ; à la limite, l’induction devient paradoxale. Bien que l’hypnose d’aujourd’hui ait pour ambition de s’adapter aux sujets, on remarque que chaque auteur a ses façons de procéder préférées. L’induction représente le choix du thérapeute dans l’expérience, sa responsabilité du comment.

Alors, libres choix...

Qu’y a-t-il en présence ? Quels peuvent être les fils à dérouler pour induire la transe ?

Où sommes-nous ? Qui sommes-nous ? Que nous apporte le patient ? Dans quel contexte sommes-nous ?

Nous sommes dans le bureau du thérapeute.

Et il peut y avoir toutes sortes de choses, toutes sortes de curiosités : le bureau peut être agrémenté, rempli, chargé, surchargé d’objets, de bibelots ; ou encore crouler sous les papiers et/ou les livres. Le bureau peut être presque nu, telle une salle de laboratoire ou une salle de repos. Le bureau peut être au calme des petits oiseaux ou aux bruits de la circulation, en passant par les sonneries de portable, les grognements des marteaux piqueurs. Il est bien sûr tous les cas de figure.

Parfois le patient attire l’oeil du thérapeute

… sur un changement dans la pièce : déplacement d’un meuble, ajout d’un bibelot, réorganisation du contenu de la pièce, envie de jouer avec un des objets… J’ai un superbe petit objet, eh oui ! Un éléphant qui a peur d’une petite souris si l’on remonte la manivelle. Et c’est étrange et amusant de remarquer que parfois, certains patients s’en emparent et semblent méditer. C’est étrange et amusant de voir la transe s’installer sans qu’il soit besoin de mots mais simplement ce jeu, à faire « brrr », à se faire peur, comme les enfants savent si bien, spontanément, jouer à se faire peur. Une de mes patientes qui vient de vivre une rupture amoureuse y a lu une toute autre histoire : celle de son ex, qui ne sait pas entretenir ses relations de couple, et a peur des « souris » !

Mon porte-micro est tantôt une hirondelle, enfin une pince à linge mauve en forme d’hirondelle, tantôt une pincette d’encadrement aux couleurs vives. Parfois le patient en prend une dans sa main et gesticule avec. Il porte son attention sur l’objet et c’est également invitation à la transe... Et s’il est passionné d’oiseaux, vous pouvez l’inviter à l’ancienne, compter les oiseaux, faire un tableau des oiseaux de la saison, ou encore énumérer par ordre alphabétique les oiseaux (ara, aigle, alouette, bergeronnette, bécasse, cardinal, colombe, coucou, dinde, épervier, étourneau, faisan, faucon, geai, goéland, grive, héron, hirondelle... i comme Icare – mais cela est, n’est-il pas, voler trop haut ! –, ibis, j comme... kiwi, kakatoès, loriot, linotte – eh ! tête ! –, mésange, martinet, moineau, n..., oie, paon, perroquet, pélican, perdrix...

Ou encore... (avec cet objet que vous avez dans la main...)

D’ailleurs, là vous avez peut-être un stylo dans la main, ou un autre objet et vous pouvez remarquer quelles sensations il procure, je veux dire de perceptions, d’émotions.. Vous pouvez remarquer la température de l’objet, sa forme, son poids, si d’aventure, et sans aventure, il a un poids... et vous pouvez entrer dans une transe plus ou moins profonde, plus profondément. . Et vous pouvez vous mettre en contact avec un souvenir, un souvenir d’enfance, un souvenir qui a du sens pour vous et auquel vous n’avez pas pensé depuis fort longtemps... Quand ce souvenir vient à vous, à votre esprit conscient, vous pouvez m’en informer en laissant juste le pouce de votre main droite se lever... Bien, très bien...



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Florent HAMON
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Malaise... Hypnose en cas de déficit intellectuel. Gaston BROSSEAU

mardi 28 août 2018 - 13:47
Psychologue québécois s'est construit un univers hypnothérapeutique unique, balisant ses propres points de repère, le tout enrobé d'un vocabulaire distinctif. Il s’interroge et suggère une mise à jour des paradigmes de l'hypnose. Il propose une hypnose à l’état pur, ramenée à sa plus simple expression, dépouillée de tout rituel classique. C’est cette pédagogie innovante, qu'il professe au Québec et en Europe, qui a fait sa réputation. Lauréat du Prix Pierre Janet (2011) pour l'ensemble de ses travaux sur l'hypnose. Question controversée, l'hypnotisabilité des personnes présentant un déficit intellectuel est ici éclairée par une réflexion originale. Et une pratique basée sur la recherche de la simplicité !

Évidemment, la littérature est rarissime sur la question du rapport thérapeutique avec les personnes souffrant de limitations intellectuelles. Beaucoup d’approches psychothérapeutiques sont caduques de par les faits. On n’a qu’à penser à la psychanalyse. Tout clinicien d’expérience se retrouve, à l’occasion, en présence d’une personne qui a des ressources intellectuelles réduites. Par exemple, quelle induction hypnotique sera efficiente pour venir à la rescousse d’un handicapé mental souffrant de douleurs aiguës ou chroniques ? Et l’hypnose est-elle indiquée dans une telle circonstance ?

Le débat sur la question des limites d’intervention de l’approche hypnothérapeutique est loin d’être terminé. D’ailleurs, pour moi, cette question est primordiale pour comprendre ce qu’est l’hypnose et comment agit-elle sur la personne quel que soit son niveau fonctionnel ? Plusieurs auteurs prétendent démontrer qu’il est possible d’hypnotiser certains animaux. Si tel est le cas (personnellement, je me garde une réserve certaine sur la question), je n’ai pas de résistance à penser qu’un humain puisse y parvenir si l’on se donne vraiment la peine de composer avec ses limites.

Voyons donc le cas où vous devez apporter votre aide à cet être souffrant démuni de ressources intellectuelles évidentes. Pourquoi le priver des bénéfices de l’hypnose. Je ne fais RIEN de différent qu’avec toute autre personne dite « normale ». C’est ma signature d’intervenant qui a l’avantage d’être efficiente et porteuse d’une rencontre significative pour nous deux.

« Il y a un proverbe chinois qui ne dit rien. Il m’arrive de le citer quand je n’ai rien à dire. » Philippe Geluck

Je postule depuis au moins deux décennies que la longueur de nos inductions est en corrélation avec notre degré de confiance en soi comme intervenant. Cela veut dire que plus vous êtes alignés dans votre cheminement professionnel, plus vous parviendrez à fonctionner en mode d’économie d’énergie, donc plus vous deviendrez réservés dans vos énoncés pour arriver progressivement à ne presque plus parler, mais laisser tout l’espace à votre interlocuteur pour se dire ce qu’il voudrait entendre ou s’entendre dire. Le problème de l’induction est alors résolu de façon efficiente et concluante.

Ça mérite une explication fonctionnelle. Pour ce faire, vous prenez le temps nécessaire de vous apprivoiser mutuellement. Pour y parvenir dans un délai relativement court, j’accueille mon client en lui offrant dans un premier temps l’occasion de me toucher socialement par la traditionnelle poignée de main aseptisée de tout contenu émotif, qui se prolonge dans un deuxième temps par la prise de conscience de notre présence mutuelle de l’un à l’autre. Cette approche n’a rien à voir avec le niveau intellectuel de votre semblable. Et c’est là le beau côté de la chose. Tout se passe ou presque au niveau de votre degré de présence à l’autre. Le langage est alors superflu. C’est précisément là que votre degré d’alignement personnel prend toute son importance. Vous êtes thérapeute ou bien vous n’y parviendrez jamais. Ce que je dis est très dur à recevoir, j’en conviens.

L’autre comprend rapidement qui vous êtes en accueillant généreusement ou timidement votre main et il ne se soucie alors aucunement de vos compétences. Il sait d’emblée s’il est à la bonne place pour guérir de lui. Que reste-t-il à formuler comme induction hypnotique. RIEN de plus que de l’accompagner dans son intention d’aller mieux. Surtout, ne cherchez pas des formulations préfabriquées. Votre visiteur a retrouvé l’instant zéro, sa zone de confort qui lui permettra alors de se libérer de ses douleurs, de ses souffrances. Vous ne dites RIEN de plus. Son visage va s’éclairer et vous confirmer qu’il a retrouvé son aplomb, sa sérénité.

Si vous vous questionnez à savoir ce qu’est l’hypnose, je vous dirai que c’est pour moi précisément ce moment d’exaltation que vous pouvez observer chez lui dans son visage. Il se réinitialise, et cela dans tous ses sens. Je le répète, ça n’a rien à voir avec son quotient intellectuel.


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“ C'est un numéro double de 196 pages.
““Thème : “Hypnotiser: techniques d'induction"

Hypnotiser, c’est « induire » la transe pour permettre la thérapie qui va suivre. L’hypnotisation et le travail thérapeutique sont bien deux temps séparés. Certains patients souhaitent inconsciemment la transe parce qu’ils savent en avoir besoin, mais leur esprit conscient s’y oppose. Ils vivent un conflit aigu entre leurs deux esprits. C’est notamment à ce type de sujets que s’adressent les techniques éricksoniennes de choc et de surprise, de confusion et de doubles liens. Grâce à elles, la transe apparaît rapidement.

Ce hors-série n°9 traite des multiples techniques qui permettent l’entrée en hypnose. Ses auteurs sont des hypnothérapeutes expérimentés : Yves Halfon, psychologue clinicien, Dominique Megglé, psychiatre, Thierry Servillat, psychiatre, Luc Farcy, psychiatre, Gaston Brosseau, psychologue, Delphine Provost, médecin anesthésiste, Christine Guilloux, psychothérapeute, Jean-Pierre Courtial, chercheur en psychologie, Pierre-Henri Garnier, psychologue clinicien, Laurent Gross, psychothérapeute, Isabelle Ignace, psychologue clinicienne, Kenton Kaiser, chirurgien dentiste, Xavier Penin, docteur en chirurgie dentaire, Francis Gajan, médecin généraliste.

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Mariline MORCILLO
Hypnothérapeute, Thérapie EMDR, Thérapies Brèves Orientées Solution, Infirmière spécialisée Douleur.
Exerce dans le Cabinet d'Hypnose, Thérapies Brèves et EMDR de Paris 11 et à Marseille.
Rédactrice web de la Revue Hypnose et Thérapies Brèves.
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